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La Izquierda Diario
18 de juillet de 2020 Twitter Faceboock

Bolivie. Mobilisation des classes populaires et des travailleurs contre le gouvernement putschiste d’Áñez
Tifenn Marin

Une manifestation importante des travailleurs et des secteurs les plus touchés par la crise sanitaire et économique s’est déroulée ce 14 juillet. Alors que les hôpitaux et les écoles sont à la dérive, le gouvernement putschiste de Jeanine Añez tente d’évincer le MAS, le parti d’Evo Morales, des élections présidentielles qui auront lieu le 6 septembre.

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Ce mardi 14 juillet des milliers de travailleurs, travailleuses et secteurs précarisés sont descendus dans les rues pour « la santé, l’éducation, la stabilité de l’emploi et la vie ». Ce sont environ 8 000 personnes qui, en plein confinement ont marché d’El Alto à la capitale administrative du pays La Paz dans une manifestation appelée par la Central Ouvrière Bolivienne (COB) -principale centrale syndicale du pays. Dans la manifestation était présents la population d’El Alto, des enseignants de zone rurale, des travailleurs du secteur informel et plusieurs syndicats y compris la Federación campesina Tupac Katari, grand syndicat paysan de Bolivie. Des travailleur.e.s d’entreprise en lutte contre les licenciements, du corps enseignant, notamment des zones rurales et des quartiers populaires, contre l’inégalité des cours virtuels, ainsi que bien évidemment les travailleurs de la santé publique qui réclament plus de matériel sanitaire et de meilleurs conditions de travail, présents en nombre pour revendiquer le droit à vivre dignement, pour l’éducation publique, la santé et la stabilité de l’emploi. 

Si la mobilisation de ce mardi, appelée par la COB, était très importante, c’est qu’elle a fortement été poussée par la base. La centrale syndicale, silencieuse depuis le coup d’Etat de novembre, ne s’est réveillée qu’en juin, menaçant le gouvernement d’une convulsion sociale si la loi autorisant l’élection du 6 septembre n’était pas promulguée, alors même que la situation économique, sociale et politique du pays chavire.

Le bilan de la pandémie en Bolivie c’est, à ce jour -selon le Monde, 54 156 cas de Covid confirmés et 1 984 mort, pour un pays de 11 millions d’habitants. La population bolivienne est extrêmement précarisée par la crise du coronavirus, qui se combine à la crise économique et politique du pays. Le système de santé s’effondre alors même que les chiffres n’ont pas encore atteint la limite prévisionnelle annoncée par la cheffe du gouvernement auto-proclamé. Pareil pour le système éducatif : des milliers d’élèves sont privés d’enseignement pendant ce confinement à cause du manque de moyens criant dans les écoles et de l’impossibilité d’accès à une connexion internet ou un ordinateur pour des milliers de foyers.

Si le coronavirus peut être contracté par tout le monde, (Jeanine Añez ainsi que 6 de ses ministresministres l’ont contracté, ce sont les travailleurs et les travailleuses, les paysans, les populations indigènes et les populations précaires qui sont en première ligne de la menace du virus, et de la faim. En effet, de nombreuses familles meurent de faim en plus du coronavirus, puisqu’une grande partie de la population vit du travail informel et se retrouve aujourd’hui sans aucun moyen de subsistance. Ils meurent dans des conditions atroces, leurs cadavres laissés à l’air libre pendant des jours dans les rues, faute de services funéraires efficace. Le manque de moyens dans la santé a des conséquences dramatiques, et le système croule sous les chiffres exponentiels de cas de coronavirus.

Le gouvernement putschiste de Jeanine Añez, qui depuis son coup d’Etat en novembre dernier, a toujours porté un discours de haine face aux classes populaires, a bien entendu joué un rôle énorme quant à la gravité et l’ampleur de la crise économique et sanitaire présente aujourd’hui en Bolivie. L’argent qui n’a pas été mis au service de la gestion de la crise, a été utilisé dans le renforcement financier des banques et des grandes entreprises. Le gouvernement a aussi fait empêcher le vote d’une loi interdisant les licenciements pendant la pandémie. C’est une politique d’acharnement à l’encontre des populations les plus précaires que conduit le gouvernement putschiste depuis sa prise du pouvoir. K’ara K’ara en est un exemple flagrant : le quartier populaire de la province de Cochabamba s’est fait attaquer par la police, qui a gazé les maisons du quartier en pleine nuit, réprimant un blocage de la population qui réclamait juste le droit à l’eau, au pain et au travail.

Jeanine Añez et son gouvernement se sont d’ailleurs servis de la pandémie et du confinement pour tenter de reculer la date des élections présidentielles, avec la pauvre justification qu’il n’est pas possible de réaliser une campagne politique et des débats dans le contexte sanitaire actuel. Añez et son gouvernement auto-proclamé, tout en accentuant l’effondrement du pays, profite de la quarantaine pour gagner du temps dans la criminalisation du MAS (parti d’Evo Morales au pouvoir avant le coup d’Etat). En effet Evo Morales, actuellement exilé en Argentine, est mis en examen par le procureur général de Bolivie pour terrorisme. Le gouvernement auto-proclamé actuel essaie d’évincer le MAS et toutes ses figures avant les élections présidentielles de septembre. Le gouvernement actuel a peu de chance de se faire réélire au vu des politiques désastreuses qui ont été menées ainsi que le non-appui de la population pour ce gouvernement qui ne tient que grâce à l’armée et la police et au soutien de l’impérialisme américain.

 
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