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12 de novembre de 2020 Twitter Faceboock

Etats-Unis
Madeleine, LeftVoice : « La victoire de Biden n’en est pas une pour les travailleurs et les opprimés »
Madeleine Freeman, LeftVoice

Nous retranscrivons ici l’intervention de Madeleine Freeman, militante de LeftVoice, organisation de la gauche révolutionnaire aux Etats-Unis, au cours du live ’Après les élections et Trump, tout va changer ?’ que nous diffusions sur Facebook mardi 10 novembre.

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Bonjour camarades, merci de m’avoir invité à vous parler aujourd’hui. Je suis Madeleine Freeman, membre du comité de rédaction de Left Voice, la section anglophone du réseau international La Izquierda Diario. Je vous parle depuis New York, où, après cinq jours de dépouillement des bulletins et de tensions croissantes, Joe Biden et Kamala Harris viennent de remporter l’élection, évinçant Donald Trump et Mike Pence après quatre ans de mandat. Partout aux États-Unis, on descend dans la rue pour fêter cette victoire énorme contre la droite, et les médias bourgeois tentent de la dépeindre comme une victoire pour la démocratie américaine.

Même de nombreuses organisations de gauche, des franges réformistes des DSA à des secteurs de Black Lives Matter, revendiquent l’élection de Biden comme une victoire ; ils n’aiment peut-être pas les idées de Biden, mais ils célèbrent la défaite de Trump et ils ont l’illusion qu’une présidence Biden représente un retour à la normale, un terrain plus favorable à l’avancement de leurs revendications et celles de la classe ouvrière.

Mais comme nous l’avons souvent dit dans Left Voice, si nous sommes nous aussi heureux de voir Donald Trump démis de ses fonctions, la victoire de Biden n’en est pas une pour les travailleurs et les opprimés du monde entier. Ni pour le mouvement Black Lives Matter, ni pour la classe ouvrière à l’étranger qui subira l’impérialisme américain. Ni pour les millions de gens qui subiront les attaques capitalistes de Biden à mesure que la crise économique s’aggravera. Et les résultats de cette élection ont montré que la démocratie américaine peine à se maintenir à flot.

Cette élection nous aura montré l’ampleur de la crise sociale et politique que traversent les États-Unis, qui est une conséquence directe de la crise financière de 2008 et qui fait émerger Trump et le mouvement populaire autour de Bernie Sanders en 2016. Tout indique que l’élection de Biden n’est pas la conclusion de ce processus, mais le début d’un nouveau chapitre d’une longue crise qui continuera à tourmenter le régime actuel et les intérêts bourgeois qu’il protège.

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« Un électorat polarisé, artificiellement divisé entre deux visions bourgeoises sur la manière de répondre à la crise actuelle »

Selon tous les sondages bourgeois, la victoire devait être écrasante pour Biden, Kamala Harris et le Parti démocrate. L’élection devait exprimer un rejet total de Trump et de tout ce qu’il représentait. La combinaison d’une gestion catastrophique de la pandémie, de la chute libre de l’économie, et de la criminalisation par Trump du mouvement Black Lives Matter était censée offrir à Biden la présidence sur un plateau. En effet, quand des secteurs du capital se sont rangés derrière lui durant sa campagne il semblait certain que Biden gagnerait avec une grosse avance.

Mais l’élection a été beaucoup plus serrée que prévu, avec une participation massive des deux camps. Biden a peut-être remporté plus de voix qu’Obama en 2008, mais Trump en a gagné plus qu’il n’en a gagné en 2016. Biden ne l’a battu que de quelques pourcents. Bien que Biden ait été en mesure de l’emporter dans plusieurs États ayant voté Trump en 2016 et dans d’autres États qui votent traditionnellement pour les Républicains, le score de Trump montre que le trumpisme ne disparaîtra probablement pas avec le départ de l’ex-président.

