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La Izquierda Diario
30 de mars de 2020 Twitter Faceboock

Chili. « On a pas besoin de l’armée dans la rue on a besoin de plus de moyens pour les hôpitaux »
Alba Nur

Piñera a annoncé l’état d’urgence en raison d’une catastrophe naturelle. Cela signifie le retour des militaires dans la rue. A côté de ça, il n’a annoncé aucune mesure en faveur des travailleurs alors que les cas et les risques augmentent, et que ce sont eux qui souffrent le plus de la crise du système de santé.

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Dimanche 22 mars, Pinera a annoncé en plus de l’état d’urgence, un couvre feu qui interdit les sorties de 22H à 5h du matin. Par contre pendant la journée, il faut aller travailler, continuer à risquer de mettre en péril sa santé puisqu’il n’y a aucune mesure prise sur les lieux de travail. Le gouvernement veut des entreprises qui tournent, des profits qui se maintiennent et une population au pas. Sur les réseaux, les chiliens se moquent, le virus arrête-t-il de se propager pendant la nuit ? Avec un cynisme meurtrier, Pinera délivre ainsi militaires et répression à la population et du côté des mesures sanitaires, du système de santé, il reste muet.

Un système de santé désastreux

On dit « le néolibéralisme est né au Chili », la casse du système de santé est donc un des pilliers d’un Etat qui est mains liées aux interêts privés. Au Chili, le système de santé est désastreux et l’accès aux soins est très inégalitaire. Ce régime, fortement contesté pendant la révolte qui a débuté le 18 octobre s’appuie sur la Constitution pinochetiste de 1980, forgée par l’intellectuel de droite Jaime Guzmán. Ce que forge cette Constitution, entre autres, c’est le concept d’un Etat qui n’interviendrait dans l’économie que pour combler ce que le secteur privé ne veut pas, ou ne peut pas faire. Ce modèle a pour conséquence un contrôle excessif du marché de la santé par un petit groupe d’hommes d’affaires, ce qui leur a permis d’abuser constamment du système. La formule meurtrière : « tout ce qu’une entreprise privée peut faire, l’État ne peut pas le faire", a mené au démantèlement total d’un système de santé public, qui dépourvu de tout moyens rend très difficile la gestion d’une crise comme celle du COVID19.

Le manque de moyens est criant au chili, le pays dispose de 2,4 lits pour 1.000 habitants, se positionnant ainsi en dessous de la Libye et du Tongo. A côté de ça, les cliniques privées continuent de gagner des millions, leurs lits et leurs infrastructures ne sont pas mis au service de la crise sanitaire. Il n’y a pas de livraison gratuite de savon, de gel, d’alcool, de masques, qui devraient être considérés comme produits de base. Il n’ a pas de mesure octroyant plus de congé pour les travailleurs qui doivent s’occuper de leurs enfants, ni de mesure concernant l’augmentation des salaires ou des pensions pour les retraités.

Pas de moyens, uniquement la répression

Alors que le gouvernement ne prend pas de mesure au service de la population, Piñera fait appel à l’armée pour maintenir l’ordre, protéger les chaînes de production, assurer le respect de la quarantaine, et contrôler les frontières. Il a décrété l’état d’urgence pour catastrophe naturelle. C’est-à-dire que les soldats, ceux qui ont les mains remplies de sang, seront ceux qui assureront l’ordre au cours des prochaines semaines. Le gouvernement a décidé, sous pression du patronat, d’instaurer un couvre feu, de 22H à 5H du matin, afin de militariser les rues pendant la nuit. Pendant ce temps, aucune mesure est prise sur les lieux de travail, « comme si le virus ne se propageait pas pendant la journée » ironisent les chiliens sur les réseaux sociaux.

