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La Izquierda Diario
14 de mai de 2020 Twitter Faceboock

Répression syndicale
Aéronautique : entretien disciplinaire pour un syndicaliste en lutte sur les conditions sanitaires chez Aubert et Duval
Paul Morao

Sur le site d’Aubert et Duval de Pamiers, un délégué syndical est convoqué pour un entretien préalable à sanction pouvant aller jusqu’au licenciement. Une attaque claire contre son engagement sur la question des conditions sanitaires face à la COVID-19.

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Chez Aubert et Duval, l’activité - bien que réduite - n’a quasiment pas cessé depuis le début du confinement. Pourtant, face aux manquements sanitaires, les syndicats ont dû se mobiliser autour des conditions sanitaires dans cette entreprise qui produit des pièces matricées pour l’aéronautique.

SUD Industrie a ainsi lutté pour tenter d’imposer des mesures à la hauteur, comme nous le raconte Kaci Ounchiouene, élu au CSE. « Le 17 mars, on a établi un danger grave et imminent qui n’a pas été pris en compte. Les salariés ont été obligés de continuer à travailler avec effectif réduit malgré les insuffisances sanitaires. On a ensuite établi un deuxième danger grave et imminent le 1 er avril qui a conduit à une enquête commune avec la direction que celle-ci a empêché d’aboutir à son terme. » rapporte le syndicaliste.

Face aux syndicats déterminés à pointer les manquements d’un protocole sanitaire décidé depuis Paris, et déconnecté de la situation du site, la direction a en effet choisi de s’attaquer aux représentants du personnel à l’occasion de l’enquête commune. « Leur stratégie a été d’abord de nous ridiculiser, de nous harceler, de nous demander où était le « danger grave et imminent », de nous rabaisser. Alors que nous tentions de mener une enquête sur l’ensemble du site qui est réparti sur 25 hectares, différents responsables m’ont suivi et pressuré, au point que j’ai fini par faire un malaise et abandonner l’enquête car la situation était trop insupportable. J’ai été arrêté pour raison médicale. » raconte le délégué syndical.

Mais la direction ne s’arrête pas là. Cette semaine, l’autre délégué syndical SUD Industrie a ainsi appris sa convocation à un entretien disciplinaire avec une sanction « pouvant aller jusqu’au licenciement ». Pour Kaci Ounchiouene, la situation est claire : « Il s’agit de représailles contre l’activité syndicale menée pour obtenir des conditions sanitaires suffisantes pour protéger l’ensemble du personnel y compris les sous-traitants contre le risque lié à l’épidémie de COVID-19. » Les griefs de l’entreprise ne sont en revanche pas encore connus. « La direction a refusé de répondre à la Dépêche du Midi alors que c’est une société qui communique énormément dans les médias, récemment pour promouvoir le fait qu’on a produit des visières 3D et donné 30 000 masques périmés aux soignants. ».

Alors que l’aéronautique se prépare à une grave crise, il n’est pas surprenant que l’entreprise, qui appartient au groupe ERAMET, coté au CAC 40, tente de déstabiliser des syndicalistes actifs. On peut en effet supposer que l’entreprise souhaite attaquer les travailleurs combatifs afin de prévenir tout risque de réaction des salariés aux plans de licenciements qui pourraient être mis en œuvre à moyen-terme. « Il y a une crise sociale qui arrive, donc la porte est ouverte pour flinguer le droit du travail. On le voit, les congés payés vont sauter, les semaines vont augmenter, les licenciements ça risque aussi d’y aller… » conclue ainsi le syndicaliste qui reste déterminé à refuser la répression syndicale de l’employeur, aux côtés des salariés qui sont nombreux à trouver cette répression scandaleuse.

 
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