Des pans entiers de la population, qui se sont développés pendant ces élections voient toujours en Trump une alternative viable au néolibéralisme, au statu quo qui a renfloué Wall Street en 2008 et a laissé des millions de gens faire faillite, perdre leur emploi, leur entreprise et leur maison, et s’endetter massivement. Et puis il y a bien sûr le secteur d’extrême droite, suprémaciste blanc de sa base, qui, comme nous l’avons vu lors du mouvement Black Lives Matter, s’est enhardi par quatre années de présidence de Trump. Ils sont certes peu nombreux et assez peu organisés, mais ils ne vont pas disparaître. Et maintenant que Trump dit que la victoire lui a été volée et qu’il conteste les résultats, ils vont sûrement se mobiliser pour le défendre, comme beaucoup l’ont fait cette semaine devant les bureaux de vote à travers le pays.

Cela donne l’image d’un électorat polarisé, qui est artificiellement divisé entre deux visions bourgeoises sur la manière de répondre à la crise actuelle : l’establishment néolibéral d’une part, et la rhétorique populiste de droite d’autre part. "Artificiellement" parce que les Démocrates et les Républicains ont le monopole du pouvoir politique ici. Il y a de nombreux facteurs institutionnels et subjectifs qui font obstacle à l’émergence de ce qu’on appelle les "tiers" dans l’arène électorale. Ainsi, alors que les USA sont, comme tout pays, politiquement diversifiés, des millions de personnes sont obligées de choisir entre deux candidats avec qui ils sont en désaccord total sur les questions qui leur tiennent le plus à cœur.

La classe ouvrière n’a aucune représentation politique indépendante. Si Biden et le néolibéralisme vieille école ont gagné cette fois-ci, ils l’ont fait sans grand engouement. Bien sûr, certains ont l’illusion que Biden et Harris pourront ramener le pays à la normale après quatre ans de Trump, mais beaucoup d’autres ont voté Biden simplement parce qu’il n’est pas Trump. Et cela a bien sûr des implications importantes pour la gauche socialiste aux États-Unis, et les perspectives ouvertes par la situation.

« A un moment donné, l’incendie d’un commissariat à Minneapolis était plus populaire que Trump. Et ce soutien s’est vu dans les résultats des élections »

Plus particulièrement, le fait que Joe Biden ait pu l’emporter est dû en grande partie à l’influence du mouvement "Black Lives Matter", un soulèvement d’une ampleur sans précédent, avec des millions de personnes dans les rues, dont toute une génération de jeunes multiraciaux nouvellement radicalisés, pendant des mois entiers, jour et nuit. Appelant au “définancement” ou même à l’abolition de la police, ces manifestations ont révélé les fissures dans les racines racistes du capitalisme américain, et elles ont eu des répercussions dans le monde entier.

Une nouvelle génération sait maintenant, non seulement que la police n’est pas réformable, mais aussi qu’elle fait partie d’un système conçu pour opprimer la classe ouvrière. Il est important de noter que le soulèvement anti-policier a été majoritairement soutenu par l’opinion publique. Comme nous aimons à le dire ici, à un moment donné, l’incendie d’un commissariat à Minneapolis était plus populaire que Trump. Et ce soutien s’est vu dans les résultats des élections. Les sondages menés auprès des électeurs indiquent que les questions raciales sont le deuxième facteur le plus déterminant dans leur vote.

Cela montre, d’une part, l’immense force et l’influence du mouvement Black Lives Matter. Mais d’autre part, cela montre que le Parti démocrate, en grande partie grâce à son aile progressiste nouvellement revitalisée, et malgré son passé raciste et démagogue, a réussi à coopter ce mouvement et à canaliser son énergie vers les élections. Car si Joe Biden a fait carrière au Sénat avec des politiques ségrégationnistes, a été à l’origine de lois qui ont mis des millions de Noirs en prison, et a choisi une colistière qui se dit "flic en chef", lui et le Parti démocrate sont vus par beaucoup comme un "moindre mal" face à Trump, lui qui a envoyé la garde nationale réprimer des manifestations, a fait appel à sa base d’extrême droite pour rétablir l’ordre bourgeois, et a criminalisé des manifestants contre les violences policières et le racisme anti-noir.

