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La Izquierda Diario
26 de juin de 2020 Twitter Faceboock

À 100 jours de la pandémie du covid19
Les femmes en première ligne de la crise sanitaire et dans le combat contre le capitalisme patriarcal et raciste !
Du Pain et des Roses

Le Manifeste international du collectif féministe socialiste révolutionnaire Du Pain et des Roses : "Les travailleuses, féministes anticapitalistes et socialistes révolutionnaires, nous faisons le pari que, nous les femmes, soyons aussi en première ligne de la lutte politique et de la lutte de classes pour vaincre les capitalistes, leurs gouvernement et leur État."

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Manifeste international du collectif féministe socialiste révolutionnaire Du Pain et des Roses

Il y a près de cent jours, le 11 mars 2020, l’Organisation mondiale de la santé reconnaissait que le COVID 19 était devenue une pandémie mondiale. Depuis, le coronavirus – venu de la Chine et d’autres pays asiatiques vers l’Europe - s’est propagé à tous les continents, faisant un demi-million de morts et infectant plusieurs millions de personnes. Aujourd’hui, à cent jours du début de la pandémie, le nombre de décès en Europe a été dépassé par l’Amérique latine, où le pic de la courbe d’infection et de mortalité est en passe d’être atteint. De plus, la fermeture d’usines, de magasins, d’écoles, les restrictions en matière de voyages et de divertissements, ont eu un impact immédiat sur la vie de millions de familles de travailleurs. On estime qu’en trois mois seulement, près de 300 millions d’emplois ont été perdus et 60 millions de personnes sont tombées sous le seuil d’extreme pauvreté, venant s’ajouter aux 700 millions qui survivaient déjà avec moins de deux dollars par jour, avant la pandémie.

Pendant ce temps, les États capitalistes ont renforcé leurs forces répressives durant la pandémie, avec une généralisation de la surveillance et du contrôle social, mais aussi avec une augmentation de la répression contre la classe ouvrière et les secteurs opprimés, en particulier la communauté noire. L’assassinat de George Floyd à Minneapolis s’inscrit dans ce contexte de violence policière croissante et de renforcement des groupes de supremacistes blancs soutenus par Trump, contre la communauté noire, mais aussi le meurtre de Breonna Taylor, une travailleuse de la santé tuée par la police en mai dernier alors qu’elle dormait chez elle dans le Kentucky. Mais le racisme, la xénophobie, le sexisme et la transphobie de Donald Trump ont déjà déclenché des mobilisations massives qui défient désormais les couvre-feux et font face à la répression ordonnée par les gouverneurs et les maires, aussi bien républicains que démocrates. Le cri de « Black Lives Matter ! » (La vie des noirs compte !) et, pendant le mois de la Pride, le slogan « Black Trans Lives Matter » a déclenché une colère et une solidarité qui se sont répandues comme une traînée de poudre du Brésil à l’Allemagne, de la Grande-Bretagne à l’Argentine. En France, des milliers de personnes se sont mobilisées contre le racisme et les crimes commis par la police, à l’appel d’Assa Traoré, la sœur du jeune Adama, qui a été assassiné dans un commissariat en 2016. Au Brésil, des femmes ont dénoncé le meurtre de leurs enfants à l’intérieur de leurs maisons, demandant justice pour Miguel et João Pedro.

La haine raciste qui émane du gouvernement Trump est l’exemple le plus extrême de la ségrégation profonde et structurelle de la population afro-américaine aux États-Unis. Cela est également mis en évidence par la pandémie, où la majorité des victimes du covid sont noires et pauvres. À Chicago, où la population noire ne représente qu’un tiers de la population totale, 73% des décès dus aux coronavirus sont des personnes noires. À Milwaukee, ils représentent 26 % de la population et sont victimes de 81 % des décès. Des chiffres similaires se retrouvent dans le Michigan, où 14 % de la population est d’origine africaine, mais qui représentent 40 % des décès pendant la pandémie. Une situation qui se répète non seulement dans les États gouvernés par le parti républicain, mais aussi dans ceux où le parti démocrate est au pouvoir.

Les personnes d’origine africaine sont celles qui ont mis le plus leur vie en danger, ainsi que la communauté latino et plus en général des migrants, dans des secteurs de travail essentiels, occupant des emplois précaires, sans protection de santé. Et ils constituent un secteur important des 40 millions de travailleurs qui se sont retrouvés au chômage du jour au lendemain pendant cette pandémie. Si la mobilisation antiraciste contre les violences policières aux États-Unis a trouvé un écho dans le monde entier, c’est que la communauté noire, comme la population immigrée, est devenue la victime privilégiée du coronavirus sur la planète, dont le risque de décès est étroitement lié à la précarité et aux conditions de surexploitation, aggravées par le racisme. Les femmes noires au Brésil - le pays, en dehors du continent africain, qui compte la plus grande population noire - reçoivent jusqu’à 60 % de salaire en moins que les hommes blancs et sont celles qui perdent leurs filles et leurs fils sous les coups de l’un des corps de police les plus meurtriers du monde. Ce sont les femmes noires qui sont les plus exposées à la précarité du travail, aux pires emplois et celles qui subissent les pires conséquences des avortements clandestins.

