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26 de juin de 2020 Twitter Faceboock

La grève chez BFM TV et RMC prolongée jusqu’à lundi contre un plan massif de licenciements
Sara Yuki

La direction de NextRadio TV a annoncé un plan de licenciements massifs menaçant près d’un emploi sur trois. En grève depuis mercredi, les salariés ont voté ce jeudi sa prolongation jusqu’à lundi matin.

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Crédits photo : BERTRAND GUAY / AFP

Le 17 juin, la direction de NextRadio TV a annoncé un plan de licenciement de masse qui touche plus de 500 postes, soit un tiers des salariés mis sur la sellette. Avec 330 à 380 CDI et jusqu’à 200 pigistes et intermittents, ce sont les plus précaires qui sont ciblés.

Comme de nombreux autres secteurs, c’est la crise sanitaire qui sert d’excuse pour ce groupe dirigé par Alain Weill, 368ème fortune de France. De plus, ce groupe est lié à la filiale Altice qui a largement profité de l’aide de l’État pour financer les 50% de chômage partiel pendant le confinement.

Les départs volontaires, une mascarade de plan de licenciement

Suite à la journée de grève de mercredi et son report jusqu’à lundi matin, la direction a accepté de transformer ce plan de licenciement en plan de départs volontaires. Si cette décision semble être un pas vers les revendications des grévistes, c’est bien le contraire. Transformer des licenciements en départs contraints ne peut que plaire à la direction qui n’aura pas à s’encombrer des mesures de licenciements sans pour autant abandonner la réduction des effectifs.

On comprend bien le résultat de ces négociations quand on voit que c’est Ruth Elkrief et Apolline de Malherbe, présentatrices ouvertement de droite, qui s’en font porte parole avant le débat pour les municipales. Elles sont la voix des médias bourgeois et ne se préoccupent pas du sort de leurs collègues précaires, sans lesquelles elles ne seraient rien.

Privilégier les départs contraints c’est encourager la pression subie par les salariés, c’est laisser la porte ouverte aux techniques de harcèlements qui poussent au burn-out et au « départ volontaire » tant apprécié des patrons.
Il faut donc revendiquer l’annulation totale de ce plan de suppression de postes, avec départs volontaires ou contraints, et surtout il faut revendiquer la fin des contrats précaires comme ceux des pigistes qui n’ont jamais l’assurance de payer leur loyer à la fin du mois.

Un rapport de force important

Les salariés ne sont pas restés impassibles face à ce plan de licenciement. 650 d’entre eux étaient présents lorsque la grève à été votée à 90%, et c’est 326 voix sur 456 votants qui ont prolongé la grève jusqu’à lundi. Seuls 22 étaient pour l’arrêt de la grève tandis que 117 souhaitaient une journée de grève dimanche. C’est donc une très grande majorité qui se soulève contre la direction de ces médias bourgeois.

Présents mercredi matin devant le siège d’Altice avec des pancartes arborant « Non au débat. Respectez les emplois. », les grévistes ont réussi à mettre en place un rapport de force allant jusqu’à reporter le débat pour les municipales entre Agnès Buzyn, Anne Hidalgo et Rachida Dati.

Le secteur de l’information, un allié nécessaire

C’est une grève historique pour NextRadio TV (BFM-TV, BFM Business, RMC, RMC Sport et les télévisions locales de BFM), média qui transmet un discours de droite et invite des réactionnaires comme Eric Zemmour. Habituée à critiquer toutes les grèves, la rédaction de BFM TV ne s’est contentée que d’un simple commentaire indiquant le changement de programme ; le micro ne sera pas mis au service de la voix des précaires.

Cette mobilisation montre à quel point ces médias bourgeois sont dépendants des emplois précaires. Entre les pigistes, les intermittents et les stagiaires qui font un travail de salarié, la direction économise énormément. Or, lorsque ces employés, nécessaires au fonctionnement de la chaîne, s’arrêtent de travailler, c’est un débat aussi important que celui des municipales qui peut être touché.
Les travailleurs du secteur de l’information ont un potentiel stratégique. Il doit être mis au service des masses populaires, contre la parole des médias dominants.

 
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