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La Izquierda Diario
19 de mai de 2020 Twitter Faceboock

Scandale
Masques. Pour Macron, « il n’y a pas eu de rupture » de stocks
Petra Lou

Dans un documentaire diffusé sur BFMTV, Macron déclare qu’il n’y a jamais eu de rupture de stocks de masques, seulement des « manques et des tensions » et que ceux-ci ont été distribués avec une politique « restrictive ». Le gouvernement est prêt à toutes les manipulations pour chercher à masquer sa gestion de crise catastrophique.

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 Crédit photo : Capture d’écran BFMTV 

Depuis le début du confinement a éclaté une série de polémiques quant aux manques de matériel pour les soignants, rupture de gel hydroalcoolique dont le prix est monté en flèche, les blouses défectueuses, et le manque criant de masques. Bien que l’on soit encore loin de voir le bout du tunnel du coronavirus, l’exécutif tire déjà les premiers bilans. 

Alors que plusieurs membres du gouvernement ont – difficilement – admis qu’il y avait eu des difficultés au niveau de l’impréparation face à la crise sanitaire, le président Macron nie sur toute la ligne. Dans un documentaire diffusé sur BFMTV, ce dernier répond à la journaliste qu’ “il n’y a pas eu de rupture” de stocks en ce qui concerne les masques. Voulant ainsi nier toute responsabilité quant aux conséquences de cette crise sanitaire sur la première ligne désarmée face au virus, et à la population qui en a subi les conséquences, il va même jusqu’à justifier le manque de masques par une politique consciente qu’il décrit comme “restrictive pour ne jamais être en rupture”. 

Une déclaration d’une grande hypocrisie, qui ne fait que s’ajouter aux mensonges du gouvernement quant aux masques, dans les hôpitaux et dans les secteurs qui ont continué de tourner pendant le confinement, que l’on voit aujourd’hui disponible à l’achat pour le grand public dans la grande distribution à des prix parfois exorbitants. 

Le chef de l’Etat a même rajouté, allant au summum de la provocation : “Ayons collectivement l’honnêteté de dire qu’au début de mars, encore plus au mois de février, ou de janvier, personne ne parlait des masques parce que nous n’aurions jamais pensé être obligés de restreindre leur distribution pour les soignants”. Si en effet nous sommes arrivés à un stade d’impréparation très marqué face à la crise sanitaire, de qui est-ce la faute ?

Plusieurs réactions ont fait suite à ces déclarations, sur les réseaux sociaux, portant notamment en top tweet le hashtag #MacronDestitution :

Le gouvernement tente de s’ôter de toute responsabilité de cette situation alors que c’est lui et les gouvernements précédents qui, depuis des décennies, ont cassé l’hôpital public au nom de la rentabilité, et qui l’ont aujourd’hui conduit à être dans un état saturé, ne pouvant pas accueillir tous les contaminés, et les trier selon un ordre d’importance vitale. 

Quant aux masques, plusieurs groupes de la grande distribution ont fièrement annoncé peu avant le déconfinement avoir des stocks de millions de pièces, prêtes à être mises dans les rayons des grande surface disponibles au grand public. Mais d’où sortent ces masques, dont les soignants manquaient pendant des semaines ? Dans plusieurs hôpitaux, c’est grâce au système D qu’ils se sont organisés, grâce à des dons de masques cousus en urgence et du matériel donné, avec des sacs plastique en guise de blouse. Si les déclarations de Macron ont l’allure d’une mauvaise blague, c’est probablement parce que seulement une semaine avant le confinement, celui-ci se pavanait en allant au théâtre en assurant que la vie sociale pourrait continuer normalement, et ce quelques jours avant le confinement général, qui sera ensuite imposé de manière autoritaire à coup de violences policières et d’amendes à tout va.

Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, disait sur BFMTV le 4 mars « Les masques n’ont aucun intérêt pour le grand public  ». Le 13 mars, il était suivi par la déclaration très limpide du premier ministre : «  Le port de masque, en population générale dans la rue, ça ne sert à rien  ». Le 16 avril, Macron lui-même déclarait : « Je refuse de recommander le port du masque pour tous et jamais le gouvernement ne l’a fait ».

On pourrait citer longuement les déclarations contradictoires des membres de l’exécutif quant aux masques. Ces déclarations montrent la nécessité pour la macronie de se montrer ferme quant à son propre bilan de la gestion de la crise sanitaire, dans un contexte où celui-ci pourrait très rapidement se retourner contre lui. La colère gronde dans les hôpitaux, mais aussi dans les quartiers populaires, contre les violences policières, ou dans les secteurs où se profilent des licenciements massifs. Ce bilan que Macron veut revendiquer a déjà de nombreuses fissures, et l’on voit le gouvernement s’affaiblir encore avec l’annonce de sa perte de la majorité à l’Assemblée ce mardi matin. 

Dans ce contexte, nous tirons le bilan que cette crise est de la responsabilité de ceux d’en haut, ceux qui depuis des décennies ont tiré sur l’hôpital public, ont mis de côté les recherches sur les souches de virus pour préférer les maladies plus rentables, et que si l’épidémie a été si importante, c’est parce que les patrons ont imposé, main dans la main avec le gouvernement, une continuité dans des secteurs non essentiels qui ne se sont pas arrêtés pendant le confinement, et une reprise économique au plus vite pour maintenir leurs profits, au prix de nos vies. Pour toutes ces raisons, c’est aux travailleurs et travailleuses en première ligne d’imposer leurs propres mesures sanitaires, par exemple à travers des comités de sécurité et d’hygiène sur les lieux de travail. Quant aux masques, pour que personne n’en manque, il faut exiger la réquisition des stocks de la grande distribution, et les distribuer gratuitement ! Notre santé et nos vies valent plus que leurs profits !

 
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