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La Izquierda Diario
29 de mai de 2020 Twitter Faceboock

Gironde. Des rassemblements de grévistes hospitaliers : Du fric pour l’hôpital public !
Nicolas Arnaiz

« Vos médailles, on n’en veut pas ! ». Les mesurettes annoncées par Macron n’auront pas suffi à calmer la colère des soignants : jeudi 28 mai, se sont tenus deux rassemblements du personnel hospitalier en grève de la Gironde. L’occasion pour les travailleurs de la santé de rencontrer leurs soutiens et d’afficher leur solidarité avec les travailleurs d’autres secteurs.

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Crédits Photo : Révolution Permanente Bordeaux

Deux lieux, deux rassemblements, un à l’hôpital Haut-l’Évêque à Pessac, l’autre à Robert Boulin à Libourne , les revendications restent pourtant les mêmes. Les personnels soignants de Gironde ont, hier, une fois encore, affiché leur colère face à la crise que traverse l’hôpital public depuis le début du quinquennat Macron, qui s’inscrit dans une logique de destruction de l’hôpital public dans les dernières décennies.

Plus de 200 personnes ont répondu présent à l’appel de l’intersyndicale, lancé par les travailleurs de l’hôpital Haut-Lévêque, pour soutenir et visibiliser la grève qui avait lieu à l’intérieur des services sur la journée, depuis le 22 mai à Bordeaux.

Plusieurs services de l’hôpital étaient bien sûr représentés, dont la réa, radio, anesthésistes, brancardiers, labos, soignants, blanchisserie... de même que l’intersyndicale : CGT, SUD, FO et CNI, accompagnés d’organisations politiques venues soutenir les grévistes. De nombreux soutiens d’autres secteurs du monde du travail étaient également présents : postiers, instituteurs et ex-ouvriers de la CGT Ford, tous sont venus prêter main forte aux travailleurs de la santé pour préparer ensemble les futures batailles qui s’ouvrent, et notamment celle dans les hôpitaux.

Le rassemblement faisait suite à la mobilisation du personnel de l’hôpital Pellegrin, deux jours auparavant, qui fut lui aussi une réussite en réunissant plus de 500 personnes, hospitaliers et soutiens réunis.
À Libourne également, près d’une centaine de soutiens et grévistes étaient présents devant le centre hospitalier, à l’appel du syndicat SUD. Plusieurs organisations politiques étaient elles aussi présentes, et là encore, un même message retentissait : une prime de 1500€ pour tous les travailleurs de l’hôpital et non juste 500€ comme le propose le gouvernement aux hospitaliers de Gironde, mais au-delà d’une prime ponctuelle, un véritable investissement dans l’hôpital public, qui doit incarner l’arrêt des fermetures d’hôpitaux, l’arrêt des fermetures de lits, augmentation du salaire de tous les travailleurs de l’hôpital, titularisation des emplois précaires. Et pour cause : rien qu’à l’hôpital de Libourne, 20 % des travailleurs sont embauchés sous des contrats précaires, qui devront pour la plupart s’achever cet été.

Plusieurs travailleurs ont également eu l’occasion de prendre la parole :

« Il va y avoir un chômage de masse, et on nous dit qu’il faut travailler plus ? Au contraire ! Il faut partager le temps de travail, partager les richesses.  »

«  C’est un combat général qu’il faut mener : pour les salaires, pour le temps de travail.  »

A Pessac comme à Libourne, les travailleurs présents ont également tenus à porter un soutien tout particulier envers Eric Bezou, cheminot menacé de licenciement par le gouvernement et victime d’une féroce répression antisyndicale : plusieurs dizaines de pancartes de soutien étaient ainsi visibles en ce sens, appelant à la solidarité entre les secteurs en lutte.

Un travailleur s’est exprimé pour appeler à la convergence de tous les secteurs du monde du travail dans une bataille pour la défense de l’hôpital public et des conditions de travail des hospitaliers :

«  Si ils cassent les 35h à l’hôpital, tout le reste va suivre. Le combat de l’hôpital, c’est le combat de tout le monde.  »

Car là est bien sur le nerf de la guerre : derrière les mesurettes, les médailles et un énième « tournant social », le gouvernement reste irrémédiablement le même. En témoignent les dernières déclarations du ministre de la santé, Olivier Véran, lors desquelles il annonça qu’il était nécessaire de « revoir le cadre d’organisation du temps de travail à l’hôpital  », avant de continuer, plus franchement : « N’est-ce pas incohérent de maintenir les 35 heures alors que certains, pour gagner plus, travaillent en dehors ? ». Voilà qui est on ne peut plus clair sur les intentions du gouvernement qui n’a jamais été de fournir un investissement massif dans l’hôpital mais bel et bien de continuer sa politique de coupes budgétaires et de privatisation à marche forcée.

 
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