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La Izquierda Diario
13 de avril de 2020 Twitter Faceboock

Délation honteuse. Une maire appelle à dénoncer le non-respect du confinement
Tatiana Magnani

A Montgeron, la maire LR Sylvie Carillon incite à la délation de ceux qui auraient supposément enfreint le confinement. Un discours qui criminalise les individus et nourrit la réaction pour mieux cacher la responsabilité du gouvernement.

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Crédit : LP/Guillaume Georges

Un document officiel, signé de la maire LR de Montgeron, affiché sur plusieurs halls d’immeubles des quartiers populaires de l’Oly et de la Fôret. La note revient sur le dispositif employé par le gouvernement – le confinement, en premier lieu et tous les mesures de contrôle qui le suivent, tel que l’attestation dérogatoire, « absolument indispensables pour lutter contre la propagation du virus », avant d’appeler à la délation du « non-respect du confinement ».

L’argumentaire continue dans la lignée « d’unité nationale » du gouvernement, en rappelant que les forces de sécurité sont pleinement mobilisées pour faire valoir ce dispositif et en incitant ouvertement les habitants à dénoncer ceux qui l’ont enfreint. Une logique de dénonciation qui tend à criminaliser les individus plutôt que de responsabiliser le gouvernement. Déjà il y a quelques jours, le préfet de police de Paris, Didier Lallement, faisait une corrélation entre le nombre des patients en réanimation et le non-respect du confinement. Désormais, cette maire LR poursuit la mélodie et appelle carrément à dénoncer son voisin, si on estime qu’il ne respecte pas le confinement.

Au-delà du fait qu’il n’est pas possible de savoir d’un simple regard si untel respecte ou non les modalités du confinement, il est scandaleux que les préoccupations de la classe politique soient d’appeler à se dénoncer collectivement pour accroitre le nombre de contraventions alors même que ceux au front manquent de tout.

Dans les quartiers populaires, qui ont été durement atteints par l’aggravation de la répression avec le confinement, plusieurs vidéos des contrôles hyper violents ont tourné sur les réseaux sociaux. Les médias bourgeois parlaient du nombre record des contrôles dans les quartiers populaires, comme si finalement la montée épidémiologique s’expliquait par le « non-respect du confinement » de ces habitants. Des habitants qui pour la plupart, dépendent du travail informel, se retrouvent à la rue ou travaillent encore sans aucune protection, totalement exposés au virus.

Après de nombreuses réactions à cet appel, la maire s’est fendue d’un communiqué, se disant "choquée" des critiques faisant allusion à la délation, tout en réitérant la nécessité de faire appliquer le confinement. Ce discours assumé rejoint celui du gouvernement visant à réprimer davantage les habitants des quartiers populaires tout en les envoyant au charbon pour les profits du patronat. Si Macron a rappelé dans son allocution du lundi 13 avril que les municipalités devaient respecter les mesures édictées par le gouvernement, sans doute faisant allusion à ce type de prises de libertés, celles-ci incarnent cependant la stratégie de confinement à deux vitesses de l’exécutif, donc les expressions les plus brutales prennent le visage de la délation.

 
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