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La Izquierda Diario
30 de juillet de 2020 Twitter Faceboock

Du 30 juillet au 1er août
Conférence virtuelle de l’extrême-gauche latino-américaine et états-unienne

Ce jeudi 30 juillet s’ouvre la conférence virtuelle latino-américaine et étatsunienne à l’appel du Front de Gauche et des Travailleurs -Unité (FIT-U) d’Argentine. Alors que la crise sanitaire a accéléré une situation internationale marquée par l’instabilité économique et un retour de la lutte des classes, plusieurs organisations socialistes du continent seront réunies afin de discuter des bases nécessaires à la construction d’une alternative à la crise sanitaire et sociale, menée par les travailleurs et la jeunesse, pour que les capitalistes payent leur crise.

Link: http://www.revolutionpermanente.fr/Lancement-d-une-conference-virtuelle-reunissant-une-partie-de-l-extreme-gauche-latino-americaine-et

La conférence virtuelle latino-américaine et étatsunienne convoquée par le Front de Gauche et des Travailleurs – Unité d’Argentine (FIT-U) s’ouvre ce soir. Le FIT-U est un rassemblement des forces d’extrême-gauche trotskystes argentines, à laquelle appartient le Parti des Travailleurs Socialistes, parti frère du Courant Communiste Révolutionnaire et de Révolution Permanente. Elle se déroulera sur trois jours, ponctuée de plusieurs tables-rondes, et marquée par la tenue de la conférence le samedi. Le premier débat, qui aura lieu ce jeudi, s’intitule « Crise mondiale et luttes au cœur de l’impérialisme » et sera animé par Jimena Vergara, membre de l’organisation américaine Left Voice (groupe frère du CCR et de Révolution Permanente appartenant à la Fraction Trotskyste – Quatrième Internationale, FT-QI), Luis Meiners de la Socialist League étatsunienne (Ligue Internationale Socialiste), Néstor Pitrola du Partido Obrero et Miguel Sorans de l’organisation Izquierda Socialista, tous deux basés en Argentine et membres du FIT-U. Participerons également Christian Castillo, dirigeant du Parti des Travailleurs Socialistes d’Argentine (FT-QI) ainsi que d’autres membres de la gauche mexicaine, étatsunienne et vénézuélienne.

Le programme se déroulera par la suite de la façon suivante :

Vendredi 31 juillet

-  Table-ronde : "Le mouvement ouvrier latino-américain face à la crise capitaliste et à la pandémie" (17h, GMT-3)
-  Table-ronde : "La situation en Amérique latine" (19h30, GMT-3)

Samedi 1er août

-  Conférence virtuelle latino-américaine et étatsunienne (14h, GMT-3)
 
Cette conférence reprend l’initiative annoncée en début de l’année par les partis du FIT-U, qui avait dû être suspendue en raison de la crise sanitaire. A cette occasion, et au vu du processus de luttes déclenché aux États-Unis, la conférence accueillera également des organisations de luttes d’Amérique du Nord. Les bases politiques et programmatiques sur lesquelles est convoquée cette Conférence étaient déjà exprimées dans diverses déclarations notamment "Un nouveau scénario en Amérique latine et la nécessité d’une solution socialiste et révolutionnaire", ainsi que le texte annonçant en avril le report de la conférence latino-américaine. Les membres du FIT-U y exposaient les accords politiques importants ainsi que les nuances et les différences entre les organisations à l’initiative de cet événement.

Les nouvelles coordonnées mondiales renforcent la pertinence de cette initiative continentale impulsée par le FIT-U.

Le mouvement aux États-Unis, qui a secoué la planète et acculé Donald Trump, a un impact favorable sur les masses du monde entier, générant des actions de solidarité. L’indignation et le refus de la violence policière et du racisme mis en lumière par le meurtre brutal de George Floyd s’ajoutent au mécontentement et au désespoir croissants des masses, en raison de l’effet combiné de la pandémie et d’une profonde récession. L’impact de la plus grande crise capitaliste aux États-Unis a conduit près de 49 millions de travailleurs à demander l’assurance chômage en seulement 16 semaines. Les bas salaires et un système de santé tarifé poussent à la mort les sans-abris, les chômeurs, les travailleurs précaires et informels. Tout cela a été le terreau du grand mouvement social qui s’y est déroulé. Le Parti démocrate tente de détourner ce mouvement de protestation massif en appelant à voter aux élections de novembre pour Joe Biden, comme vote anti-Trump, le candidat de l’establishment.
Le mouvement ne représente pas seulement un coup dur pour le gouvernement Trump : il a également des conséquences sur les gouvernements d’Amérique latine qui, d’une manière ou d’une autre, servent l’impérialisme américain, et constitue un appel à l’action et à la lutte pour tous les peuples du sous-continent.

La pandémie a mis en évidence l’antagonisme entre la santé et la vie des travailleurs et des majorités populaires d’une part, et le système capitaliste d’autre part. Les millions de dollars injectés dans l’économie ont privilégié le sauvetage des capitaux. L’aide économique à la population a été réduite à une proportion marginale. Le monde est entré dans la pandémie de coronavirus avec des systèmes de santé détériorés, victimes de coupes drastiques suite à des années d’attaques orchestrés par tous les gouvernements, tout en permettant et en encourageant le développement des soins de santé privés.

