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1er de juin de 2020 Twitter Faceboock

Travail saisonnier
« Des bras pour ton assiette ». Philippe donne son feu vert à l’exploitation des saisonniers étrangers
Joshua Cohn

A la demande des exploitants agricoles, Edouard Philippe a signé, le 20 mai, une circulaire permettant l’entrée sur le territoire des saisonniers étrangers, résidents ou ressortissants d’un pays de l’espace économique européen, sous condition du respect d’une quatorzaine à la charge de l’employeur.

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Crédits photo : B. HORVAT/AFP

A la demande des exploitants agricoles, Edouard Philippe a signé, le 20 mai, une circulaire permettant l’entrée sur le territoire des saisonniers étrangers, résidents ou ressortissants d’un pays de l’espace économique européen, sous condition du respect d’une quatorzaine à la charge de l’employeur.

Cette circulaire sera bientôt complétée par l’article d’un nouveau projet de loi « relatif à diverses dispositions liées à la crise sanitaire », actuellement débattu au Sénat, qui prévoit d’autoriser le séjour des saisonniers étrangers jusqu’à 9 mois par an.

Ces mesures constituent un revirement de l’exécutif qui s’était jusqu’alors montré hostile à l’entrée de travailleurs étrangers pendant l’état d’urgence sanitaire.

Le 5 mai dernier, 73 saisonniers bulgares avaient atterri à Roissy. Après deux jours en ZAPI (zone d’attente pour personnes en instance à l’intérieur de l’aéroport) durant lesquels la promiscuité, l’absence de gel hydro-alcoolique et le manque de masques en quantité suffisante les ont dangereusement exposés au coronavirus, ils ont finalement été expulsés. Le 11 mai, ce sont encore 200 saisonniers espagnols qui ont été refoulés à la frontière des Pyrénées Orientales.

Pendant ce temps, le gouvernement s’essayait au « patriotisme économique » avec l’opération « Des bras pour ton assiette », qui vise à pourvoir aux besoins en main d’œuvre agricole avec les travailleurs français mis au chômage par la crise sanitaire. Si les travailleurs précaires, n’ayant d’autres choix à défaut de missions dans leurs secteurs d’activité habituels, ont effectivement adressé un nombre important de candidatures, le patronat agricole, à la recherche d’une main d’œuvre expérimentée, a demandé que soit autorisé le recours à des saisonniers étrangers.

Hors de question, en revanche, d’accorder des garanties sociales à ces travailleurs dont l’agriculture a pourtant tant besoin ! Ainsi, alors que ces emplois sont rarement rémunérés au dessus du SMIC, le terme d’un CDD saisonnier ne donne pas droit à l’indemnité de précarité, correspondant à 10 % des sommes versées au cours du contrat, due en temps normal à la fin d’un contrat court. A cela s’ajoute, pour les saisonniers étrangers, l’impossibilité de percevoir des allocations chômage, celles ci étant réservées aux travailleurs résidant en France.

Une fois que le patronat a fini d’exploiter des travailleurs compétents à moindres frais, la police peut se charger d’expulser ceux qui, devenus inutiles, risqueraient de devenir des coûts. On reconnaît bien là la rationalité capitaliste.

 
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