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La Izquierda Diario
5 de mai de 2020 Twitter Faceboock

ANNIVERSAIRE DE NAISSANCE
Karl Marx et son héritage internationaliste

Il y a 202 années naissait Karl Marx, le fondateur du socialisme scientifique. En pleine pandémie, où "l’après-covid" est semé d’incertitudes, ce qui ne change pas - à moins qu’on y mette un grand coup de pied -, c’est la société divisée en classes. Parmi son vaste héritage, nous choisissons de nous concentrer sur l’internationalisme, une bannière qu’il faut agiter plus que jamais en temps de pandémie.

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« Prolétaires de tout pays, unissez-vous ! », ce n’est pas que le slogan final d’un grand ouvrage [1], il renferme sans doute aussi sous forme programmatique sa principale idée politique. Pour ce faire, Marx, ainsi qu’Engels, déployèrent des efforts titanesques pour mettre sur pied une organisation internationale des travailleurs, et en 1864 ils prirent part à la fondation de la Première Internationale. C’était l’expression de l’idée, mise en germe des années auparavant dans le Manifeste Communiste, selon laquelle « la lutte des travailleurs est nationale dans sa forme mais internationale dans son contenu  », un des apports programmatique les plus importants du marxisme à l’histoire du mouvement ouvrier.

La crise que traversait le capitalisme à cette période, et les tentatives de la bourgeoisie de s’en décharger sur le dos des travailleurs, ont ravivé la lutte et l’organisation du mouvement ouvrier, notamment en Angleterre et en France. Ainsi, pendant la décennie 1850, ont surgi en Grande Bretagne, les Trades Unions (syndicats), qui portaient autant des revendications syndicales que politiques (comme le droit de vote et de pouvoir être élu). Marx et Engels ont toujours cherché à fusionner avec l’avant-garde de la lutte, du moment que par-delà son idéologie, elle se battait pour les droits des travailleurs. Ils le faisaient dans le but de regrouper toutes les organisations ouvrières réellement existantes dans le monde, et de leur insuffler une conscience communiste plus claire en ce qui concerne leurs objectifs et les moyens d’action qui doivent être employés pour réaliser ces objectifs. L’internationalisme de Marx n’était pas compris comme une idée abstraite, morale ou dogmatique, mais comme une nécessité stratégique pour la lutte des travailleurs.

Convaincu du fait qu’ignorer la solidarité et l’organisation qui doit exister entre les ouvriers des différents pays ne pouvait mener qu’à un échec, de tous les efforts fait à l’intérieur des frontières nationales, il soutenait que le mouvement ouvrier devait suivre avec attention la politique extérieure. La libération de la classe ouvrière ne peut se réaliser, si les classes dirigeantes profitent des préjugés nationaux pour monter les uns contre les autres les ouvriers des différents pays, verser le sang des peuples dans la guerre et dilapider ses richesses. Marx devint très tôt le premier conseillé de l’Internationale, il en a écrit les principaux documents, ses manifestes et ses statuts. Il était « l’âme de l’organisation » – comme le dira Lénine – qui unifia le mouvement ouvrier des différents pays. En même temps qu’il combattait les théories des divers courants ouvriers qui existaient dans l’Internationale, comme les anarchistes et les socialistes utopiques, entre autres, il les orientait dans la voie d’une action conjointe. Dans le Manifeste inaugural de l’Association Internationale des Travailleurs, il souligne tous ces principes internationalistes :
« Ce n’est pas la prudence des classes gouvernantes de l’Angleterre, mais bien la résistance héroïque de la classe ouvrière à leur criminelle folie qui a épargné à l’Europe occidentale l’infamie d’une croisade pour le maintien et le développement de l’esclavage outre Atlantique [2]. L’approbation sans pudeur, la sympathie dérisoire ou l’indifférence stupide avec lesquelles les classes supérieures d’Europe ont vu la Russie saisir comme une proie les montagnes-forteresses du Caucase et assassiner l’héroïque Pologne, […] ont appris aux travailleurs qu’il leur fallait se mettre au courant des mystères de la politique internationale, surveiller la conduite diplomatique de leurs gouvernements respectifs, la combattre au besoin par tous les moyens en leur pouvoir, et enfin lorsqu’ils seraient impuissants à rien empêcher, s’entendre pour une protestation commune et revendiquer les simples lois de la morale et de la justice qui devraient gouverner les rapports entre individus, comme lois suprêmes dans le commerce des nations. Combattre pour une politique étrangère de cette nature, c’est prendre part à la lutte générale pour l’affranchissement des travailleurs.
Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !
 »

[1] Nous nous référons au Manifeste Communiste publié en février 1848, écrit par Marx et Engels à la demande de la Ligue des communistes dont ils étaient membres.

[2] Il se réfère à la guerre civile aux États-Unis (1861-1865). Les deux factions en présence étaient les forces des états du Nord (l’Union) contre les États Confédérés d’Amérique récemment formés, composés de onze états du Sud, qui proclamaient leur indépendance. Ce fut une lutte entre deux types d’économie, une économie industrielle et abolitionniste (Nord) et une économie agraire et esclavagiste (Sud).

Auteurs : Emilio Solgado & Jazmín Jimenez
Traduction : Boris Lefebvre

 
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