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11 de avril de 2020 Twitter Faceboock

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Crise : le MEDEF veut "poser la question du temps de travail, des jours fériés et des congés payés"
Paul Morao

Si l’on ne doutait pas que le MEDEF et le gouvernement entendaient faire payer la crise aux travailleurs, l’interview de Geoffroy de Roux de Bézieux au Figaro hier a confirmé cette perspective. Interrogé sur « qui devra payer la note ? » le dirigeant du MEDEF a expliqué vouloir poser la question « du temps de travail, des jours fériés et des congés payés » et demander aux salariés de « travailler un peu plus ».

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Crédit photo : Joel Saget / AFP

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement assume une gestion pro-patronale de la crise, qui fait du maintien de la production un objectif équivalent, voire supérieur, à la lutte contre l’épidémie. Pourtant, même en ayant refusé d’arrêter les productions non-essentielles, même en ayant doublé le plan d’aide aux entreprises et multiplié les mesures et garanties à destination du patronat, le MEDEF reste insatisfait !

Dans une interview au Figaro, Geoffroy Roux de Bézieux appelait ainsi jeudi « tous les entrepreneurs qui le peuvent à reprendre dès maintenant leur activité, en respectant bien entendu les règles sanitaires de sécurité pour les salariés et en négociant des accords de reprise avec les représentants du personnel. » Un ordre adressé autant aux entreprises qu’au gouvernement, alors qu’Emmanuel Macron doit s’exprimer lundi, et qui vise à imposer la reprise de millions de salariés alors même que le pic de l’épidémie n’est pas encore atteint.

Un appel dangereux et mortel que certains se disent d’ores et déjà prêts à assumer, à l’image d’un certain nombre d’éditorialistes qui se font la voix du patronat en appelant à « revenir à la stratégie de l’immunité collective et accepter les morts qui vont avec ». Une pression à la reprise qui se développe à l’échelle mondiale, et face à laquelle l’OMS alertait hier sur les dangers d’un déconfinement brutal qui conduirait à une « résurgence mortelle » de l’épidémie.

Outre cette volonté de déconfiner coûte que coûte, Geoffroy Roux de Bézieux a fait preuve d’une remarquable honnêteté en assumant clairement l’objectif du patronat : faire payer la crise aux salariés. A la question du Figaro « Le coût de la crise va sans doute dépasser en France 100 milliards d’euros. Qui devra payer la note ? » le dirigeant du MEDEF a ainsi répondu sans détour : « L’important, c’est de remettre la machine économique en marche et de reproduire de la richesse en masse, pour tenter d’effacer, dès 2021, les pertes de croissance de 2020. C’est la création de richesses qui permettra d’augmenter l’assiette des impôts et donc les recettes, et ainsi de rembourser la dette accumulée pendant la crise. Ensuite, il faudra bien se poser la question tôt ou tard du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise et faciliter, en travaillant un peu plus, la création de croissance supplémentaire.  »

En clair, ce sont bien les salariés qui devront encaisser le coût de la crise ! Soumis au durcissement de leurs conditions de travail ou au prélèvement de leurs congés, avec la bénédiction d’un gouvernement qui a étendu l’arbitraire patronal comme jamais à l’aide de ses ordonnances, mais aussi aux plans de licenciements qui ne manqueront pas de se multiplier, c’est sur les travailleurs que le patronat veut faire reposer le coût de la crise.

Un aveu de Roux de Bézieux qui n’est que la confirmation des mesures qui sont déjà entrain d’être prises dans de nombreuses entreprises, mais qui a le mérite d’être formulé plus clairement que jamais. Or, pour imposer un tel plan, le MEDEF pourrait se confronter à un obstacle de taille : les travailleurs eux-mêmes, dont les nombreuses mobilisations pour arrêter la production face à l’épidémie ont donné un avant-goût de ce que pourrait être la sortie de crise. Après avoir été souvent en première ligne face à l’épidémie, dans la santé ou les activités essentielles, la classe ouvrière semble moins que jamais prête à se laisser imposer de nouvelles attaques sociales, et ce dans le monde entier.

 
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