Ce qui a été privilégié en pleine pandémie, c’est le profit capitaliste, qui force les travailleurs à poursuivre la production, au mépris total de leur vie et de leur intégrité physique. Une situation aggravée en Amérique latine par les conditions de pauvreté et de carence extrême créant un terrain fertile pour la propagation du virus, qui fait des ravages dans les quartiers populaires.

L’apparition du coronavirus a aggravé une crise capitaliste déjà en cours. Le monde est en train de sombrer dans une dépression, comparable seulement à celle qui a suivi le krach de 1929. L’OIT parle déjà de 480 millions de chômeurs, et le sauvetage des grandes entreprises, des banques et des multinationales prévoit de nouveaux ajustements, des licenciements, l’augmentation de la misère et des inégalités sociales, ainsi que des catastrophes environnementales sans précédent. Nous sommes confrontés à une crise profonde du capitalisme qui trouve ses racines dans la Grande Récession de 2008. De vastes secteurs des travailleurs et des jeunes dans le monde entier arrivent à la conclusion que ce système ne fonctionne plus.
Le nouveau cycle spéculatif qui a suivi les plans de sauvetage n’a pas freiné la fuite des capitaux en Amérique latine, qui se combine avec des paiements de dettes frauduleux et usuraires par les gouvernements et va de pair avec les plans d’austérité menés sous la direction du FMI afin de donner aux créanciers des garanties de remboursement.

Dans le cadre de la guerre commerciale impulsée par l’impérialisme américain, en particulier contre la Chine, les États-Unis cherchent à renforcer leur domination sur le continent latino-américain, non seulement par l’extorsion économique mais aussi par l’ingérence directe, comme on le voit à travers la politique agressive contre le Venezuela, que nous condamnons au-delà de nos profondes divergences avec le régime de Maduro. En même temps, nous dénonçons le fait que les États-Unis et la Chine cherchent, dans leur différend, à s’approprier les ressources naturelles et stratégiques de notre région [Amérique latine] par le biais de partenariats avec des sociétés extractives capitalistes.

Dans cette situation, l’Amérique latine est devenue l’un des centres de la crise sanitaire et sociale. Le Brésil, gouverné par l’ultra-droite de Bolsonaro, est l’un des pays les plus touchés par la pandémie. Le Chili, le Pérou, la Bolivie et l’Équateur ont également subi ce fléau à grande échelle, sous des gouvernements de droite. Au Mexique et en Argentine, les gouvernements "nationaux et populaires" sont loin d’avoir touchés aux intérêts des grands patrons pour faire face à l’état de calamité du système de santé et à la crise sociale. Au contraire, ils ont maintenu une ligne de subordination à l’impérialisme, comme l’a montré López Obrador lors de sa rencontre avec Trump, et Alberto Fernández en se soumettant aux exigences des fonds vautours et du FMI. Ce dernier cherche également à conclure un "pacte social" avec les chambres de commerce, ce qui va obliger les travailleurs à payer les coûts de la crise.

Au vu de la situation, il est clair que toutes les contradictions sociales qui ont motivé les mouvements populaires latino-américaines en 2019 se sont accentuées. Par conséquent, l’ouverture d’une nouvelle phase de grandes luttes des exploités est à prévoir, comme le révèlent les nouvelles journées nationales de protestation au Chili, les manifestations en Équateur contre Lénine Moreno, à la solde du FMI, et le mécontentement croissant des masses boliviennes à l’égard de la putschiste Añez, les expressions de colère contre Bolsonaro au Brésil, la réaction du mouvement étudiant en Colombie, la nouvelle situation au Paraguay depuis le 22 juin, la reprise des manifestations encore embryonnaires au Nicaragua ainsi que le développement de la résistance des travailleurs et des jeunes en Argentine.

La conférence virtuelle latino-américaine et étasunienne s’inscrit donc dans une situation au caractère historique, qui pose des défis gigantesques aux travailleurs, appelant à la lutte pour des mesures d’urgence pour combattre la pandémie et les plans d’ajustement qui les frappent, à lutter pour que la crise soit payée par les capitalistes dans la perspective d’une sortie ouvrière et socialiste. Nous invitons la gauche qui se dit lutte de classes, le mouvement ouvrier combatif, la jeunesse qui se rebelle, le mouvement féministe et écologiste, et les intellectuels engagés, à faire partie de cette Conférence pour débattre des conditions pour lutter sous les bannières de l’indépendance de classe, pour les gouvernements ouvriers et pour l’unité socialiste de l’Amérique latine.

Aux capitalistes de payer la crise ! A bas l’impérialisme en Amérique latine. Le FMI dehors, non au paiement de la dette extérieure ! Vive les luttes des travailleurs et de la jeunesse précarisée. Aucun licenciement ni baisse de salaire ! A bas le racisme, les violences et répressions policières ! Pour une alternative menée par les travailleurs face à la pandémie et à la crise capitaliste ! 

Traduction : Jade Marleen

 
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