Les forces armées pourront ainsi limiter la liberté de circulation et la liberté de réunion. Pinera va désigner un chef de la défense nationale par région, pour assurer un contrôle millitaro-politique. Mais ce n’est pas la sécurité qui manque dans les hôpitaux. Le problème, c’est le manque de moyens, d’infrastructures et de personnel. Le problème, c’est le fait que des millions de personnes continuent de travailler sans protection. L’armée n’est pas mobilisée pour aider la population à prévenir de la propagation du virus et à aider la santé des personnes touchées. Ils sont là pour maintenir l’ordre et renforcer le contrôle. La seule chose que le gouvernement veut, c’est maintenir les profits du patronat et envoyer des milliers de travailleurs risquer leur vies et celle de leurs familles.

Le Ministère du travail, a publié une résolution établissant que les entreprises pouvaient licencier ou arrêter la production pour "problèmes de cause majeure" sans aucun paiement aux travailleurs. C’est une politique totalement criminelle, mais qui montre à quel point le gouvernement veille à préserver les intérêts des entreprises au détriment de la santé et de la vie des travailleurs. Cette mesure vise à soulager les entreprises des charges qu’ils doivent au travailleurs, et permettent de licencier sans exonération. Ainsi, des millions de personnes doivent choisir entre mettre leur santé en danger "au péril de leur vie" ou n’avoir aucun revenu. A côté de ça, pour les entreprises, c’est une réduction drastique des impôts et dettes, et une baisse des taux d’intérêts pour octroyer des crédits faciles.

La pandémie du Covid-19, s’ancre dans un contexte de crise économique internationale, et vont venir s’ajouter aux milliers de décès dus au virus, une intensification de la récession, des licenciements par milliers, fermetures d’usines, que les capitalistes chercheront a décharger sur le dos des travailleurs.

Alors que le gouvernement continue à plonger les travailleurs dans l’incertitude et que les cas de contagion augmentent, la lutte pour la suspension du fonctionnement de tous les secteurs non essentiels de l’économie, avec paiement intégral du salaire à tous les travailleurs de ces secteurs, en plus de ceux qui font partie de la population à risque ou menacée de contagion, devient fondamentale.

Face à cette situation, la CUT (principale centrale syndicale) qui face à ces nombreux affronts faits à la classe travailleuse, ne dit rien, et n’appelle à aucune mobilisation. Les millitants du parti des travailleurs révolutionnaires (PTR) interpellent la centrale syndicale pour qu’elle appelle, en s’appuyant sur la journée de grève en Italie, à une journée de mobilisation, à une grève générale, pour obtenir toutes les revendications, qui sont aujourd’hui question de vie ou de mort pour les travailleurs. Les millitants du parti des travailleurs révolutionnaires sont clairs : « Nous n’avons pas besoin de militaires dans les rues, nous avons besoin de mesures urgentes pour protéger la santé et la vie de la population ». Il faut que tous les secteurs non essentiels soient arrêtés, avec maintien des salaires et pas de licenciements. Il faut des tests massifs pour toute la population, sans distinction de classe pour que l’ampleur de la contagion du virus soient connu. Il faut que les secteurs de la grande distribution et travailleurs de la santé, mettent en place des commissions d’hygiène et de sécurité pour prévenir à leur besoins, eux qui sont en première ligne de la crise. Face aux cliniques privées qui existent au Chili, qui courent derrière le profit, il faut mettre en place une nationalisation des grandes cliniques et des pharmacies pour que l’ensemble du réseau de santé soit disponible pour la gestion de la crise. Ce ne sont pas les chiliens qui vont payer la crise du coronavirus, eux qui sont victimes des politiques libérales depuis plus de 30 ans.

L’énorme rébellion qui a commencé au Chili le 18 octobre dernier exprime l’épuisement du régime néolibéral hérité de la dictature, préservé et perfectionné par 30 ans de gouvernements d’entreprises, qui ont été chargés de privatiser et de détruire les services publics. Dans leur déclaration face à cette situation, le PTR déclare que « depuis le 18 octobre, nous sommes engagés dans un immense combat. Aujourd’hui, tout est masqué par la crise du Coronavirus, mais à partir du 18 d’autant plus face a l’ampleur de la crise sanitaire, rien ne sera plus comme avant ».

 
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