Pour les femmes, la pandémie a également eu d’autres conséquences particulières : la fermeture des écoles, des centres pour enfants et des centres de loisirs, ainsi que les conditions de confinement elles-mêmes, ont accru la charge des tâches de soins que les femmes réalisent dans leur foyer. C’est encore pire pour les femmes qui doivent subvenir seules aux besoins de leur famille, pour celles qui ont été contraintes de continuer à travailler, celles qui se sont retrouvées au chômage et pour les femmes des secteurs populaires. En outre, on estime que 18 millions de femmes qui avaient accès à des contraceptifs pourraient en avoir été privées pendant la pandémie, car dans de nombreux pays, ils sont devenus rares au cours de ces mois et impossibles à obtenir au milieu des restrictions. D’autre part, les coupes budgétaires des systèmes de santé - avant la pandémie - ont également limité leur capacité opérationnelle et, entre autres conséquences, on estime aujourd’hui qu’une réduction de seulement 10 % de l’accès à des services d’avortement sûrs dans les pays les plus pauvres aurait produit 3 millions d’avortements clandestins avec la mort d’environ 28 000 femmes, tandis que 15 autres millions de femmes finiraient par assumer des grossesses non désirées. Et, pendant les confinements généralisés par les gouvernements du monde entier, les plaintes de violence sexistes ont augmenté de 30 %.

Aujourd’hui, 100 jours après le début de la pandémie mondiale, les travailleurs de la santé - dont plus de 70 % sont des femmes - sont toujours confrontés à la saturation des services de soins intensifs dans certains pays, et dans d’autres endroits, ils commencent déjà à s’inquiéter du manque de ressources pour faire face aux conséquences de l’anxiété, de la peur et du stress qu’ont produit à la fois la pandémie et l’insécurité de l’emploi, la perte de salaire et le manque de ressources pour des familles entières. Ils dénoncent également le manque d’investissement et de préparation des gouvernements, face à d’éventuelles épidémies du coronavirus, et demandent des ressources plus importantes pour la santé publique.

Quelques jours avant que l’OMS ne déclare la pandémie mondiale, nous étions des millions à nous mobiliser dans des centaines de villes du monde entier, comme nous l’avons fait à chaque occasion du 8 mars ces dernières années, pour commémorer la Journée internationale des femmes dans les rues, pour nos droits, contre les violences sexistes et les féminicides, pour la légalisation de l’avortement, contre la précarisation du travail... C’est pourquoi, nous, les femmes qui avons signé ce manifeste, 100 jours après que la pandémie ait été déclarée, nous nous adressons à toutes celles que les capitalistes mettent en "première ligne" de la super-exploitation et de la précarité ; celles d’entre nous qui travaillent en "première ligne" pour la reproduction de nos familles sans aucun salaire, mais qui travaillons également en première ligne de multiples services et industries essentiels pour garantir la vie sociale. Celles d’entre nous qui sont moins bien payées que nos camarades hommes et n’avons pas accès aux mêmes catégories de travail, mais qui sommes en "première ligne" et produisent de plus en plus de profits pour une poignée de capitalistes ; celles d’entre nous qui occupent "la première ligne" dans la lutte contre la misère et la faim, survivant aux dépens de leur propre travail dans les pires conditions. Aujourd’hui, nous nous adressons à toutes ces femmes, celles qui sont organisées en syndicats ou qui n’ont pas le droit de s’organiser, les femmes autochtones, les femmes noires, les migrantes, les femmes racisées, les femmes indigènes, les paysannes, les mères de personnes torturées, emprisonnées, disparues et assassinées par la violence de l’appareil répressif de l’État, les jeunes étudiantes, les activistes lesbiennes et transgenres.
Nous voulons nous organiser en première ligne de la lutte économique, sociale et politique contre les patrons, les gouvernements et les partis qui représentent leurs intérêts, contre la bureaucratie syndicale qui nous divise et limite nos forces. Encore une fois, comme tant de fois dans l’Histoire, nous sommes prêtes à être en première ligne de la lutte des classes, à prendre le ciel d’assaut.

1. La pandémie du coronavirus n’est pas « naturelle » : elle a de profondes racines et engendre de graves conséquences économiques et sociales

L’origine de cette pandémie se trouve dans la rupture brutale des équilibres écologiques provoquée par l’avancée débridée de l’agrobusiness. Sa propagation rapide, à travers la planète, est allée de pair avec les chaînes de valeur mondiales qui, au cours des dernières décennies, ont exceptionnellement élargi les frontières du capital à la recherche d’une plus grande rentabilité. Mais, de plus, la pandémie a éclaté brutalement dans des pays dont les systèmes de santé souffraient depuis des décennies des plans d’austérité, des ajustements budgétaires, des licenciements et de l’épuisement ; tandis que l’industrie pharmaceutique investissait dans le développement de maladies "rentables" et que les gouvernements ignoraient ou sous-finançaient les programmes de recherche sur les épidémies.

On ne peut pas non plus dire que les dizaines de milliers de décès causés par le Covid-19 sont la conséquence inévitable de la propagation du virus : les gouvernements ont été lents à réagir aux alertes et à paralyser les activités non essentielles, dans le seul intérêt de protéger au maximum les profits capitalistes ; puis ils ont imposé des confinements drastiques et autoritaires, sans tests massifs ni renforcement de la capacité des hôpitaux. Et puis ils se sont aussi empressés de nous renvoyer au travail, sans information claire ni mesures de prévention et d’hygiène adéquates, pour la même raison. Dans la plupart des pays, ils ont évité autant que possible d’avancer sur le système de santé privé et de prendre d’autres mesures fondamentales afin, toujours, de ne pas nuire aux intérêts des capitalistes.
Alors que nous nous approchons du chiffre de 500 000 morts, nous dénonçons également qu’il n’est pas "naturel" - comme nous l’avons déjà souligné - que dans certaines villes des États-Unis, où les personnes d’origine africaine représentent 30% de la population, 70% d’entre elles meurent du coronavirus. La même chose se produit avec les communautés latinos de ce pays et se répète dans les quartiers pauvres de toutes les grandes métropoles impérialistes, où vivent principalement des familles de migrants. Dans les pays dépendants, la situation est encore plus terrible. Les taux d’infection et de mortalité segmentés montrent que faire face à la pandémie avec un logement adéquat, l’eau courante, les égouts, une alimentation équilibrée, l’accès à la prévention et aux produits d’hygiène n’est pas la même chose que de l’affronter sans tout cela. La conclusion est que n’importe qui peut être infecté par le coronavirus, mais l’exposition des personnes à la contagion et la distribution des ressources pour faire face à la maladie sont profondément inégales, affectant particulièrement les classes exploitées et les secteurs opprimés. Les personnes les plus exposées à la contagion et à la mort sont les travailleurs, les personnes précaires, les personnes d’origine africaine, les autochtones, les paysans, les migrants, les populations urbaines appauvries, surpeuplées et marginalisées, et les sans-abri.

