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La Izquierda Diario
16 de juin de 2020 Twitter Faceboock

Panorama des manifestations
Grève dans la Santé. Des dizaines de milliers de manifestants, malgré la répression
Gabriella Manouchki

De Paris à Montpellier, de Lyon à Bordeaux, ce sont plusieurs dizaines de milliers de personnes qui ont répondu présent à l’appel national des soignants ce mardi 16 juin en France. Pendant que Macron mettait en scène son soutien au secteur de la santé sur Twitter, la manifestation a été fortement réprimée en particulier à Paris et à Toulouse.

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Une démonstration de force à l’échelle nationale

À l’appel des organisations syndicales de l’hôpital public, ce sont plus de 220 manifestations et rassemblements qui se sont tenus ce mardi à travers la France. Avec 30 000 personnes à Paris, 20 000 à Toulouse, 13 000 à Lyon et plusieurs milliers à Bordeaux, Montpellier, Marseille ou encore à Rennes selon les syndicats, il s’agit là d’une belle démonstration de force des soignants et de leurs soutiens pour cette première mobilisation nationale pour la santé depuis le déconfinement.

À Paris :

À Toulouse :

À Bordeaux :

À Rennes :

De nombreux soutiens solidaires des soignants pour défendre l’hôpital public et dénoncer la gestion de crise criminelle du gouvernement

Les soignants, qui ont été en première ligne de la crise sanitaire depuis le début du mois de mars, sont massivement descendus dans la rue malgré les contraintes de leur métier pour dénoncer la gestion de crise criminelle du gouvernement et pour exiger les moyens nécessaires à leur travail et dont le manque a été violemment révélé au grand jour avec la pandémie.

En effet, « envoyé·es au front sans armes », les soignant·es ont non seulement été massivement contaminés mais ont aussi du pallier au manque de personnel et de matériel en puisant plus que jamais dans leurs propres forces, en accumulant les heures supplémentaires non payées, en étant réquisitionné·es pour 1,42€ de l’heure pour les étudiant·es, en sacrifiant leur vie de famille en pleine période de crise…

Pour ce « déconfinement de la colère », malgré une grande fatigue, c’est la détermination et la solidarité qui l’ont emporté. Au-delà des personnels de santé, les usagers sont bien descendus du balcon à la rue pour exprimer leur soutien et leur volonté de pouvoir accéder à un service hospitalier de qualité. Parmi eux, des travailleuses et travailleurs d’autres secteurs en lutte ont tenu à exprimer leur solidarité avec les soignants, notamment des enseignants, des cheminots, des salariés de l’aéronautique ou encore de l’énergie, qui ont tous en commun de vouloir faire front face au gouvernement qui voudrait leur faire payer la crise. C’est ce que reflètent Anasse Kazib (cheminot), Nathanael (ouvrier dans l’aéronautique) ou encore Diane (prof en collège) dans leurs interventions.

De même, certaines franges du mouvement antiraciste qui a réuni plus 180 000 personnes samedi dernier à Paris ont cherché à incarner cette « convergence des luttes » en exprimant leur soutien, à l’instar du Comité Adama avec Almamy Kanouté et Assa Traoré qui a révélé avoir elle-même été touchée par le Covid-19 dans une interview réalisé par nos soins. « Cette machine-oppresseur qui est en face de nous on doit la faire tomber ensemble », a-t-elle affirmé.

Pendant que Macron se met en scène en train de remercier les soignants, répression des manifestations à Paris et à Toulouse

Ce matin, Macron a pris le soin de publier sur Twitter une vidéo dans laquelle il demande à un groupe de travailleuses chez Sanofi si « le moral est bon », avant de les remercier pour « n’avoir rien lâché pendant la crise ». Le tweet est accompagné d’un texte : « Investir dans le secteur de la santé, c’est investir dans l’indépendance de la France et de l’Europe, c’est reconnaître l’excellence et les savoir-faire de femmes et d’hommes qui ont fait de la santé l’engagement d’une vie. » Une mise en scène insolente, au moment même où la mobilisation des soignant·es allait être durement réprimée à Paris et à Toulouse par des charges de CRS, des tirs de gaz lacrymogènes et des arrestations violentes. À Paris, pas moins de 32 interpellations ont été signalées. Parmi elles, au moins une infirmière a été brutalement interpellée par la police qui lui a tiré les cheveux et laissé le visage en sang.

Face à un gouvernement qui remercie aujourd’hui celles et ceux qu’il a hier lui-même appelés « héros de la nation » par la répression policière lorsqu’ils revendiquent plus de moyens, il est plus que jamais nécessaire de construire un front entre les différents secteurs en lutte afin d’imposer un hôpital de qualité, accessible à toutes et tous, et plus largement une alternative à la précarisation et à la répression.

 
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