http://www.revolutionpermanente.fr/ / Voir en ligne
La Izquierda Diario
13 de juillet de 2020 Twitter Faceboock

Meeting international simultané : Brésil
Leticia Parks : « La lutte des Noirs doit être une lutte contre l’exploitation capitaliste »
Comité de Rédaction

Nous relayons ici l’intervention de Leticia Parks, membre du comité rédaction de La Esquerda Diario, militante du Mouvement Révolutionnaire de Travailleurs et du collectif de noir(e )s Quilombo Vermelho, lors du meeting international simultané contre le racisme et les violences policières.

Link: http://www.revolutionpermanente.fr/Leticia-Parks-La-lutte-des-Noirs-doit-etre-une-lutte-contre-l-exploitation-capitaliste

Les plus grandes manifestations de masse de l’histoire des États-Unis contre le racisme impérialiste ont eu un impact et une influence sur le Brésil avec d’importantes manifestations contre le gouvernement réactionnaire de Bolsonaro, de Mourão et des militaires.

Elles sont également à la situation tragique de la pandémie qui fait déjà de notre pays le champion des morts et des contaminés, avec une immense majorité de Noirs. Nous avons été des milliers à descendre dans les rues, aux côtés notamment des supporters de football, lors des manifestations anti-facistes et anti-racistes.

Nous avons crié ensemble pour João Pedro et tant d’autres assassinés par la police : les vies des Noirs comptent !

Quand j’ai vu la vidéo de cette fille noire aux États-Unis qui criait "pas de justice, pas de paix !", j’ai pensé à la situation de toutes les mères au Brésil qui perdent leurs enfants sous les balles de la police, du travail précaire, du Coronavirus, ou même de l’exploitation capitaliste brutale, à tous ceux à qui on a volé, depuis qu’ils sont enfants, le droit de vivre et de décider de leur avenir, comme le petit Miguel. Pendant que sa mère, employée domestique, promenait le chien de sa patronne, ce petit garçon de 5ans a été abandonné par cette même patronne tout seul dans l’ascenseur, et a fini par tomber du bâtiment. Un véritable symbole de l’héritage de l’esclavage dans la vie des femmes noires et de la douleur qu’elles vivent chaque jour au Brésil.

Ces tragédies capitalistes ont lieu sous le gouvernement de Bolsonaro, un président qui n’a fait que nier les dangers de la pandémie, et qui est lui-même contaminé aujourd’hui. Un gouvernement qui est l’expression la plus fasciste du régime politique hérité du coup d’état institutionnel de 2016. Un coup d’État orchestré par le système judiciaire aristocratique et raciste qui a organisé des opérations politiques pour changer de gouvernement contre la volonté populaire, comme on l’a vu avec l’arrestation arbitraire de Lula. Un autoritarisme judiciaire raciste qui emprisonne massivement les noirs et qui s’était déjà renforcé pendant les gouvernements du PT.

Aujourd’hui, nous subissons un régime politique avec l’ultra-néolibéral Paulo Guedes qui privatise et mène des réformes contre les travailleurs qui précarisent la vie des Noirs, un parlement rempli de partis qui vendent leurs votes contre des avantages, des policiers racistes qui organisent des milices pour assassiner les jeunes Noirs, qui criminalisent la pauvreté sous prétexte de la "guerre contre la drogue".

C’est pour cela que nous continuons à exiger de toutes nos forces une enquête indépendante pour que justice soit rendue à Marielle Franco, conseillère du PSOL noire et lesbienne qui a été brutalement assassinée. Et nous ne pouvons que dénoncer ce régime sous la protection des forces armées qui restent impunies pour leurs crimes pendant la Dictature, avec Mourão à la vice-présidence.

Pour toutes ces raisons, nous nous battons pour renverser Bolsonaro et Mourão, mais aussi tout ce régime pourri, car nous savons que les procédés institutionnels comme la destitution ne nous servent à rien.

C’est pourquoi nous nous battons pour une Assemblée constituante libre et souveraine qui ne remplace pas seulement les joueurs mais aussi les règles du jeu, en ouvrant la voie à une véritable souveraineté populaire qui puisse décider des grands problèmes des masses travailleuses.

Dans ce processus, nous revendiquons l’auto-organisation des travailleurs pour lutter pour un gouvernement des travailleurs en rupture avec le capitalisme, ce système misérable qui utilise le racisme et le patriarcat pour engendrer encore plus de précarité, de violence et de misère pour les femmes et les noirs. La lutte des Noirs doit être une lutte contre l’exploitation capitaliste.

Mais il faut dire aussi que si la lutte aux États-Unis a eu un impact sur les jeunes et les travailleurs d’ici, les syndicats et en particulier le PT par son poids dans les syndicats comme la CUT ont agi pour diviser les luttes et appeler les travailleurs à rester chez eux sous prétexte de la pandémie, en actant une trêve avec le gouvernement de Bolsonaro, au moment-même où les livreurs de tout le pays se sont mobilisés, avec la grève de milliers de jeunes de Rappi, Ifood, UberEats, une majorité de noirs.

Cet attentisme électoral et le boycott des luttes dans les syndicats ne sont qu’une expression supplémentaire de la politique d’un parti comme le PT qui a fait place à la droite dans ses gouvernements, en engageant des plans d’austérité, en faisant des alliances avec l’agrobusiness et l’Eglise évangéliste.

On a vu aussi une augmentation exponentielle de la sous-traitance qui est passée de 4 à 12 millions d’emplois au cours des gouvernements du PT, et le massacre du peuple d’Haïti avec les troupes de l’ONU dirigées par le Brésil.

C’est pourquoi le réformisme et toutes ses variantes sont incapables de mettre fin à l’oppression des noirs et des femmes parce que ce qu’ils veulent c’est administrer le capitalisme. Les fronts larges qui commencent à se dessiner, allant jusqu’à rassembler des secteurs du PSOL avec des putschistes et des patrons, donnent un avant-goût de la défaite qui s’annonce.

L’unité dont nous avons besoin, c’est celle de la classe ouvrière, qui compte une majorité de femmes et de noirs, aux côtés de nos frères exploités blancs, indigènes, LGBT et migrants. Comme le disait Léon Trotski, pour être révolutionnaire, il faut regarder la vie à travers les yeux des femmes.

En ces temps de colère des noirs et de violence raciste et patriarcale brutale, je vous invite toutes et tous à regarder la vie à travers le regard puissant des femmes noires qui, partout dans le monde, n’ont rien d’autre à perdre que leurs chaînes.

 
Revolution Permanente
Suivez nous sur les réseaux
/ Révolution Permanente
@RevPermanente
[email protected]
www.revolutionpermanente.com