Le virus n’a fait qu’accélérer, condenser et exposer les contradictions brutales du système capitaliste, qui vit un moment de déclin historique. Alors que les débats se poursuivent sur l’origine du coronavirus et sur le nombre réel de décès dus à la gestion désastreuse de la pandémie, la seule chose qui est claire pour des millions de personnes - dans le monde entier - est que, dans le capitalisme, les profits et les gains de quelques-uns valent plus que nos vies.

2. Le coronavirus n’est pas la cause de la crise capitaliste qu’ils veulent nous faire payer

Les capitalistes et leurs gouvernements profitent de la pandémie pour multiplier les licenciements, les fermetures d’usines, le chômage partiel avec baisses de salaires, entraînant une plus grande précarisation et une nouvelle détérioration des conditions de travail. Les chiffres sont d’un niveau aussi brutal et scandaleux que ceux des contagions qu’ils n’ont pas su éviter : aux Etats-Unis près de 40 millions de personnes se sont inscrites au chômage ; la Chine a connu des chutes historiques de la production, de même que la quasi-totalité des pays d’Europe. Dans le monde entier, les plans d’aide sont essentiellement destinés aux grands capitalistes et ce n’est que dans une moindre mesure que les pays impéralistes mettent en place des aides, généralement insuffisantes, pour la population, avec l’objectif d’éviter des dommages économiques encore plus importants et, surtout, des risques de tensions sociales. Dans les pays dépendants, le paiement de la dette externe et le sauvetage des entreprises sont considérés comme des priorités, tandis que les aides pour les millions de familles travailleuses et populaires apparaissent totalement en deçà des besoins face à la catastrophe.

Mais le coronavirus n’est pas responsable de cette crise, qui plonge ses racines dans les tendances qui se développent depuis la crise de 2008 : faible croissance de l’investissement et de la productivité, endettement public et privé élevé et bulles boursières, qui annonçaient déjà la possibilité d’une récession avant même la pandémie. Les réponses que les gouvernements ont opposé au coronavirus n’ont fait qu’approfondir ces tendances, transformant la récession en une dépression dont il est difficile de prévoir l’issue. Une situation d’autant plus compliquée que de nombreux secteurs devraient rester paralysées et que de nouveaux pics de l’épidémie pourraient survenir, tandis que la perspective de trouver un vaccin restent encore floues pour les scientifiques.

Les capitalistes vont tenter de s’en sortir en attaquant les classes populaires, de façon encore plus importante que ce que nous avons connu au cours de ces 100 premiers jours de pandémie. Ils réservent ainsi un avenir de misère à des milliards de personnes par les baisses de salaires, la détérioration des conditions de travail, l’augmentation de la flexibilité du travail ou encore la hausse du chômage. Aussi, nous devons mener la bataille pour défendre toutes nos conquêtes, nos emplois et nos salaires, ainsi que pour un système de santé universel et de qualité et contre la destruction de l’environnement. C’est aux capitalistes de payer la crise !

3. Le système capitaliste ne peut tourner sans exploiter les travailleurs et sans s’appuyer sur le travail gratuit des femmes

Si pendant des décennies de néo-libéralisme, la classe ouvrière a fait face aux délocalisations, à la fragmentation et aux attaques dans le monde entier, la pandémie a dévoilé comment les travailleuses et travailleurs de la première ligne - qu’il s’agisse des soignants, des ouvrières et ouvriers agricoles, des éboueurs, des travailleurs du textile, de la logistique, du transport terrestre, fluvial et aérien, de la livraison, des télécommunications, de l’industrie énergétique, des usines de traitement de l’eau, et tant d’autres – sont ceux qui font réellement tourner le monde, et garantissent l’existence de millions de personnes.

Avec nos manifestations, nos revendications et nos grèves pour exiger l’arrêt des usines et entreprises non-essentielles durant la pandémie, nous avons également démontré à quel point le capitalisme dépend du travail humain. De fait, en dépit des progrès de la robotisation et de l’intelligence artificielle, ce sont les travailleuses et travailleurs qui génèrent les profits qu’accaparent les capitalistes.

En parallèle, les tâches reproductives ont continué à être assurées dans les foyers, essentiellement au travers du travail gratuit des femmes qui sont celles qui, dans leur grande majorité, réalisent les taches permettant de reproduire la force de travail. Cette journée de travail gratuite s’ajoute à notre journée de travail salarié, dans lequel nous sommes majoritairement ou très représentées dans les secteurs de la première ligne, tels que la santé, l’aide à domicile, le nettoyage, la production et le commerce d’aliments ou encore le travail domestique rémunéré dans les foyers des riches. Notre travail ne s’arrête pourtant pas à ces secteurs, puisque les femmes représentent aujourd’hui 40% du salariat au niveau mondial, et ce pour la première fois dans l’Histoire.

En clair, la pandémie a mis en lumière le fait que l’économie ainsi que les soins, qui assurent la reproduction quotidienne du système capitaliste, reposent sur le travail de la classe sociale majoritaire. Cela a non seulement souligné que notre travail est essentiel pour la reproduction sociale – comme il était déjà difficile de le nier – mais aussi que nous occupons une position stratégique pour la reproduction du capital. En étant au coeur des “points de vulnérabilité” des chaînes d’approvisionnement mondial, nous sommes – collectivement, aux côtés des autres travailleurs – le sujet social qui possède la capacité d’ébranler le fonctionnement du capitalisme.

