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20 de mai de 2020 Twitter Faceboock

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CGT Renault Flins : « Ils chercheront à nous faire payer la crise, il faudra s’organiser pour répondre »
Paul Morao

Hier les révélations selon lesquelles Renault envisagerait de fermer trois sites et de restructurer Renault Flins ont fait l’effet d’une bombe, alors que l’entreprise s’apprête à recevoir 5 milliards de prêt garanti. Suite aux annonces, nous avons interrogé Ali Kaya, délégué CGT Renault Flins.

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Crédit photo : Le Parisien / Virginie Weber

Révolution Permanente : Bonjour Ali Kaya, vous êtes délégué CGT à Renault Flins. On a appris hier que l’entreprise envisageait de fermer trois sites et de restructurer Flins, comment réagissez-vous à ces annonces ?

Ali Kaya : Ce matin on a eu un CSE qui ne portait pas du tout sur l’histoire, mais nous avons mis le sujet sur le tapis. La direction refuse de répondre et maintient le suspense. Ce qu’on peut dire cependant, c’est qu’ils nous ont déjà fait un coup qui ressemblait à ça en 2013 qui n’était en fait qu’un coup de chantage pour obtenir le premier accord de compétitivité de l’époque. Donc ça ressemble un peu ça, sauf que la situation économique n’est plus la même et il est possible que cette fois-ci le chantage soit accompagné de réelles fermetures d’usines.

Révolution Permanente : la nouvelle arrive alors qu’on apprenait hier que Renault allait toucher 5 milliards de prêt garanti par l’Etat, comment recevez-vous cette nouvelle ?

Ali Kaya : Cette histoire de 5 milliards montre à quel point c’est open bar pour les entreprises. Le gouvernement donne tout ce que veut Renault sans aucune contrepartie ! En 2008 c’était déjà la même chose, et Renault avait transformé ces aides en dividendes pour ses actionnaires, et ça risque à nouveau d’être le même scénario. Le fond du problème pour eux, c’est de savoir comment maintenir les profits malgré la crise. Donc c’est absolument choquant de voir des entreprises comme Renault qui ont fait, depuis la dernière crise de 2008, 25 milliards de bénéfices qui se sont évaporés… enfin pas pour tout le monde évidemment. Maintenant, ils viennent pleurer auprès du gouvernement, alors qu’il s’agit d’un groupe riche à milliards, dont les actionnaires finiront par dilapider l’argent encaissé. Comme d’habitude, quand ça va bien ce sont les actionnaires qui se régalent, et quand ça va mal c’est à nous de payer pour les renflouer !

Révolution Permanente : Justement, même si ces révélations ne sont encore pas très claires, quel est l’état d’esprit des salariés et quelle réponse entendez-vous opposer au projet de Renault ?

Ali Kaya : Pour le moment on tourne dans les ateliers pour discuter et faire ressortir des perspectives communes à tous les salariés. Une partie des travailleurs n’y croit pas vraiment, une autre y voit un chantage face auquel il faudra s’organiser, enfin une dernière partie est plutôt inquiète voire abattue. Dans tout ça, on essaye de discuter et de créer des réseaux en communs qui permettent de lancer une dynamique collective pour que les travailleurs prennent en main la situation.
Pour l’instant il n’y a pas d’annonces officielles et claires, donc on discute surtout autour des hypothèses de ce qu’il pourrait y avoir derrière ces révélations. De toute façon, quelle que soit l’hypothèse vérifiée, on sait qu’ils chercheront à nous faire payer la crise, soit par des accords de compétitivité, soit par des fermetures, soit les deux. Dans tous les cas, il faudra s’organiser pour répondre.

 
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