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2 de juillet de 2020 Twitter Faceboock

La nécessité d’un plan de bataille commun !
Airbus : 3500 suppressions de postes à Toulouse, 1071 en Loire Atlantique, vers une casse sociale d’ampleur
Sofia Malone

Ce jeudi, la direction d’Airbus a détaillé les contours de son vaste plan de licenciement. Ainsi, 1071 postes vont être supprimés en Loire-Atlantique et plus de 3.500 postes à Toulouse. Face à cette énorme casse sociale, la nécessité d’un plan de bataille offensif , coordonnant et unifiant tous les travailleurs de l’aéronautique et au delà est plus que jamais criante. Pour que ce ne soit pas à nous de payer la crise : 0 licenciement et 0 baisse de salaire !

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Crédit Photo : Daniel Faget / Aerobuzz.fr

Un plan social criminel

Après avoir préparé pendant plusieurs semaines les esprits de ses salariés, la direction d’Airbus a annoncé ce mardi, la suppression de 15 000 emplois, dont 5000 en France. Le comité du groupe France se tenait ce jeudi matin pour dévoiler les contours du plan de licenciement. Selon cet article plus de 3500 postes vont être supprimés à Toulouse : 2.398 à la production (soit 17% des effectifs), 980 au siège de l’avionneur (soit 11% des effectifs) et 187 chez ATR, premier constructeur d’avions régionaux qui appartient pour moitié à Airbus.

Concernant le reste des suppressions d’emplois, nombre d’entre eux sont localisés en Loire-Atlantique : 484 postes vont être supprimés à Nantes, 386 à Saint-Nazaire, 201 à Stélia Saint-Nazaire, soit un total de 1071 postes en Loire-Atlantique. Une attaque énorme qui n’épargne personne, ni même les cadres :« D’après les chiffres qu’on a vus, les suppressions de postes c’est deux tiers de cols blancs et un tiers de cols bleus. Tout le monde est impacté (...) c’est du jamais vu », a en effet affirmé à l’AFP Florent Veletchy, délégué syndical CFTC à Airbus.

Une énorme attaque qui exprime d’une part la profondeur de la crise économique dans l’aéronautique, qui est structurelle et dont les effets sociaux et économiques vont être très violents pour l’ensemble des travailleurs de ce secteur, entre autres de la sous-traitance du fait de l’organisation de la chaîne de production dans l’aéronautique.. De plus, ces plans sociaux auront, indirectement mais tout aussi violemment, des effets sur des travailleurs d’autres secteurs, dépendants de l’activité aéronautique. Entre autres, des secteurs comme la maintenance, la logistique, les commerces.

Ces dernières semaines, avant l’annonce du plan de licenciement à Airbus, des commerces, notamment alimentaires, ont déjà été touchés par les premiers effets de la crise (des salariés en chômage partiel, d’autres qui commencent à faire des économies) et ont dû fermer. Ces situations risquent de se généraliser si nous ne nous organisons pas pour imposer une autre solution à la crise que celle du patronat et du gouvernement : nous utiliser comme variables d’ajustement, à coup de licenciements et attaques sur les salaires et conditions de travail, pour que leurs profits soient le moins impactés par la crise et que ce soient nous en payons les frais.

La détermination du gouvernement et du patronat à nous faire payer la crise

En effet, ce qu’exprime également ce vaste et criminel plan social, c’est la détermination du patronat, main dans la main avec le gouvernement, à nous faire payer la crise, dont ils sont eux mêmes responsables. Depuis le début de la crise, le gouvernement n’a rien fait d’autre que d’accompagner le patronat. Tout d’abord, c’est ce gouvernement qui, à travers les ordonnances Macron, a facilité le recours aux licenciements et a instauré le dispositif d’accord de performance collective (APC), utilisé actuellement par le patronat pour attaquer les acquis et baisser les salaires des travailleurs.

C’est ensuite ce même gouvernement qui verse des milliards d’euros aux actionnaires et aux patrons à travers ce qu’il appelle des plans de relance (15 milliards pour l’aéronautique) qui vont accompagner les plans sociaux mis en place par le patronat. De plus, le détail du plan de licenciement annoncé ce jeudi par la direction du groupe dévoile concrètement l’hypocrisie et le mensonge de Jean-Baptiste Djebarri (que nous dénoncions déjà) quand ce dernier prétendait que l’État allait « sauver » 2000 emplois à Airbus.

0 licenciement, 0 baisse de salaire, la nécessité d’un plan de bataille commun et coordonné

Face à ces premières attaques, qui donnent un avant goût amer des effets désastreux, d’un point de vue social et économique, que va engendrer la crise économique, il devient urgent de construire un plan de bataille commun et offensif. Un plan de bataille qui permette de faire reculer le gouvernement et le patronat et d’apporter une autre réponse que la leur.