4. Organisons-nous et élargissons la première ligne des travailleuses en lutte

Les femmes travailleuses et des classes populaires – comme dans de nombreux épisodes historiques – nous sommes également en première ligne des luttes contre ce qui veulent attaquer notre futur. C’est pour cette raison que les éditorialistes de la bourgeoisie alertent leurs chefs et patrons sur de possibles insurrections et révolutions qui pourraient se déclencher à l’issue de la pandémie, lorsque les plans d’austérité des gouvernements capitalistes tenteront de faire peser, encore plus brutalement, le poids de la crise sur nos épaules.

En mars, les infirmières italiennes ont été ainsi parmi les premières à appeler tous les travailleurs à la grève générale, cette grève que leur travail de soignante les empêchait de faire. Aujourd’hui, dans l’Etat espagnol, les travailleuses de la santé réclament qu’on leur rende la part de salaire qui leur a été volée dans le cadre des politiques d’austérité suite à la crise de 2008 et défendent la santé publique. Aux Etats-Unis, les travailleuses et travailleurs ont dû faire face à la répression policière et aux arrestations alors qu’ils se rendaient dans les manifestations qui revendiquaient « Justice pour George Floyd » afin de prêter assistance aux manifestants. Les travailleuses de la santé, comme les éducatrices, les aides à domicile et les travailleuses sociales, continuent d’accumuler de la colère contre les gouvernements responsables de la crise économique et contre la minorité privilégiée de riches dont les profits sont les premiers à être sauvés.

Des milliers de travailleuses d’entreprises de restauration rapide, de supermarché, ou d’entreprises privées non essentielles se sont mobilisées aux côtés de leurs camarades contre des patrons criminels en Italie, en France, dans le cœur nord-américain de l’impérialisme, ainsi que dans divers pays d’Amérique latine. A différents endroits, des manifestations et même de véritables révoltes contre la faim et la pénurie, ont été menées par les familles des classes populaires. Il s’agit d’un avant-goût de ce qui pourrait se produire si des millions de travailleuses et travailleurs retournent au travail dans des conditions sanitaires dégradées, si l’on tente de leur imposer une dégradations de leurs conditions de travail, ou encore si de nouvelles familles se retrouvent à la rue.

Pourtant, les bureaucraties syndicales ont serré les rangs aux côtés du patronat et des gouvernements, en confinant les revendications et les plans de bataille pour défendre nos droits. Lorsqu’il y a une lutte, elles tentent de l’isoler et tentent de limiter les revendications de chaque secteur sur un terrain corporatiste. A l’inverse, nous avons soutenu les politiques de front unique ouvrier, exigeant des directions des organisations ouvrières des accords de lutte qui permettent de frapper ensemble, tout en marchant séparément. Notre objectif est de les évincer de la direction de nos organisations afin de récupérer les syndicats au service de notre classe. En ce sens, nous appelons à organiser et à élargir la première ligne des travailleuses, contre les bureaucraties qui nous divisent et cherchent la conciliation avec les gouvernements et Etats capitalistes. Cette bataille sera décisive pour permettre aux luttes actuelles de vaincre et préparer celles à venir, qui se multiplieront sans aucun doute.

5. Pour l’indépendance politique face aux partis qui représentent les intérêts des capitalistes

Nous sommes conscientes que la classe ouvrière, de plus en plus féminisée et racisée, a le potentiel d’interrompre le fonctionnement de l’économie et de toucher les profits capitalistes, d’établir des alliances avec d’autres secteurs populaires opprimés, de construire un nouvel ordre social basé sur la satisfaction des besoins de la grande majorité et non pas sur la soif de profits d’une classe parasitaire. Lorsque ce potentiel s’active, il faut, non seulement, faire face au patronat, aux bureaucraties syndicales -les agents du patronat dans le mouvement ouvrier -qui sont toujours prêtes à négocier le taux d’exploitation, mais jamais à l’éradiquer-, ainsi qu’à l’État et aux partis politiques qui représentent les intérêts des capitalistes.

Ces derniers sont représentés, non seulement par les Donald Trump, Giuseppe Conte, Boris Johnson, Jair Bolsonaro, Sebastian Piñera ou Emmanuel Macron. Mais aussi par les femmes comme Angela Merkel qui, avec un sourire “maternel” et sa fermeté impérialiste, a proposé un programme de reconstruction de l’Europe qui, en échange des plans de sauvetage aux États et aux grandes entreprises, imposera des plans d’austérité, payés par la classe ouvrière, et dont les termes doivent encore se définir dans les coulisses. Ou encore par la putschiste Jeanine Àñez qui, en Bolivie appelle à prier et à jeûner pour faire face à la pandémie, et qui n’a jamais hésité à ordonner des massacres militaires pour accomplir le coup d’État de novembre dernier. On pourrait aussi citer d’autres forces de l’extrême droite, en croissance depuis bien avant la pandémie, qui déploient leur contre-offensive réactionnaire contre le mouvement des femmes, les personnes LGTBI et les personnes issues de l’immigration. En accord avec le Vatican et les églises évangélistes fondamentalistes, ils attaquent ce qu’ils ont appelé “l’idéologie de genre” et le féminisme, en combinant leur intention conservatrice de soumettre les femmes dans le rôle de la famille traditionnelle, avec leur haine envers les étrangers. Maintenant, face à la crise, ils essayent à nouveau de capitaliser le mécontentement social de la population avec les gouvernements, dans un sens réactionnaire.

