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17 de mai de 2020 Twitter Faceboock

Partiels et sélection
Examens à Paris 1 : après la victoire étudiante, des professeurs attaquent la décision en justice
Le Poing Levé

Nouvel épisode dans la bataille pour imposer la validation du semestre à Paris 1. Après les coups de force de la présidence, plusieurs professeurs saisissent aujourd’hui la justice contre la motion portée par les élus étudiants et finalement adoptée en CFVU. La bataille juridique qui s’annonce est éminemment politique.

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Crédits photo : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Retour sur une bataille politique

Alors que la CFVU de Paris 1 a adopté le 5 mai 2020 une motion garantissant à tous les étudiants de valider leur semestre, après une bataille acharnée menée par la grande majorité des élus étudiants soutenus par des syndicats de professeurs et personnels, celle-ci est aujourd’hui attaquée en justice par des professeurs de plusieurs UFR (Unité de formation et de recherche).

Derrière la question des partiels et de la validation du semestre, le jusqu’au-boutisme du gouvernement et des directions d’université, relayés par la frange la plus réactionnaire des professeurs d’université, révèle l’enjeu politique de taille qui se joue en arrière-plan. Alors que la crise sanitaire et économique pèse lourdement sur la jeunesse, qui occupe massivement les emplois précaires ou au noir et constitue une des premières variables d’ajustement du patronat en temps de crise, renforçant la précarité étudiante, le maintien coûte que coûte des examens en pleine épidémie est fondamental pour le gouvernement. Il s’inscrit dans la continuité du projet d’Emmanuel Macron pour l’université, dont il s’agit d’approfondir les logiques de sélection déjà accrues par la loi ORE et ParcourSup.

En ce sens, la victoire arrachée en CFVU (Commission de la formation et de la vie universitaire) à Paris, Paris 1, qui compte parmi les universités les plus élitistes du pays, par les organisations étudiantes est un précédent important qui constitue une tranchée contra la sélection à l’université. Elle garantit en effet la validation du deuxième semestre pour tous, une nécessité pour les organisations étudiantes qui l’ont défendu, insistant sur le fait que l’université étant loin d’être épargnée par la situation sanitaire qui entraîne une aggravation des inégalités entre étudiants. C’est aussi une victoire importante en vue des batailles qui s’annoncent.

Nouvelle offensive juridique : le Poing Levé et les organisations étudiantes répondent

L’importance pratique et symbolique de cette victoire explique que les franges les plus élitistes de l’université saisissent le tribunal administratif contre le cadrage voté en CFVU (organe pourtant compétent en matière d’examens). De fait, ce recours en justice vient couronner la campagne de dénigrement et d’intimidation menée par certains UFR, à la tête desquels l’Ecole de Droit de la Sorbonne (EDS), chantre de la sélection à l’université et de la « méritocratie ».

Cette offensive constitue par ailleurs un révélateur du fonctionnement de la « démocratie universitaire ». La brèche ouverte grâce au rôle joué par les organisations étudiantes dans les conseils centraux dévoile le caractère anti-démocratique et autoritaire de ces institutions. Le président de Paris 1, Georges Haddad, déclarait ainsi en CA le 14 mai « rendre hommage à [ses] collègues qui ont porté plainte », ajoutant « qu’en tant que président [il] n’aurait pas signé de tels diplômes sans valeurs ». Un soutien explicite et sans faille aux professeurs qui ont décidé d’attaquer à tout prix le texte voté par un organe compétent.

Le Poing Levé, au côté de la majorité des organisations étudiantes, défendra donc en justice le cadrage voté en se portant à l’instance. Le juge du Tribunal administratif de Paris a donc été saisi et la procédure du référé-suspension engagée. Celle ci permet de suspendre une décision sans avoir à trancher de sa légalité sur le fond. Par un recours en référé, les requérants espèrent ainsi rendre inapplicables d’ici quelques jours les modalités d’examens en vigueur. Cela témoigne de l’urgence que perçoivent ces enseignants et directeurs de composante à empêcher que chaque étudiant ait une place à l’université l’année suivante en bénéficiant du cadrage voté le 5 mai.

Pour défendre une université au service de tous, rejetant l’université sélective et élitiste qui exclut les plus précaire, maintenir la victoire obtenue en CFVU est crucial. Il est évident que cette bataille ne se joue pas seulement dans les conseils centraux mais est avant tout une bataille collective. En ce sens, une pétition en ligne a été lancée. Seul le rapport de force imposera aux directions d’université de reculer sur un point aussi politique.

 
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