Pour cela, il est tout d’abord nécessaire de refuser toute logique de concession. Afin de justifier les APC, ou les PSE, le patronat joue la carte des entreprises en difficultés et impactées par la crise. Seulement, Airbus, et plus généralement le secteur de l’aéronautique, ont fait ces dernières années des milliards de bénéfices, versé des milliards de dividendes, et viennent de recevoir 15 milliards d’euros d’aides du gouvernement.

Les menaces de faillites ou de grandes difficultés économiques sont fallacieux. Quand les patrons demandent des « efforts partagés » aux salariés au nom de ces pseudo difficultés, ces efforts ne vont toujours que dans un sens, quand les patrons eux préservent au maximum leurs profits. Ce alors que ce sont eux qui sont responsables de la crise actuelle, non les salariés ni leurs familles. Ainsi, face aux chantages à l’emploi des patrons, aux attaques sur les salaires à travers les APC, aux plan sociaux déguisés par des pseudo « départs volontaires », il est primordial que l’ensemble des travailleurs de la filière, et au delà, se battent et s’organisent pour 0 licenciement et 0 baisse de salaire.

Les travailleurs de Derichebourg ont montré l’exemple (bien que l’Accord de Performance Collective soit quand même passé) en menant une bataille exemplaire contre l’APC et le chantage à l’emploi de leur direction, faisant leur le mot d’ordre suivant « On ne négocie pas le poids des chaînes ». Menant une bataille également contre FO, syndicat majoritaire dans la boîte, qui a quant à lui signé l’APC.

Si la position de Force Ouvrière, syndicat majoritaire dans l’aéronautique, a été dans plusieurs boites, comme à DSI ou Derichebourg, de signer les APC, accompagnant la direction dans ses attaques pro-patronales, à Airbus ces derniers semblent pour l’instant s’opposer au plan de licenciement qui vient d’être dévoilé. Si ces derniers n’excluent pas la mobilisation, ils semblent d’une part attendre beaucoup des négociations, ce qui est illusoire et fait perdre du temps pour imposer un réel rapport de force ; et oscillent d’autre part entre deux positions différentes.

En effet, dans un tract publié après les annonces de mardi, ces derniers affirment qu’ils veulent « défendre les emplois d’aujourd’hui et de demain ». Mais, quelques lignes plus loin, ils laissent entendre qu’ils vont seulement s’opposer aux « départs contraints ». Ainsi, ils acceptent par là ce que le gouvernement appelle les « départs volontaires » (une forme de pression s’exerce toujours) et le non remplacement des départs à la retraite. C’est par ailleurs la position qu’a adopté suite aux annonces de ce jeudi Jean-François Knepper, délégué syndical de Force Ouvrière, ainsi que par un délégué syndical CFTC, Christophe Thomas : « À nous, organisations syndicales, d’œuvrer pour diminuer le chiffre annoncé et aller avec zéro licenciement secs. »

Ces positions représentent une forte concession et une compromission face au plan de la direction d’Airbus. A l’inverse, il est nécessaire que l’ensemble des organisations syndicales se mettent au service d’un plan de bataille d’indépendance de classe qui s’oppose à tout licenciement, même déguisés sous des départs volontaires. D’autant plus que c’est si l’on accepte cela, on accepte de faire payer à la jeunesse les frais de cette politique, puisque moins de postes seront à pourvoir, augmentant ainsi le tau de chômage. Ainsi, il faut construire dés maintenant cette riposte, en toute indépendance et à travers nos méthodes, les Assemblées Générales, la grève, la lutte, et non celles du patronat et du gouvernement, à savoir la négociation et le dialogue social.

L’unité et la coordination entre les travailleurs de l’aéronautique d’une part, et les travailleurs des différents secteurs d’autres parts, seront centrales pour pouvoir construire un rapport de force et un plan de bataille à la hauteur. En ce sens, il est important d’aller vers la coordination de nos luttes, pour ne plus penser des plan de batailles seulement usines par usines, ni syndicats par syndicats. L’auto organisation, en Assemblées Générales de travailleurs syndiqués et non syndiqués, ainsi que l’unité des syndicats, qui doivent mettre leur outil au service de la lutte et des intérêts des travailleurs, comme l’a fait l’Unsa à Derichebourg sont plus que nécessaires. Afin d’aller vers cette nécessaire coordination et riposte, un premier rassemblement, appelé par la CGT, mais qui devrait être milité avec l’ensemble des autres forces syndicales de l’aéronautique, se tiendra le 9 juillet à Toulouse. Celle-ci sera également reproduite dans d’autres départements en ciblant à chaque fois un endroit attaché à l’aéronautique.

 
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