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La Izquierda Diario
16 de avril de 2020 Twitter Faceboock

Après le discours de Macron
Philippe Martinez demande à Macron des « actes concrets » et laisse l’initiative au gouvernement
Vincent Duse, CGT PSA Mulhouse

Interrogé sur France Info après l’’allocution présidentielle de lundi, Philippe Martinez a demandé « des actes concrets » au gouvernement concernant la prime pour les plus démunis et les allocations chômage. Face à un gouvernement déterminé à faire payer la crise aux classes populaires, ce n’est pourtant que par la lutte qu’il sera possible d’imposer des conditions d’hygiène et sociales dignes pour la population.

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Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, le 6 février 2020 à Paris. ( AFP / THOMAS SAMSON )

Au lendemain du discours d’Emmanuel Macron, Philippe Martinez interrogé sur France Info, a réclamé « des actes concrets » au gouvernement. Le secrétaire général de la CGT demande « l’augmentation rapide du SMIC », ainsi que « prolonger la période des allocations pour les privés d’emploi, et ne pas mettre en place la réforme de l’allocation chômage » et le versement le plus rapidement possible de la prime promise par Emmanuel Macron pour les plus démunis.

Pourtant malgré le changement ton lors de l’allocution présidentielle, l’objectif concret du gouvernement est clair : faire payer la crise aux classes populaires en organisant sous injonction du MEDEF un déconfinement à marche forcée dès le 11 mai, pour redémarrer les productions non essentielles, quand elles ne sont pas déjà en activité, sans répondre au préalable à la pénurie de masques et de tests et contre l’avis de l’Ordre des Médecins. Sans parler de l’augmentation du temps de travail mise en place avec les ordonnances décrétées dans la foulée de l’Etat d’urgence sanitaire, et des plans de licenciement qui se dessinent comme l’annonce des 3.000 suppressions d’emplois chez Daher, sous-traitant d’Airbus dans l’aéronautique.

Dans un tel contexte, interpeller Macron comme le fait Philippe Martinez, pour que le gouvernement prenne en compte les aspirations des travailleuses et travailleurs en première ligne face à la crise, comme s’il était possible de le convaincre alors qu’il est lui même responsable de la casse de l’hôpital public, de la répression des Gilets jaunes et des grévistes lors de la bataille des retraites, et qu’il cherche aujourd’hui avant tout à relancer l’économie au détriment de la santé des travailleurs, relève de l’utopie. Pire, cette position laisse le champ complètement libre au gouvernement et au patronat au moment ou ces derniers mènent des attaques historiques contre le monde du travail.

Une attitude d’autant plus coupable que dans le même temps, la confédération a mené peu de politique pour soutenir les sections locales qui ont milité pour défendre les droits des salariés, arrêter les productions non-essentielles ou obtenir des conditions d’hygiène dignes.

D’autant plus que dans la bataille pour imposer la fermeture des entreprises non-essentielles et obtenir des conditions d’hygiène et de sécurité dignes de ce nom, avec l’exercice de nombreux droits de retrait en particulier dans l’industrie et les transports, les équipes syndicales de base se sont retrouvés totalement isolées sans que la direction de la confédération syndicale ne joue de rôle pour mettre en place un plan de bataille en coordonnant les actions locales au niveau national.

Ainsi, plus que jamais, c’est bien un plan de bataille qu’il faut, et non des demandes qui seront de toute façon mises à la poubelle si elles ne sont pas imposées par la lutte de ceux qui font tourner le pays et qui peuvent renverser la vapeur. Pour cela, il faut rompre avec l’immobilisme et les discutailleries, qui donnent les moyens au patronat de manœuvrer et d’imposer la casse des acquis sociaux.

Il faut rompre avec le dialogue social et imposer au gouvernement des conditions d’hygiène et de sécurité pour l’ensemble du monde du travail par la lutte des classes !

C’est Le Parisien qui le dit : le gouvernement craint « une radicalisation de la contestation sociale » ! Alors certes, la CGT n’a jamais validé d’accords scélérat avec le patronat, comme celui signé par l’UIMM (organisation patronale dans la métallurgie) avec certaines organisations syndicales qui prônent la conciliation de classe telles que FO, la CFDT ou la CFE-CGC pour redémarrer la production dans la métallurgie. Pour autant, dans la période, son attitude ambivalente, entre conciliation de classe et discours protestataire, est un obstacle de poids pour une réponse à la hauteur du mouvement ouvrier.

En effet, après le tollé provoqué par le texte signé avec les organisations patronales le 19 mars, Philippe Martinez a assumé un discours plus protestataire, en revendiquant la fermeture des productions non-essentielles ou la hausse des salaires. Mais ce discours n’a pas été suivi d’acte, puisque le dirigeant de la CGT n’a cessé de laisser l’initiative au gouvernement à l’image de sa récente lettre au président en date du 7 avril, où il joue les conseillers du gouvernement, expliquant à Emmanuel Macron : « La priorité de votre gouvernement doit être, avant tout, de garantir la stricte protection de tous les salariés qui, assurant des activités essentielles dans le secteur public et privé, doivent continuer à travailler. Ainsi, il est de votre responsabilité de veiller à ce que tout salarié puisse exercer son droit de retrait en l’absence de protection ou face à un danger grave et imminent. »

Maintenant il nous faut rompre avec le dialogue social, et être à l’offensive, en prenant appui sur la combativité des bases syndicales, à l’instar des fédérations des services publics et du commerce qui ont déposé un préavis de grève face aux patrons qui imposent aux salariés de s’exposer à l’épidémie sans protection, et au déconfinement meurtrier que le gouvernement est en train d’initier pour satisfaire les intérêts du grand patronat en remettant l’ensemble des salariés au travail.

Pour ne pas finir noyé dans des actes désespérés et illusoires, comme une lettre au Président de la République, il nous faut un plan de lutte à la hauteur. La question qui se pose peut se résumer ainsi : qui va payer la note de la crise ? Le patronat et le gouvernement sont prêts à faire retomber les conséquences sanitaires, sociales et économiques de la crise sur le dos des travailleurs.

Face au déconfinement à marche forcée, et aux plans de licenciements que prévoit le patronat, il est donc urgent de s’organiser pour renverser la table et préparer la bataille inévitable qui nous attend dans les jours, semaines et mois à venir.

 
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