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La Izquierda Diario
4 de avril de 2020 Twitter Faceboock

#NosViesPasLeursProfits
Dans le cartonnage, maintien de la production et attaques contre les droits des salariés
Blasco, Correspondant

Depuis le 18 mars, le patronat du cartonnage veut imposer la définition de son industrie comme essentielle pour préserver ses profits en maintenant la production coûte que coûte. L’ensemble de l’industrie est pourtant loin d’être nécessaire en cette période, tandis que le patronat prépare déjà l’après-crise à coup d’attaques sociales.

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Crédit photo : Usine de cartonnage belge, DR

Malgré l’épidémie, la production continue dans le cartonnage

Nous en sommes maintenant à la troisième semaine du confinement contre le coronavirus. Les travailleur•euse•s du cartonnage sont quant à eux, comme dans beaucoup d’autres secteurs, encore pour la plupart confiné•e•s… au sein de leur atelier, dans leurs entreprises, travaillant avec la peur et l’angoisse d’être touché par le COVID-19, de le transmettre dans leur foyer.

Certain•e•s travailleur•euse•s travaillent avec des mesures barrières mises en place au bon vouloir de certain•e•s patron•ne•s, ou dans des conditions sanitaires affligeantes. La production doit perdurer au détriment des travailleur•euse•s ! On leur impose des prises de congés, on leur conteste leur droit de retrait, on tente de faire taire toute forme de contestation

Pendant que le gouvernement aux abois, répète en boucle que nous devons être unis et solidaires dans la crise, les patron•ne•s de la branche du cartonnage préparent l’après-crise sanitaire en demandant aux organisations syndicales de signer un accord de branche. Cet accord permettrait aux directions des entreprises de prendre des décisions unilatérales notamment en imposant la prise de congés durant le confinement, dans l’esprit des ordonnances gouvernementales, pouvant aller jusqu’à 10 jours.

Les patron•ne•s et les entreprises pourraient également déroger aux périodes basses, de modulation. Les modulations permettent aux entreprises de répartir le temps de travail annuel selon les besoins de la production, ce que l’on appelle la période basse (le•a salarié•e travaille moins) et la période haute (le•a salarié•e travaille plus). La modulation est très pratiquée dans la branche. L’accord de branche ne serait dans un premier temps appliqué que dans les entreprises dépourvues de CSE et de syndicat avant de l’étendre si nécessaire à l’ensemble des entreprises de la branche. Leurs crises seraient donc amorties par tou•te•s les travailleur•euse•s du secteur.

Le cartonnage, une industrie « essentielle » ?

Pour rappel la branche du papier-carton est composée de 1200 entreprises pour au total 65 000 travailleur•euse•s. Il suffit de lire le communiqué la COPACEL (Union Française des Industries des Cartons, Papiers et Celluloses) pour comprendre l’objectif du patronat : « COPACEL a demandé aux pouvoirs publics que l’industrie papetière soit reconnue, conformément à l’article 15, comme étant l’un des “secteurs particulièrement nécessaires à la sécurité de la Nation ou à la continuité de la vie économique et sociale.” » ou encore « Une telle démarche permettrait en effet de donner un sens à l’implication professionnelle des salarié•e•s ». Seul la FILPAC CGT majoritaire dans la branche a fait connaître sa position. Celle-ci est bien sûr contre un tel accord, elle continue à affirmer que la santé des travailleur•euse•s compte avant tout !

Toutes les entreprises du cartonnage ne sont pourtant pas essentielles, le secteur va de la simple fabrication de carton ondulé, en passant par l’emballage alimentaire et des articles de papeterie courant. Bien sûr les emballages pour l’industrie pharmaceutique sont par exemple essentiels. La question se pose en revanche pour certains emballages alimentaires, qui en temps de crise ne seraient qu’un gadget comme les boites à gâteaux des pâtissiers, puisque les gens ont changé leur manière de consommer. D’ailleurs plusieurs entreprises spécialisées dans la boîte boulangère ont arrêter leurs production. Les stocks de certaines entreprises sont déjà au maximum, certaines attendent de récupérer les marchés des usines qui stopperont leurs productions pendant la crise. Finalement, la production en temps de crise d’agendas, de calendriers, de papier à dessin ou encore de cahier n’est absolument pas essentielle, c’est pourtant ce que produit en partie l’entreprise Hamelin qui reprend la production lundi !

Cela pose donc la question de la nécessité en temps de crise de laisser ouvertes toutes les entreprises du secteur au détriment de la santé des travailleur•euse•s. Les marchandises produites à l’heure actuelle dans les ateliers, sont pour la majeure partie, destinées à gonfler les stocks non à faire face à une pénurie ou à participer à endiguer la pandémie. Les positions ambivalentes du gouvernement, qui mettrait à même niveau les secteurs « nécessaires à la sécurité de la Nation » ou à la « continuité de la vie économique » qui représente une large catégorie d’entreprises. N’importe quel secteur peut s’en réclamer et donc revendiquer le maintien de son activité donc de ses intérêts.

A l’heure actuelle, la seule urgence, ce sont des moyens pour le système de santé, et la protection des travailleur•euse•s et de leur famille, ainsi que la réorientation de certaines productions pour remédier immédiatement aux carences en équipements et matériels de santé. Nul besoin de vous rappeler que depuis des décennies les gouvernements de droite, de gauche et du centre ont détruit le service public de la santé au nom de la rentabilité.

Dans le cartonnage toutes les entreprises ne sont donc pas essentielles, ni vitales, sauf pour la recherche du profit pour les intérêts des patron•ne•s de la branche. Une prise de conscience des ouvrier•e•s du cartonnages et d’autres secteurs est nécessaire face à ce qui se met en place aujourd’hui, au sein de leurs entreprises, mais aussi demain quand le patronat fera tout pour leur faire payer la crise. Dès maintenant il est nécessaire que tous les travailleur•euse•s de tous les secteurs et notamment de celui du cartonnage, travaillent ensemble à instaurer un rapport de force de notre classe, même dans ces moments où chacun, dans un contexte de peur, à tendance à se replier sur ses intérêts individuels. Les travailleur•euse•s doivent refuser d’être la variable d’ajustement de la classe capitaliste !

Demain, les ouvrier•e•s, les travailleur•euse•s se souviendront, ils et elles n’oublieront pas

Une fois « la guerre » contre le COVID-19 terminée, une fois que nous aurons compté et pleuré nos mort•e•s, nous n’aurons pas d’autre choix que de rentrer dans une nouvelle phase de la lutte sociale, notre « guerre » sociale face aux capitalistes et leur monde. « Le capitalisme vit de crises et de reprises, tout comme vit l’homme aspirant et expirant tour à tour » disait Leon Trostky. Demain les travailleur•euse•s de France et du monde, devront relever la tête ensemble : être solidaires et lutter contre l’infamie capitaliste.

Après chaque crise, l’état et le patronat, évoquent un nouveau départ pour un monde meilleur, plus juste, où l’humain serait centre des préoccupations mobilisations.

Il faudra se souvenir, tenir bon et redire avec hargne que nos vies et nos intérêts valent plus que leurs profits.

Notre classe n’a pas à payer une deuxième fois cette crise sanitaire en subissant leurs exigences pour sauver le capital !

 
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