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La Izquierda Diario
8 de juillet de 2020 Twitter Faceboock

La nécessité d’un plan d’action unitaire
Toulouse. Après le 8, soyons nombreux le 9 juillet pour manifester contre la casse sociale dans l’aéronautique !
Gabriella Manouchki
Sofia Malone

Ce mercredi 8 juillet 5000 salariés d’Airbus se sont rassemblés devant le siège à l’appel de FO. Demain une journée de mobilisation est à nouveau appelée, cette fois-ci par la CGT, à 12h à Blagnac. Un rendez-vous auquel nous devons nous rendre nombreux ! Cependant, un plan d’action unitaire des syndicats pour imposer 0 licenciement et 0 baisse de salaire devient de plus en plus urgent.

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Les attaques dans l’aéro comme premier symptôme d’une crise d’ampleur

Le secteur de l’aéronautique, dont l’activité est concentrée dans la région toulousaine, est parmi les premiers à subir les effets dévastateurs de la crise économique qui a fait suite à la pandémie. En effet, afin de ne pas perdre de marge de profit, les grands patrons de l’industrie aéro n’ont pas hésité à forcer la reprise du travail en pleine crise du Covid au détriment de la santé des salariés, puis à leur imposer des plans de licenciements et/ou des baisses de salaires en guise de « remerciement ».

Avant même la fin du confinement, les premières attaques d’ampleur sont tombées chez les sous-traitants, comme chez Daher et chez Derichebourg. Aujourd’hui, les plans de licenciements et les accords visant à baisser les salaires sans garantie de maintien de l’emploi se généralisent, non seulement chez les sous-traitants (Safran, DSI, Expléo, Mécachrome, Blanc Aero) mais aussi chez le donneur d’ordre, Airbus, avec un plan de 15 000 suppressions de postes dont 3 500 à Toulouse.

Alors qu’ils enregistraient 40 milliards d’euros de profits en 2017 et bénéficient aujourd’hui, de la part du gouvernement, d’un « plan de relance » de 15 milliards d’euros d’argent public censé permettre le maintien des emplois, les patrons de l’aéronautique font tout pour faire payer la crise aux travailleurs, de manière à maintenir leurs profits. Forts de nouveaux instruments légaux, tels que l’Accord de Performance Collective (APC) issu des ordonnances Macron et le nouveau dispositif ARME permettant la mise au chômage partiel prolongé, ils organisent la précarisation de milliers de salariés pour les pousser à la porte dans un moment où retrouver du travail s’annonce de plus en plus difficile, dans le secteur de l’aéronautique et plus largement.

0 licenciements, 0 baisse de salaire et coordination : préparer le rapport de force pour faire face aux attaques patronales

La profondeur de la crise économique globale impactant de plein fouet la filière aéronautique donne la mesure de la casse sociale nécessaire au patronat pour garder ses marges de profit. Dans ce contexte, c’est bien l’ensemble de la filière qui est menacée par la crise sans qu’un rebond ne puisse être garanti dans les années à venir. Les prévisions les plus optimistes parient sur une reprise de l’activité à des niveaux pré-crise pour l’année 2025. Les perspectives pour les prochaines années sont encore plus sombres si on regarde l’ensemble de l’économie de la région.

En comptant les emplois directs, indirects et induits, la filière aéronautique représente jusque 500 000 emplois rien que dans le département de la Haute-Garonne, selon certains analystes. Les attaques dans l’aéro ne vont donc pas seulement affecter durablement les travailleurs de ce secteur, mais aussi l’économie de toute la région, et cela dans le cadre d’une crise mondiale dont l’ampleur est déjà comparée à celle de 1929.

Face à ces attaques, comme le soulignait Gaetan Gracia, ouvrier et militant CGT aux Ateliers de Haute-Garonne et au NPA-Révolution Permanente, lors du rassemblement devant la bourse du travail jeudi dernier : « On doit se battre pour 0 licenciement, 0 baisse de salaires et pour la coordination des luttes dans l’aéro. […] On ne doit pas se défendre usine par usine, sinon on est morts. »

Dans ce contexte, la lutte des travailleurs de Derichebourg est un exemple à suivre, en s’opposant par la grève à l’APC et en s’organisant en collectif rassemblant travailleurs syndiqués et non-syndiqués. La volonté des Derichebourg de faire le lien avec l’ensemble de leurs collègues de l’aéronautique, pour éviter l’isolement et repousser les attaques dans l’unité, est également un point d’appui pour la suite.

