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La Izquierda Diario
16 de mai de 2020 Twitter Faceboock

Ce n’est pas aux travailleurs de payer la crise !
Buno Lemaire refuse de rétablir l’ISF pendant que le gouvernement fait des cadeaux au patronat
Margot Vallère

Au quatrième jour, ce jeudi sur BFMTV, Bruno Lemaire, estime que l’économie française « redémarre doucement » et exclu le rétablissement de l’ISF et toute hausse d’impôts. Le gouvernement entend bien faire payer la crise aux travailleurs et les plus précaires tout en protégeant le patronat et les grandes entreprises.

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Crédit-photo : Thomas SAMSON / AFP

Ce jeudi, le ministre de l’Economie déclarait au sujet du déconfinement sur BFMTV que l’économie française redémarrait « doucement », écartant la possibilité de rétablir l’ISF, ce qui serait pour lui, un acte de pure démagogie. Alors que, pendant les deux mois de confinement, l’économie française a perdu un tiers de son activité et connaît aujourd’hui une chute de son PIB de près de 6%, annonçant une crise économique n’ayant d’égale que celle de 1929, le gouvernement entend bien faire payer la crise aux travailleurs et les plus précaires tout en protégeant le patronat et les grandes entreprises.

Selon ses mots, « il s’agit d’une crise violente, durable, l’affaire d’années, pas de mois » que la France s’apprête à vivre et une fois encore, la responsabilité est mise sur les travailleurs qui devront travailler plus pour sauver le capitalisme français. Devant une crise d’une telle ampleur, et alors qu’une partie de la gauche proposait le rétablissement de l’ISF, supprimé par le gouvernement en 2018, le ministre de l’Economie a tout simplement exclu cette possibilité ainsi que celle de toute hausse d’impôts. « La politique fiscale que nous avons menée a rendu le pays plus attractif, a amené des investissements, a donné de la croissance et de la prospérité » s’est-il félicité pour justifier le refus du gouvernement de rétablir cet impôt sur les grandes fortunes, car selon lui, l’ISF « n’a jamais enrichi la France ni amélioré sa prospérité économique ». Le rétablir serait donc un acte de « pure démagogie ». Pourtant cette « prospérité » qui découlerait de la politique fiscale menée depuis près de quatre ans, les classes populaires n’en ont jamais profité... Entre casse de l’hôpital public et attaques permanentes envers les travailleurs, la dernière en date étant la réforme des retraites rejetée par une grande majorité de la population, il semblerait que la réalité soit bien éloignée de ce que veut bien faire croire Bruno Lemaire, dont la politique profite davantage au patronat.

Avec un plan de relance exceptionnel de 110 milliards d’euros pour les entreprises auquel s’ajoutent 300 milliards de prêts par l’Etat, ainsi qu’un second plan de 18 milliards d’euros pour relancer le secteur du tourisme à l’approche de l’été, l’Etat affiche ses priorités, en débloquant des sommes colossales pour certains secteurs choisis de l’économie, au détriment des travailleurs et des travailleuses, relayés au second plan. Face à ce gouvernement qui privilégie les intérêts du patronat au mépris de la vie des travailleurs et veut faire payer la crise aux classes populaires, il s’agit d’imposer la mise en place d’un impôt progressif sur les grandes fortunes et les entreprises pour financer en partie l’hôpital public, mis à mal par la pandémie mais surtout pas des décennies politiques néo-libérales.

 
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