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La Izquierda Diario
14 de avril de 2020 Twitter Faceboock

Campagne de dépistage
Vers un déconfinement sans tests massifs ? Macron met en danger les travailleurs pour forcer la reprise
Julian Vadis

Dans son allocution du 13 avril, Macron a annoncé un début de déconfinement le 11 mai, avec l’annonce de la réouverture des écoles. Pourtant, le gouvernement ne semble prévoir aucune campagne de dépistage massive, Macron ayant réaffirmé sa volonté de réserver les tests aux cas symptomatiques. Une hérésie totale, alors que le matériel manque encore pour soigner en sécurité dans les hôpitaux.

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Crédits photo : POOL/AFP 

Du ton martial au discours aux accents qui rappellent le comité national de la résistance, Emmanuel Macron a changé de braquet dans son allocution du 13 avril, sur la forme tout du moins. Le Président, s’est présenté en homme nouveau, qui assume ses erreurs et veut redémarrer sur de nouvelles bases : « Étions-nous préparés à cette crise ? […] À l’évidence, pas assez. Le moment a révélé des failles, des insuffisances », a-t-il expliqué. Des « fautes » qu’il assume et qu’on devrait lui pardonner pour aller vers un nouveau départ à partir du 11 mai, alors qu’elles ont coûté la vie de milliers d’hommes et de femmes. Si ce discours se voulait rempli d’espoir, il révèle encore une fois toutes l’hypocrisie du président, qui s’est voulu rassurant sur l’hôpital dont tous les soignants dénoncent la situation dramatique.

Sans rien dire sur les mesures sanitaires, Macron a donc annoncé une date de sortie de crise, poussé notamment par les pressions particulièrement explicites du MEDEF, avec un début de déconfinement le 11 mai marqué par la réouverture des écoles. Une décision à laquelle ont réagi vivement les personnels de l’Education Nationale qui ont lancé le hashtag #SansMoiLe11Mai en pointant le danger que fait courir cette décision et le fait que cette réouverture des écoles n’était en aucun cas liée à une quelconque lutte contre les inégalités, mais à permettre aux parents de retourner au boulot.

Mais si l’annonce d’un début de déconfinement à partir du 11 mai a choqué, c’est aussi pour le flou qui accompagne sa mise en œuvre. Si le déconfinement a été évoqué, c’est sans clarté sur les mesures de prévention et le matériel qui sera alloué et, surtout, sans tests massifs. En effet, Macron a été clair : « Nous n’allons pas tester toutes les Françaises et tous les Français, ça n’aurait aucun sens. Mais toute personne ayant un symptôme doit pouvoir être testée. Les personnes ayant le virus pourront ainsi être mises en quarantaine, prises en charge » a ainsi expliqué le président de la République, à rebours de tous les discours d’experts qui soulignent la nécessité de tester le plus largement possible.

Interrogé par Anasse Kazib lors du live de débrief du discours de Macron sur Révolution Permanente, le Docteur Marty, médecin libéral dans la région toulousaine, s’est ainsi clairement opposé à cette affirmation du président selon laquelle il n’y aurait « aucun sens » à tester massivement. « Il y a un élément qui nous inquiète, nous médecin, c’est qu’il a annoncé qu’à partir du 11 mai, ils testeraient les patients symptomatique. Or, je le dis encore une fois, on sait que cette pathologie est sournoise parce qu’il y a quantité de formes asymptomatiques. Le fait de ne pas les tester, cela veut dire ne pas les écarter et que pendant ce temps l’épidémie continue à se répandre » a-t-il expliqué.

Ce qui transparaît clairement ici, c’est que, malgré les promesses et les belles sur les futurs « jours heureux » à venir, l’objectif principal de Macron est avant tout centré sur la question économique, quitte à risquer la vie de millions de travailleurs en relançant l’activité.

Par ailleurs, l’annonce d’un confinement strict jusqu’au 11 mai, date à laquelle il s’agirait de repartir au travail, résonne aux oreilles de dizaines, voire centaines de milliers de travailleurs de secteurs non-essentiels à la lutte contre le Covid19, comme un discours d’une dimension parallèle. Car dans nombre de ces secteurs, l’activité a été relancée déjà depuis plusieurs semaines, comme dans l’aéronautique par exemple, voire ne s’est jamais arrêté.

Dans ce contexte, les prises de positions des directions syndicales à la suite de ce discours, en premier lieu celle de Philippe Martinez, sont plus qu’en dessous des enjeux réels. En se contentant d’exiger de la présidence « des actes concrets », le secrétaire général de la CGT ne s’attaque pas au cœur du problème, et surtout ne propose aucune alternative à la politique mortifère de Macron.

Tout au contraire, le mouvement ouvrier doit se doter d’un programme alternatif à celui du grand patronat, en exigeant l’arrêt des productions non-essentielles et la reconversion totale de la production, sous contrôle des travailleurs, pour fabriquer masques, gels hydroalcoolique et autre respirateurs artificiels qui font tant défaut. Sur le plan sanitaire, il est impensable d’envisager le déconfinement sans la mise en place de tests sérologiques largement, permettant d’isoler l’ensemble des malades et porteurs sains, afin de mettre un stop à la progression du virus.

Dans le même temps, sur les lieux de travail, les ouvriers doivent exiger la mise en place de commission avec droit de décision composée des membres des CSE et de tout ouvrier désireux d’y prendre part pour s’assurer que les conditions d’hygiènes optimales soit réunies. Enfin, face aux menaces de licenciement qui planent, et dont l’entreprise Daher est un exemple poignant avec l’annonce de 3000 suppression d’emplois, il s’agit à la fois d’organiser une solidarité ouvrière massive contre les licenciements et d’exiger, face au chantage à la faillite, l’ouverture des livres de comptes au niveau des entreprises comme au niveau des filières entières.

 
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