Pour l’heure, la division syndicale face aux attaques est un véritable frein. Plus encore, la politique de collaboration de classe de certaines directions syndicales, comme ce fut le cas à Derichebourg, est bien sûr à combattre sans concession. Pour ce faire, il s’agit non seulement d’œuvrer à la convergence, l’unité syndicale mais également à l’élaboration collective d’un programme de lutte pour lequel « il vaille le coup de se battre ».

Cette semaine, deux journées de mobilisations ont été appelées. La première se tenait ce mercredi 8 juillet à l’initiative de FO Airbus et a réuni plus de 5000 salariés. Une démonstration de force qui témoigne de la colère des salariés face à l’attaque sans précédent de la direction, qui entend supprimer 15 000 emplois, 5000 en France. Cependant, alors que la présence massive des salariés témoigne de la colère latente et d’une volonté de se battre contre l’attaque de la direction, le plan proposé par Force Ouvrière est aujourd’hui insuffisant.

En effet, ces derniers ont organisé ce rassemblement afin d’effectuer une démonstration de force dans le but de faire pression et de négocier avec la direction. Le mot d’ordre de FO pour cette journée était « zéro licenciement contraint », laissant la porte ouverte à la suppression d’’emplois par les non-remplacement des départs à la retraite ou des départs volontaire et à toutes sortes d’attaques au salaire. Seulement ceci est insuffisant et représente une concession faite au patronat. Nous n’avons pas à payer les frais d’une crise dont nous ne sommes pas responsables, en acceptant des licenciements, attaques sur nos salaires ou suppressions d’emplois, qui impacteront la jeunesse et ses possibilités futures de trouver un emploi, à l’heure où le chômage connaît déjà une envolée.

Aujourd’hui, les salariés d’Airbus ont montré par leur présence massive qu’ils étaient prêts à s’opposer et à se mobiliser contre le plan de leur direction. Cette force matérielle doit donc être utilisée afin d’aller vers un plan de bataille offensif, qui fasse aucune concession au patronat et qui refuse toute attaque contre les salariés.

Demain, ce jeudi 9 juillet à 12H au rond-point Dewoitine à Blagnac (T2 - arrêt Nadot), une mobilisation des salariés de l’aéronautique et de leurs soutiens a quant à elle été appelée par la CGT Airbus. Des débrayages sont prévus à Airbus à 14H30 et à 16H30 pour permettre aux salariés de se mobiliser. Une journée de mobilisation qui tend donc à rassembler des salariés d’Airbus mais aussi des sous-traitants, qui seront eux aussi fortement impactés par la crise.

Cette unité entre les différents sites, qu’ils soient donneurs d’ordres ou sous-traitants, est en effet primordiale à construire afin d’imposer une réponse de classe à la crise, contraire à celle du patronat qui utilise les salariés, à coups de baisse de salaires et de licenciements, comme variable d’ajustement pour maintenir leurs profits. De fait, refuser de « négocier le poids des chaînes », en se battant contre tous les licenciements et attaques contre les acquis des travailleurs est fondamental pour construire une dynamique de mobilisation, par le biais d’assemblées générales de travailleurs décidant démocratiquement de toutes les modalités de lutte.

Pour cela, il est nécessaire que les organisations syndicales élaborent un plan d’action unitaire qui permette l’unification de l’ensemble des salariés de l’aéro et l’émergence d’un rapport de force à la hauteur de faire reculer le patronat et d’imposer que ce ne soient pas aux travailleurs de payer la crise, en premier lieu imposer 0 baisse de salaire et 0 licenciement. Ainsi, si ces deux rassemblements représentent des points d’appui dans la période, ces derniers doivent permettre de construire les premiers jalons de la contestation, coordonnée et unitaire, contre la politique du patronat de l’aéronautique.

 
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