« La logique du ’moindre mal’ a exercé une pression incontestée sur la gauche socialiste (…), même si Biden était un candidat bourgeois, fièrement impérialiste, raciste, sexiste, un ami de Wall Street... »

Le rejet de Trump, explicitement pour ses politiques xénophobes et de suprématie blanche, montre un glissement vers la gauche dans la conscience d’une grande partie de la population, qui a massivement soutenu le soulèvement Black Lives Matter cet été. Mais si nous analysons ce soutien à Biden du côté de la gauche organisée aux USA, le phénomène est totalement inverse. On assiste plutôt à un net glissement vers la droite, et une légitimation supplémentaire du Parti démocrate, et du système politique dans son ensemble, comme outil pour un changement progressiste, un outil de lutte contre la droite, ou même de lutte pour le socialisme.

C’est à cela que la gauche révolutionnaire est confrontée, alors que Biden s’apprête à bientôt prendre ses fonctions. La question de l’indépendance de classe est déjà une bataille difficile pour la gauche américaine, comme nous l’avons vu avec le soutien massif à Sanders qui s’est présenté sous l’étiquette démocrate. Mais le soutien à Biden était autre chose. Dès qu’il est devenu le candidat démocrate, la logique du "moindre mal" a exercé une pression incontestée sur la gauche socialiste, qu’il s’agisse de réformistes ou de centristes qui se disent révolutionnaires. Personne, ou très peu de gens, ne défendait le fait de ne pas voter Biden. Le choix présenté était simple : c’était Biden ou le fascisme. On nous disait qu’un vote pour Biden n’était en réalité qu’un vote contre Trump, même si l’homme politique pour lequel ils appelaient à voter était un candidat bourgeois, qui n’a absolument rien à offrir à la gauche, qui est fièrement impérialiste, raciste, sexiste, un ami de Wall Street qui rejette toutes les politiques pour lesquelles la gauche a milité ces dernières années, et qui s’aligne sur Trump dans de nombreux domaines bien que sa rhétorique puisse être différente.

L’appel contre le vote Biden a été pratiquement inaudible à gauche, tout comme tout discours visant à construire une organisation indépendante des travailleurs. Par exemple, les démocrates-socialistes d’Amérique (DSA), une organisation multi-tendances de plus de 70 000 membres, ont jeté tout leur poids derrière Biden. Après des années à faire campagne pour Sanders et à s’insurger contre "l’establishment", ils se sont sagement rangés derrière Biden et le Parti démocrate. Le soutien des DSA à Biden n’a jamais été officiel, mais la plupart de leurs membres a fait campagne pour lui, a voté pour lui, et tous les candidats qu’ils ont soutenus au sein du Parti démocrate ont soutenu Biden et ont appelé à s’unir derrière lui contre Trump.

Au sein des DSA, il n’y a pas eu d’efforts pour promouvoir l’indépendance de classe, ce qui aurait pu être décisif. Il est important de noter que cela place ces organisations à la droite de l’avant-garde du mouvement Black Lives Matter, qui a été frappée, gazée et arrêtée cet été par la police aux ordres des Démocrates comme des Républicains, et a appris à se méfier des deux partis du capital. Plutôt que de pousser ces secteurs vers l’indépendance de classe en leur offrant une alternative, plutôt que d’essayer de lier le mouvement antiraciste au mouvement ouvrier, ces organisations, qui n’avaient pas de liens solides avec Black Lives Matter, ont simplement permis au mouvement d’être largement co-opté par les Démocrates et redirigé vers les urnes. Ils ne se sont pas non plus adressés aux autres secteurs qui ne se font pas d’illusions dans le système bipartite.