Face à la croissance de ces forces d’extrême droite, les gauches réformistes en Europe, États-Unis ou en Amérique latine, nous encouragent à nous résigner au “moindre mal”, que ce soit celui des vieux partis sociaux-libéraux en Europe, le Parti Démocrate aux États-Unis ou les “progressistes” en Amérique Latine. Mais cette issue du “moindre mal” nous a toujours condamné à accepter les mêmes politiques néolibérales, combinées à des mesures sociales très limitées, qui s’avèrent être des mesures purement cosmétiques, si nous tenons en compte l’amplitude de la crise actuelle. Ces gouvernements du “moindre mal” qui laissent intacts les profits des capitalistes et qui soutiennent les institutions les plus réactionnaires de leurs États, comme la police, les tribunaux ou les hiérarchies des églises, ne sont pas une alternative pour faire face à l’extrême droite. Les mobilisations féministes d’avant et les mobilisations antiracistes d’aujourd’hui ont été les seules à mettre un frein à leurs messages de haine, chose qu’aucune force politique des régimes capitalistes n’a osé faire.

C’est pour cette raison que nous devons nous frayer un chemin entre les vieux et nouveaux réformistes qui, avec tout un langage de gauche, gèrent ou se proposent pour gérer la décadence capitaliste. Ce sont eux qui négocient, avec les patrons nationaux, les miettes que ces derniers peuvent aujourd’hui offrir pour sortir de l’impasse, en semant l’illusion qu’après la pandémie, tout retournera à la normale : un business abondant pour les capitalistes et des salaires de misère, encore plus précarisés, pour les familles travailleuses. Voilà le rôle scandaleux joué par Unidas-Podemos, dans le gouvernement formé avec le néolibéral PSOE de l’État impérialiste espagnol, qui rend hommage à la monarchie parasitaire des Bourbons et se plie à la constitution de 1978, héritée du franquisme. Ce sont eux qui parlent d’inclusion, comme c’est le cas du Frente de Todos en Argentine, mais qui finalement, dans le gouvernement, ne cessent de payer la dette fraudeuse, tandis que dans la capitale du pays, des jeunes femmes meurent dans les quartiers populaires, après avoir dénoncé pendant quinze jours qu’elles n’avaient pas accès à l’eau potable en plein milieu de la pandémie. Au Mexique, où le gouvernement d’AMLO est arrivé au pouvoir soutenu par l’espoir de changement de millions de personnes, incluant de larges secteurs de femmes qui ont fait confiance à son discours de gouverner “pour les riches et les pauvres” mais qui, aujourd’hui, met en place une politique en faveur du patronat, en même temps qu’il continue la militarisation -provoquant une augmentation des féminicides depuis deux ans-, en se subordonnant à l’impérialisme et aux exigences de Trump. En Bolivie, le parti MAS d’Evo Morales a systématiquement négocié avec les putschistes qui contrôlent désormais l’Etat, en utilisant comme monnaie d’échange le sang versé pendant la résistance populaire, violente et spontanée au coup d’État, dans laquelle “les femmes pollera” ont joué un rôle primordial. Ce sont ces personnalités politiques qui, comme Bernie Sanders, jouent le rôle triste et tragique de redorer le blason de formations politiques sanguinaires comme le Parti Démocrate nord-américain, en promettant quelques rares reformes sociales avec des discours enflammés, pour finir par se retirer de la campagne et soutenir Joe Biden. Un candidat qui, même s’il essaye de le cacher, n’est rien d’autre qu’un vieux politicien de l’establishment. Face à la crise de Trump, et à l’émergence de manifestations antiracistes, le Parti Démocrate est amené à jouer un rôle historique, en rendant passifs les mouvement sociaux et en les intégrant au régime bourgeois impérialiste. Nous verrons bien s’ils arriveront à le faire avec le candidat qui, lors de la cérémonie en hommage à George Floyd, a affirmé qu’il fallait éduquer la police pour que “quand une personne désarmée vienne envers eux avec un couteau ou quoi que ce soit, ils tirent sur la jambe plutôt que sur le coeur”. Un candidat qui, en plus de ça, est visé par des accusations d’harcèlement et d’autres comportements clairement misogynes. En Grèce, Syriza avait également joué le même rôle, de manière calamiteuse, lorsqu’il est arrivé au gouvernement en tant que “promesse de la gauche” et qu’il a fini par appliquer les plans d’austérité brutaux, pendant la dernière grande crise de 2008, imposés par la troïka européenne.

Pendant que les représentants des partis conservateurs, de la droite et du populisme d’extrême droite, se disputent la première place dans le championnat de misogynes, de xénophobes, de racistes, d’homophobes, de lesbophobes et de transphobes, parmi les vieux et les nouveaux réformistes abondent les discours “politiquement corrects” qui, dans une grande mesure, manquent de politiques concrètes qui puissent les soutenir et qui puissent modifier substantiellement les vies de millions de femmes, lesbiennes et personnes trans, migrantes, racisées et précarisées. Dans beaucoup de pays, à l’aide de quelques mesures et de beaucoup de bavardages, ils ont réussi à assimiler et coopter une bonne partie des figures féministes et du mouvement de femmes. Pendant que des millions de travailleuses et de jeunes étudiantes se lançaient, ces dernières années, dans la lutte anti-patriarcale, certaines activistes des plus reconnues ont étés intégrés aux institutions du gouvernement ou se sont transformées en portes-paroles des partis réformistes, en candidates et promotrices de leurs campagnes électorales.
A l’inverse, nous luttons pour la plus large et profonde indépendance du mouvement des femmes, de toutes les variantes politiques du régime, qui, de diverses manières, représentent les intérêts des différents secteurs capitalistes, mais jamais les nôtres, ceux de la classe ouvrière. Nous luttons pour une sortie indépendante de la classe ouvrière à cette énorme crise. Pas en notre nom !

