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La Izquierda Diario
2 de juillet de 2020 Twitter Faceboock

L’offensive de Pékin
Nouvelle loi liberticide : la Chine cherche à mater définitivement l’opposition hongkongaise
Inès Rossi

Avec une nouvelle loi, adoptée mardi, le régime cherche à s’attaquer frontalement à l’indépendance relative de la cité-État. Les manifestants hongkongais risquent désormais la prison à vie, et les premières arrestations ont déjà eu lieu.

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Crédit photo : DALE DE LA REY / AFP

En mai, l’Assemblée Nationale Populaire de Chine avait voté, lors de sa rencontre annuelle, une nouvelle loi de sécurité nationale à Hong Kong. Censée punir les actes de « sécession », de « subversion », de « terrorisme » et de « collusion » avec des puissances étrangères, cette nouvelle loi est entrée en vigueur mardi, peu avant minuit. Les contrevenants encourent des peines allant jusqu’à la perpétuité. La législation implique dans les faits une accentuation du contrôle de Pékin sur la cité-État qui jouit, depuis sa rétrocession à la Chine il y a 23 ans, d’une semi-autonomie.

En effet, Hong Kong, ex-colonie britannique, a été rétrocédée à la Chine en 1997, sous les conditions politiques de la formule de Deng Xiaoping dite du « un pays, deux systèmes ». Même si, du point de vue économique, la Chine et Hong Kong sont aujourd’hui davantage semblables qu’elles ne l’étaient en 1997, cette dernière conserve certaines libertés démocratiques qui justifient son statut semi-autonome.

Cette exception hongkongaise prend fin aujourd’hui, la nouvelle loi permettant au régime chinois d’imposer un contrôle répressif plus fort sur Hong Kong. La cité-État est traversée depuis des mois par des mouvements pro-démocratie, fortement réprimés par Pékin, et la nouvelle loi marque un tournant dans ce processus. En ce sens, « l’interdiction d’insulter l’hymne national » devient un instrument supplémentaire dans cette tentative de Pékin de mettre de fait fin au mouvement de contestation qui s’y développe depuis un an, en limitant certains droits comme la liberté de réunion, l’accès illimité à Internet, la liberté de presse, entre autres.

Moins de 24h après la promulgation de la loi, les premières arrestations ont eu lieu. La police de Hong Kong annonce, sur Twitter, qu’un homme a été arrêté en possession d’un drapeau indépendantiste, en violation de la loi sur la sécurité nationale : « Un homme a été arrêté pour avoir tenu un drapeau pour l’indépendance de Hongkong à Causeway Bay, en violation de la loi sur la sécurité nationale. C’est la première arrestation depuis que la loi est en vigueur. »

La police avertit les manifestants avec un drapeau glaçant : “Vous arborez des drapeaux / scandez des slogans / commettez un acte dans un but de sécession ou de subversion, ce qui peut être un crime selon la loi sur la sécurité nationale. Vous risquez d’être arrêtés et êtes passibles de poursuites

Avec la crise du coronavirus et la guerre commerciale avec les États-Unis, la Chine est sous pression sur le plan économique. À mesure que les tensions s’accentuent, Pékin met l’accent sur un discours nationaliste agressif, pour consolider son contrôle politique et social et écraser toute potentielle contestation. Alors que les velléités d’indépendance à Taïwan constituent un problème d’ordre politique pour Pékin, Hong Kong représente quant à elle un enjeu stratégique puisque nombre d’opérations économiques et financières majeures y ont lieu. Dominer Hong Kong devient donc, pour le pouvoir central, une exigence de plus en plus cruciale dans un contexte de crise économique et de tensions commerciales accrues.

Dans le cadre de la guerre commerciale sino-américaine, Hong Kong fait également office de symbole fort. Les États-Unis ont annoncé des restrictions de visas pour les responsables chinois accusés d’agir contre l’autonomie de Hong Kong. Du côté du Royaume-Uni, allié historique de l’impérialisme américain et dont Hong Kong est une ancienne colonie, Boris Johnson a annoncé son intention de faciliter la naturalisation des résidents hongkongais souhaitant s’installer en Angleterre.

Mais cette défense du camp pro-démocratie est hypocrite. Si les États-Unis étaient si épris d’idéaux démocratiques, ils ne réprimeraient pas dans le sang les manifestations Black Lives Matter sur leur propre territoire, et ils ne s’allieraient pas avec les pétro-monarchies réactionnaires du Golfe. Hong Kong n’est qu’un prétexte à l’expression d’une concurrence stratégique sur plusieurs plans liés entre eux : économique, commercial, militaire, technologique, etc.

Les régimes impérialistes et capitalistes ne sont pas les alliés des opposants hongkongais ; au contraire, ils profitent de leur oppression. Au niveau international, ce sont les entreprises multinationales et les investisseurs occidentaux qui ont largement tiré bénéfice du régime répressif chinois. C’est cette répression sur la population et surtout sur la classe ouvrière qui a permis de maintenir un contrôle féroce sur les travailleurs, les empêchant de lutter pour leurs droits, de se syndiquer, de combattre l’exploitation capitaliste, entre autres. La politique de Pékin, loin d’être pro-ouvrière, engrange des profits pour les multinationales de toutes les puissances impérialistes. Les seuls alliés des manifestants hongkongais face à l’oppression du régime chinois doivent être les travailleurs et les classes populaires de la Chine continentale.

 
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