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La Izquierda Diario
29 de juin de 2020 Twitter Faceboock

Malgré Perpignan, le RN voit son nombre de conseillers municipaux s’effondrer
Philomène Rozan

Le RN a perdu près de la moitié de ses élus depuis les précédentes élections municipales. Un coup d’arrêt pour le parti malgré leur victoire importante à Perpignan. Le pari visant à s’ancrer dans de nouveaux territoires est perdu. Loin d’une victoire, c’est bien d’un revers dont il s’agit.

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Ce dimanche le Rassemblement National a crié à la réussite de ces municipales, Marine Le Pen assurant qu’il s’agit d’une « vraie victoire » pour leur parti. Mais ces déclarations joyeuses ne vont pas suffire à transformer une réalité qui a plutôt une allure de défaite.

Une volonté initiale d’ancrage sur le territoire...

Le projet affiché aux débuts de ces municipales était de poursuivre la dynamique de 2014 avec la prise de 10 mairies, en s’ancrant dans le territoire. Depuis le tournant de la dédiabolisation entamé notamment par Marine Le Pen, la dynamique du RN était à s’ancrer localement tout en démontrant sa capacité à gérer le budget de collectivités locale. Une stratégie gagnante qui a permis une croissance évolutive du maillage territorial. Ainsi s’appuyant sur sa victoire à Perpignan, Marine Le Pen a déclaré « Ce n’est pas seulement une victoire symbolique, c’est un vrai déclic, parce que nous allons aussi pouvoir démontrer que nous sommes capables de gérer de grandes collectivités  ». Une manière de marquer une progression dans cette stratégie d’ancrage territorial et de « bon gestionnaire ».

… qui n’a pas abouti

Les résultats ce dimanche à l’issue des municipales sonnent comme un coup d’arrêt pour le RN. En effet sur un fond d’abstention historique, et alors qu’en « 2014, il cumulait 1438 sièges dans 463 villes, il ne peut plus se prévaloir que de 840 sièges répartis dans 258 agglomérations. » indique BFM . Une perte de près de la moitié de leurs élus et de quasiment autant des villes dans lesquelles ils étaient présents jusqu’à lors, qui marque un recul net à l’échelle nationale. Cette régression de leur implantation géographique s’accompagne de la perte de trois mairies importantes : celle de leur unique ville en région parisienne : Mantes-la-Ville, celui perdu de peu du 7ème secteur de Marseille et enfin celle de Le Luc dans le PACA.

Un paysage amer pour eux qui est nuancé par la conservation dès le premier tour de huit des dix villes remportées en 2014 et de leur victoire dans trois nouveaux lieux à Moissac, Bruay-la-Buissière et Perpignan. Au début de la campagne un cadre du RN indiquait au sujet de cette dernière « Si les marcheurs gagnent Paris, et nous, Perpignan, on aura chacun la sensation d’avoir gagné ces municipales ». Après une éviction au deuxième tour des municipales en 2014, Alliot a réussi cette fois-ci à s’imposer. Si cette victoire importante s’est obtenue suite à une campagne menée sans étiquette. l’obtention de la mairie catalane par Louis Alliot ne doit pas être minimisée tant elle projette le RN à la tête d’une ville de plus de 100 000 habitants.

Cette victoire Alliot l’a réalisée sur une campagne réactionnaire jouant sur le tout sécuritaire et mettant en avant dès les premières lignes de son programme, comme axes essentiels « L’ORDRE RÉPUBLICAIN, LA SÉCURITÉ ET LA PROPRETÉ ». On trouve un peu plus loin son envie de « développer une politique sécuritaire répressive pour lutter contre tous les trafics dans les quartiers » : une volonté nette de s’appuyer sur la pauvreté des habitants et un taux de chômage qui s’élève à 23 %, pour y répondre par toujours plus de répression : en mettant en avant une augmentation des effectifs de police et des moyens de surveillance, sur fond de musique xénophobe. Une situation qui n’est pas propre à Perpignan, « [ A Moissac, ville de 12 000 habitants, les raisons de la victoire du RN sont "très bien cernées", estime Jean-Yves Camus, qui mentionne la pauvreté, l’insécurité et la question "des travailleurs saisonniers qui, visiblement, a beaucoup compté dans le vote des habitants". » souligne France Info. Cette rhétorique xénophobe Alliot l’a développée à souhait mettant en avant « L’exemple de Béziers nous montre qu’il est possible de replacer une ville au passé glorieux sur la carte de France. Ce qu’a fait mon ami Robert Ménard à Beziers, nous le ferons à Perpignan !  ». Ménard, réélu à la tête de Bézier, et soutenu par le RN, spécialiste des affiches xénophobes, sexistes et racistes, prônant l’interdiction de la chicha est donc le modèle d’Alliot.

Cette perte d’élus peut sonner également comme une sanction pour ceux qui voient leur image de parti anti-système se fissurer à mesure qu’ils votent et soutiennent -dans les municipalités où ils sont présents, les cures austéritaires qui touchent les villes, les budgets réduits et les attaques contre les populations les plus précaires.

Si l’élection municipales n’est pas forcément le terrain de prédilection du RN, le fait que la dynamique de progression du RN s’inverse pour la première fois est un indicateur à prendre en compte. Cela d’autant plus que le parti de Marine Le Pen a signé une stagnation aux législatives de 2017 par rapport à celles de 2012 et qu’aux dernières européennes de 2019, bien qu’arrivant avec une courte tête devant LREM, le RN a en définitive perdu deux points par rapport à celles de 2014. S’il est encore difficile de tirer des conclusions à l’échelle de la politique nationale, cette inversion de la dynamique pourrait être un mauvais indice pour le parti de Marine Le Pen. 

 
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