6. Nos vies valent plus que leurs profits !

Les capitalistes, les gouvernements et les partis politiques qui représentent leurs intérêts et la bureaucratie syndicale qui est leur agent dans le mouvement ouvrier, ont un programme de mesures pour nous faire payer la crise. Nous défendons pour notre part un programme opposé qui pose la nécessité de toucher aux intérêts capitalistes, pour que cette crise ne soient pas encore payée par les travailleurs.
Partout dans le monde, pour faire face à la pandémie, nous continuons à exiger la centralisation du système de santé, y compris les entreprises de la santé privées, avec comme perspective leur nationalisation sous contrôle ses travailleuses et travailleurs, pour pouvoir offrir des services de santé de qualité, avec un investissement et des salaires à la hauteur de l’enjeu.

La pandémie n’est pas une excuse pour finir ou réduire les programmes de santé sexuelle et reproductive, ni les services publics consacrés à l’avortement ni à aucun autre service d’attention aux femmes et aux personnes LGBTQI+. Elle ne l’est pas non plus pour continuer à condamner les femmes et personnes enceintes à des séquelles graves dans la santé ou même à la mort à cause d’avortements dangereux et clandestins, dans les pays où ce droit n’a pas encore été légalisé. C’est pour cela que nous continuons à lutter pour le droit à l’avortement, pour qu’il soit légal, sécurisé et gratuit, tel que le réclame le mouvement de femmes en Argentine, au Mexique, au Chili et dans d’autres pays du monde.
Nous encourageons l’organisation de tous ceux qui doivent continuer à travailler, pour exiger le contrôle sur les conditions de sécurité et d’hygiène. En même temps, nous bataillons contre les réductions de salaires et contre les licenciements, en exigeant leur interdiction. Nous portons une attention spéciale aux travailleuses précaires, qui n’ont pas de droit du travail, en exigeant des aides et des salaires de confinement, c’est-à-dire, un revenu qui permette de couvrir leurs besoins élémentaires.

Nous nous battons pour l’égalité salariale à travail égal. Le racisme et le machisme sont des mécanismes de domination qui renforcent la surexploitation, c’est pour cette raison que nous luttons pour éliminer l’écart salarial entre hommes et femmes, mais aussi à cause de discrimination raciale, ethnique ou xénophobe.

Nous luttons contre le racisme au cri de “Black Lives Matter !”. Nous exigeons justice pour Marielle Franco. Nous défendons les droits des femmes migrantes qui, face à la fermeture sans discernement des frontières, sont restées entassées dans des campements de travailleuses intérimaires agricoles, dans des conditions inhumaines, sans aucune attention sanitaire, ou qui ont été obligées de passer le confinement dans les maisons de leurs patrons, travaillant comme femmes de ménage et séparées de leurs familles. C’est pourquoi nous exigeons la fermeture des tous les centres de détention de migrants.

Contre la démagogie de la droite, nous bataillons pour que les organisations de la classe ouvrière exigent des aides de l’Etat, l’annulation des dettes et la mise en place de crédits bon prix pour les petits commerçants et les travailleurs indépendants qui ont cessé de recevoir des revenus pendant les périodes de confinement.

Nous luttons pour la mise en place d’impôts progressifs sur les grandes fortunes, parce que c’est obscène que 1% des plus riches du monde cumulent, à eux seuls, 82% de la richesse globale. Les propriétés exemptées de taxes de l’Eglise, ainsi que les énormes quantités de logements vides des grands groupes immobiliers qui spéculent avec les loyers et le tourisme, doivent être mis au service des nécessité du peuple travailleur, en commençant par les personnes sans abris, les familles qui habitent entassés et dans des conditions insalubres dans des taudis et d’autres constructions précaires, ainsi que les femmes et enfants victimes de violence et d’agressions sexistes.

Dans les pays dépendants, nous avançons l’annulation des dettes externes, parce que les banques et les capitalistes financiers ne peuvent pas continuer à noyer des pays et des régions entières, ni non plus à charger des Etats avec des dettes impayables. C’est pour cela aussi que nous proposons de lutter pour la nationalisation de la banque sous contrôle ouvrier de ses travailleuses et travailleurs, pour centraliser l’épargne nationale en fonction des nécessités populaires.

Le monopole étatique du commerce extérieur est aussi une nécessité dans tous les pays : dans les pays exportateurs de matières premières, il permettrait d’empêcher qu’une poignée de multinationales agroalimentaires, minières ou pêcheries, emportent l’ensemble des bénéfices.

Nous nous opposons au renforcement des appareils répressifs des États : ce ne sont pas les policiers ni les forces de sécurité, ni les forces armées qui ont assassiné à tour de bras George Floyd, et qui assassine quotidiennement les jeunes afro-descendants des quartiers populaires et les fils de familles pauvres du monder entier, ceux qui répriment nos manifestations et qui sont responsables de tortures, de rackets, de trafics de drogues ou de traite de femmes, ceux qui vont garantir le respect du confinement. Nous nous opposons également à l’espionnage et au contrôle policier et étatique, sous prétexte de contrôler le nombre de personnes contaminées. Nous défendons l’ auto-organisation la plus large pour exercer l’auto-contrôle et l’auto-discipline de la classe ouvrière face à la pandémie.
Dans les pays impérialistes, nous combattons le patriotisme réactionnaire qui oppose les peuples, ainsi que le racisme et toutes les forces de discrimination envers les personnes migrantes. L’anti-impérialisme est un drapeau indispensable dans ces pays-là, dont les principales entreprises monopolistiques et les États exercent la plus grande spoliation dans la majorité des nations opprimées. C’est pourquoi nous exigeons la fin des sanctions contre le Vénézuela, Cuba et l’Iran.

De même que les femmes nous nous mobilisons massivement partout dans le monde pour nos droits, chaque 8 mars dernier, nous faisons appel à l’internationalisme de la classe ouvrière, pour nous unir par delà leurs frontières contre nos ennemis des classe communs. Nous, avec nos voix enflammées de rage, nous faisons un appel aux travailleuses du monde entier à s’organiser et lutter pour ce programme, parce que nos vies valent plus que leurs profits !

