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La Izquierda Diario
13 de avril de 2020 Twitter Faceboock

Aux capitalistes de payer leur crise !
Daher supprime 3000 emplois : « Voilà la finalité d’avoir continué à bosser la boule au ventre » !
Gabriella Manouchki

Après avoir forcé les ouvriers à continuer de travailler depuis le début de la crise du Covid, la direction de Daher, sous-traitant aéronautique vient d’annoncer la suppression de 3000 postes, soit l’ensemble des intérimaires ainsi que 1300 CDI !

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Les patrons de l’entreprise Daher, spécialisée entre autres dans la sous-traitance aéronautique, sont déterminés à faire payer la crise aux salariés. Depuis le début de la crise sanitaire, la direction a su profiter d’un rapport de force en sa faveur pour les exploiter au maximum afin de maintenir ses profits. Alors que la gestion de crise criminelle de la part du gouvernement impose un confinement à la population, les usines du groupe Daher sont quasiment les seules dans l’aéronautique à n’avoir pas même fermé une journée, pour produire des pièces d’avions qui n’ont aucune utilité dans la période. Tout cela dans des conditions de travail déplorables et d’autant plus dangereuses en pleine épidémie que la promiscuité importante des travailleurs dans l’usine favorise les risques de propagation du virus. Pour les patrons, ce ne sont pas nos vies mais bien les profits qui constituent l’enjeu de la crise sanitaire et économique. La famille Daher et leurs exécutants n’échappent pas à cette loi fondamentale du capitalisme.
Pire encore, les salariés apprennent ce vendredi que 3000 emplois vont être supprimés pour « assurer les charges de production de l’année 2020 ».

Tout d’abord, il est tout à fait frappant de constater le niveau d’adaptation au discours patronal par la CFDT Daher, qui se fait directement le relai de la politique d’austérité de la direction au lieu de défendre les intérêts des travailleurs qui l’ont élue. Dans une telle situation, la tâche la plus élémentaire de n’importe quelle organisation syndicale devrait être de se battre pour fermer la production non-essentielle afin de mettre d’urgence les salariés à l’abri du virus, comme on a pu le voir avec les nombreuses batailles menées pour faire valoir le droit de retrait des salariés ou encore poser des droits d’alerte . Pendant ce temps-là, la CFDT Daher n’a rien de mieux à faire que de « négocier » - ou plutôt relayer - la suppression de 3000 emplois ! Il s’agit là d’un exemple remarquable de la manière dont les patrons peuvent s’appuyer sur des directions syndicales bureaucratisées dont ils ont favorisé l’élection pour freiner toute forme d’organisation combative des salariés et, le moment venu, écraser ces derniers avec le plus grand mépris. Il est possible pour les salariés de Daher de se lier aux organisations syndicales combatives qui mènent la bataille dans d’autres usines du secteur aéro et se coordonnent. Et de se préparer à se battre pour ne laisser aucune marge de manœuvre aux directions de ce genre de syndicats et pour leur opposer un syndicalisme organisé à la base, permettant l’organisation des travailleurs selon leurs intérêts en tant que classe sociale.

Ces licenciements sont tout simplement criminels. En effet, pour maintenir ses profits en vue de la dépression économique qui s’annonce, la direction de Daher jette 3000 salariés dont 2000 intérimaires dans une précarité profonde, qui deviendra misère à cause de la crise. Cela va sans dire qu’elle ne s’arrêtera pas là et pourra d’autant plus exploiter les salariés restants sur qui elle fera planer la menace de nouveaux licenciements à mesure que la crise s’approfondira. Les licenciements sont de tous temps antisociaux et destructeurs, mais dans une période aussi dangereuse que celle que nous entamons, ils sont directement criminels et devraient être immédiatement interdits. Mais sans une lutte résolue des travailleurs et de la jeunesse dans ce sens, cela n’arrivera pas ou arrivera trop tard.

« Voilà donc la finalité d’avoir continué à bosser pendant cette crise du Covid 19 la boule au ventre car Daher n’a jamais cessé son activité et maintenant on a tous une épée de Damoclès au-dessus de la tête... Et pour couronner le tout aucune prime de risque pour ceux qui continuent à bosser », témoigne un ouvrier travaillant chez Daher.

Pour ne pas avoir à payer leur crise, les patrons vont licencier à tour de bras. Face à la crise économique qui s’annonce, il faut choisir entre la collaboration de classe avec les patrons ou la solidarité avec tous les ouvriers. Lutter ensemble pour l’interdiction des licenciements sera décisif ! Une grande partie du patronat aéronautique met aujourd’hui en avant le risque de faillite pour justifier toutes les attaques contre les ouvriers. Daher n’échappe pas à la règle. La faillite serait proche, annonce la direction. Les capitalistes sont toujours prêts à publier quelques chiffres quand il s’agit de justifier de ne pas augmenter les salaires, de faire travailler plus ou de licencier par milliers. Que la direction publie tous les comptes ! Quel usage a été fait des centaines de millions d’euros engrangés toutes ces années ? Nous verrions alors si ce sont les 2000 salariés et 1300 intérimaires qui sont en trop ! Les ouvriers qui vont être jetés comme des malpropres après avoir pris le risque de s’exposer au virus depuis le début de la crise et après avoir rempli les poches de la famille Daher ont le droit de savoir. Et si la faillite était en effet si proche, comme la CFDT s’empresse de vouloir le démontrer, ce n’est pas aux salariés de payer le prix de la concurrence que se mènent les capitalistes.

Dans le secteur aéronautique, où 70% des travailleurs sont dans la sous-traitance dans l’ex-région Midi-Pyrénées, nous ne voulons pas seulement voir les comptes et les chiffres de chaque patron individuel, mais bien de tout le patronat de l’aéronautique, qui cherche à nous faire payer la crise après s’être engraissé pendant des années. Cette exigence, nous devons la porter à chaque fois et dans chaque usine où les attaques sur nos droits sont justifiées par les « difficultés économiques ».
Que ce soit chez les donneurs d’ordre ou des sous-traitants, tous les travailleurs de l’aéronautique devraient s’unir pour cette perspective !

Si vous travaillez chez Daher ou dans d’autres entreprises dont les directions mettent place des plans de licenciements et voulez nous faire parvenir votre témoignage, n’hésitez pas à nous contacter sur nos pages facebook, twitter ou par mail ([email protected]) !
Pour ne rater aucun témoignage des salariés de Daher, c’est ici !

 
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