7. Pour du pain et des roses

Les femmes de la classe ouvrière n’ont jamais accepté, passivement, les attaques contre leurs propres conditions de vies, ni ne sont restés immobiles en regardant leurs familles mourir de faim. Elles ne se sont pas tues lorsqu’on a écrasé leurs droits et leurs libertés, et n’ont jamais douté pour conquérir ce en quoi elles croyaient. C’est ce qu’il s’est passé avec les femmes du peuple pauvre de France en 1789, avec les ouvrières textiles russes en 1917 qui ont été le premier coup de pied du principal processus révolutionnaire qui a amené la classe ouvrière au pouvoir, ainsi que dans de nombreux autres exemples historiques de processus révolutionnaires déclenchés par l’étincelle des femmes.
De la même manière, les femmes de la classe ouvrière vont devoir faire face aux prochaines attaques qui se préparent face à la crise actuelle et qui, en plus, prépare le terrain pour le surgissement de nouvelles formes de penser. Les luttes d’aujourd’hui pour le pain et celles à venir vont-elles déclencher un nouveau processus ? Notre objectif est de renverser les capitalistes et d’abandonner l’éternelle résistance, pour conquérir la victoire. Comme le disait la révolutionnaire Rosa Luxembourg : “Nous voulons une nouvelle société et non pas seulement des modifications sans intérêt de l’ancienne société qui nous a asservi”.

Nous luttons pour une société dans laquelle la reproduction et la production se développent harmonieusement avec la nature ; une société libérée de toute forme d’exploitation et d’oppression dont souffre l’immense majorité. Mais nous sommes conscientes que cette société ne va pas émerger, spontanément, de la crise actuelle, même si la recomposition du système capitaliste est de plus en plus difficile et plus limitée que la récupération antérieure. Nous savons que même si les contradictions du capitalisme sont de plus en plus insolvables sous ses propres normes de fonctionnement, sa décadence n’implique pas l’avènement, immédiat et automatique, d’une insurrection globale triomphante.

Les travailleuses, féministes anticapitalistes et socialistes révolutionnaires, nous faisons le pari que, nous les femmes, soyons aussi en première ligne de la lutte politique et de la lutte de classes pour vaincre les capitalistes, leurs gouvernement et leur État. Nous sommes conscientes que, dans les combats d’aujourd’hui, en luttant pour imposer un programme qui pose une issue de la classe ouvrière et indépendante des capitalistes, à la crise que traverse aujourd’hui l’humanité, se joue notre préparation aux combats à venir. Nous sommes conscientes du fait que nous devons soulever une organisation politique révolutionnaire de la classe ouvrière si nous ne voulons pas être impuissantes et impuissants dans les prochains combats de lutte de classes auxquels nous conduisent les capitalistes qui nous ont déclaré une véritable guerre, et qui a été approfondie par la pandémie.

Allons-y ! Construisons une organisation politique révolutionnaire de la classe ouvrière qui ouvre la perspective pour mettre à bas le capitalisme et imposer un nouvel ordre socialiste, où abondent le pain mais aussi les roses.

19 Juin 2020

SIGNENT :

ALLEMAGNE Charlotte Ruga, infirmière obstétricienne à l’Hôpital “München Klinik”, Munich ; Lisa Sternberg, infirmière en soins intensifs à l’Hôpital “München Klinik”, Munich ; Lilly Schön, économiste, travailleuse à l’Université de Technologie et d’Économie, Berlin ; Tabea Winter, étudiante en Travail Social, Université Alice Salomon, Berlin // ARGENTINE Myriam Bregman, avocate, député du Frente de Izquierda, Buenos Aires ; Andrea Lopez, médecin généraliste à l’Hôpital José Ingenieros, membre de la Commission directive de Cicop, La Plata ; Natalia Aguilera, infirmière à l’Hôpital San Martin, La Plata ; Pamela Galina, médecin interne à l’Hôpital San Martin, déléguée Cicop, La Plata ; Natalia Paez, médecin interne à l’Hôpital San Martin, déléguée Cicop, La Plata ; Lucía Rotelle, psychologue à l’Hôpital José Ingenieros, déléguée ATE, La Plata ; Laura Cano, médecin interne à l’Hôpital José Ingenieros, déléguée Cicop, La Plata ; Julieta Katcoff, infirmière, déléguée ATE, Hôpital Castro Rendón, Neuquén ; Florencia Peralta, infirmière, déléguée ATE, Hôpital Castro Rendon, Neuquén ; Barbara Acevedo, infirmière à l’Hôpital Garrahan, Buenos Aires ; Carina Manrique, infirmière à l’Hôpital Garrahan, Buenos Aires ; Florencia Vargas, travailleuse à l’administration de l’Hôpital Garrahan, déléguée ATE, Buenos Aires ; Florencia Claramonte, travailleuse à l’administration de l’Hôpital Garrahan, déléguée ATE, Buenos Aires ; Laura Magnaghi, technicienne médicale, membre de la direction d’ATE Sur, Hôpital Alende, Lomas de Zamora ; Claudia Ferreyra, infirmière à l’Hôpital Rivadavia, Buenos Aires ; Melina Michniuk, psychologue ad honorem à l’Hôpital Piñero, Buenos Aires, Andrea D’Atri, fondatrice du collectif Pan y Rosas (Du Pain et Des Roses en espagnol), Buenos Aires // BOLIVIE Fabiola Quispe, avocate et membre de PRODHCRE (Profesionales Por Los Derechos Humanos y Contra la Represión Estatal, Travailleurs pur les droits humains et contre le répression étatique NdT), La Paz ; Gabriela Ruesgas, économiste et professeure d’université en Sociologie - UMSA, La Paz ; Daniela Castro, doctorante en Anthropologie - UMSA, La Paz ; Gabriela Alfred, Licenciée en Philosophie, chercheuse, Tarija ; Violeta Tamayo, politologue et chercheuse, La Paz // BRÉSIL Letícia Parks, militante de Quilombo Vermelho ; Fernanda Peluci, directrice du Syndicat des Machinistes de Sao Paolo, Carolina Cacau, professeure du Réseau Etatique de Rio de Janeiro ; Silvana Araújo, en première ligne de la grève des employées sous-traitées de l’Université de Sao Paolo ; Maire Machado, directrice d’Apeoesp (Syndicat des Professeurs de l’État de Sao Paolo) ; Flávia Telles, coordinatrice du Centre Académique des Sciences Humaines de l’Université Nationale de Campinas ; Flavia Valle, professeure du Réseau National de Minas Gerais ; Val Muller, étudiante à l’UFRGS et militante du collectif Juventude Faísca, Rio Grande do Sul ; Virgínia Guitzel, militante transsexuelle et étudiante à l’UFABC, Sao Paulo. // CHILI Natalia Sánchez, medicine du Comité deUrgence et de Sauvegarde, Antofagasta ; Silvana González, travailleuse du nettoyage à l’Hôpital d’Antofagasta et dirigeante du syndicat N°1 Siglo XXI, Antofagasta ; Carolina Toledo, infirmière et intégrante des Brigades de la Santé lors de la révolte du 18 de Octobre 2019, Santiago ; Carolina Rodriguez, Technicienne Paramédicale à l’Hôpital Sotero del Río ; Santiago ; Isabel Cobo, travailleuse industrielle et dirigeante du syndicat des laboratoires ; Santiago ; Joseffe Cáceres, travailleuse du nettoyage et dirigeante syndicale à l’Université Pédagogique, Santiago ; María Isabel Martínez, dirigeante de l’École des Professeurs Comunnale Lo Espejo, Santiago ; Patricia Romo, présidente de l’École des Professeurs Communale, Antofagasta ; Pamela Contreras Mendoza, assistante d’éducation et ex porte parole de la Coordination pour le 8 mars, Valparaíso ; Nataly Flores, travailleuse dans le commerce, directrice du syndicat d’Easy, Antofagasta ; Camila Delgado, dirigente syndicale dans le commerce, Temuco. // COSTA RICA Stephanie Macluf Vargas, étudiante à l’Université de Costa Rica ; Fernanda Quirós, présidente de l’Association d’Étudiants en Philosophie de l’Université de Costa Rica ; Paola Zeledón, travailleuse dans un call center, chargée du programme "Perspective de Gauche", La Izquierda Diario CR // ÉTAT ESPAGNOL Josefina L. Martínez, journaliste et historienne, Madrid ; Cynthia Burgueño, historienne et travailleuse dans l’Éducation, Barcelona ; Raquel Sanz, employée domestique, Madrid ; Àngels Vilaseca, travailleuse de Services Sociaux et Soins, Barcelona ; Soledad Pino, travailleuse dans un call center, Madrid ; Rita Benegas, employée domestique immigrée, Barcelona ; Neris Medina, travailleuse immigrée dans une chaîne de fast food, Madrid ; Lucía Nistal, chercheuse à l’UAM, Madrid ; Verónica Landa, journaliste d’Esquerra Diari, Barcelona. // ÉTATS UNIS Tre Kwon, infirmière à l’Hôpital Monte Sinaí, New York ; Julia Wallace, activiste de Black Lives Matter, membre du Local 721 du Syndicat des Travailleurs des Services Publics de Californie Sud ; Tatiana Cozzarelli, étudiante en doctorante en Education Urbaine à CUNY, New York ; Jimena Vergara, mexicaine immigrée, correspondante de Left Voice, New York. // FRANCE Laura Varlet, cheminote à la SNCF en Seine-Saint Denis, région parisienne ; Nadia Belhoum, machiniste à la RATP, Région Parisienne ; Marion Dujardin, enseignante d’arts plastiques en région parisienne ; Elise Lecoq, enseignante d’Historia en région parisienne ; Diane Perrey, enseignante à Toulouse // ITALIE Scilla Di Pietro, travailleuse dans la gastronomie ; Ilaria Canale, étudiante en infirmerie // MEXIQUE Sandra Romero, employée paramédicale en première ligne d’attention Covid-19 ; Úrsula Leduc, employée de laboratoire à l’IMSS et au Secrétariat de la Santé ; Lucy González, travailleuse précaire dans la santé ; Sulem Estrada Saldaña, enseignante d’éducation primaire ; Flora Aco González, Fonctionnaire réembauchée et défenseur des droits du travail ; Yara Villaseñor, travailleuse précaire dans le services ; Alejandra Sepúlveda, fonctionnaire réembauchée, défenseur des droits du travail ; Miriam Hernández, employée à l’administration STUNAM ; Claudia Martínez, médecin apprenti dans la santé // PEROU Zelma Guarino, étudiante en agronomie ; Cecilia Quiroz, dirigeante de Pan y Rosas ; Melisa Ascuña, enseignante ; Fiorela Luyo, étudiante // URUGUAY Karina Rojas, Travailleuse Sociale ; Virginia Amapola, étudiante et employée de l’Education, Fernanda Parla, travailleuse // VENEZUELA Suhey Ochoa, étudiante à l’Université Centrale de Venezuela

*** En plus des signatures de toutes les travailleuses, étudiantes, femmes au foyer et activistes faisant partie de Brot und Rosen, Allemagne ; Pan y Rosas, Argentine ; Pan y Rosas, Bolivia ; Pão et Rosas, Brésil ; Pan y Rosas “Teresa Flores”, Chili ; Pan y Rosas, Costa Rica ; Pan y Rosas, État Espagnol ; Bread & Roses, États-Unis ; Du Pain et des Roses, France ; Il Pane et le Rose, Italie ; Pan y Rosas, Mexique ; Pan y Rosas, Peru ; Pan y Rosas, Uruguay ; Pan y Rosas, Vénézuela.

 
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