« Avec Left Voice, nous ne pensons pas que Biden sera en mesure d’endiguer la montée de la droite (...). Au lieu de cela, nous avons plaidé pour que la classe ouvrière et les opprimés forment leurs propres organisations politiques »

Avec Left Voice, nous avons maintenu tout au long des élections une position d’indépendance de classe, et qu’un vote pour les candidats du capital sapait les efforts des socialistes pour devenir une force politique à part entière. Sur notre site et dans nos interventions sur le terrain auprès de Black Lives Matter et des travailleurs de la santé, nous avons lutté contre l’idée selon laquelle Biden, un partisan de la guerre en Irak, qui a soutenu l’utilisation massive des drones militaires, et des millions d’expulsions d’immigrés, qui a soutenu que les flics devaient viser les jambes plutôt que le cœur, était une alternative pour la classe ouvrière et les opprimés.

Nous ne pensons pas que Biden sera en mesure d’endiguer la montée de la droite,qui menace une partie du pays. Au lieu de cela, nous avons plaidé pour que la classe ouvrière et les opprimés forment leurs propres organisations politiques qui pourraient réellement avoir une chance contre les attaques de la droite, l’austérité qui va certainement suivre la crise économique, et les attaques impérialistes que les deux partis utiliseront pour opprimer la classe ouvrière internationale. Nous avons plaidé pour la nécessité d’un mouvement de rue contre les violences policières se joignant au mouvement ouvrier et aux travailleurs essentiels en lutte pour des conditions de travail sécurisées.

Grâce à notre site, nous avons fait entendre nos revendications à une grande échelle. Ces positions ont été difficiles à défendre dans une société aussi polarisée, mais nous avons pu discuter contre la logique du moindre mal avec nos lecteurs et notre périphérie, et plaider pour une organisation politique indépendante de la classe ouvrière. Maintenant que Biden a gagné, les secteurs de la gauche qui ont dit qu’ils voteraient pour lui le jour J et qu’ils se battraient contre lui le lendemain seront mis à l’épreuve. La tâche la plus urgente pour la gauche révolutionnaire aux USA est donc de dissiper toutes les illusions que les gens pourraient avoir sur le Parti démocrate, que ce soit les partisans de Sanders ou les militants de Black Lives Matter, pour les amener à la conclusion que nous devons construire notre propre organisation pour faire face à la prochaine période. Montrer que les seules solutions aux crises auxquelles nous sommes confrontés sont entre les mains d’une classe ouvrière unie qui utilise ses propres méthodes pour lutter pour ses intérêts.

« Ce qui ne changera pas, c’est les meurtres systémiques par l’État des personnes racisées (…). Donc il est probable que la résurgence de la lutte des classes se produise au sein du mouvement BLM »

Mais l’inauguration de Biden n’est pas encore imminente, et le temps ne va pas s’arrêter en attendant janvier. Avec le mouvement BLM qui couve et la résurgence de la pandémie et de la crise économique, il est probable que le terrain de la lutte des classes change au cours des prochains mois. La manière dont se déroulera la présidence Biden et les perspectives de la gauche révolutionnaire en cette période de crise dépendent du développement de cette lutte des classes et de la crise persistante des partis politiques américains.

En ce moment le mouvement Black Lives Matter est plus en retrait mais n’a pas disparu. Une petite avant-garde est retournée dans les rues au lendemain des élections, remettant en cause le caractère non démocratique du système électoral et continuant à protester contre les tentatives de Trump de contester l’élection. Ces manifestations ne sont pas massives, mais cela montre que les tensions continuent de s’accumuler. Bien que les élections aient relâché une partie de la pression, les défis posés au régime par le mouvement Black Lives Matter n’ont pas été résolus. Il y a donc un espace ouvert pour la gauche révolutionnaire pour militer pour des positions révolutionnaires, pour souligner la nature antidémocratique du régime et pour dissiper toute illusion que le Parti démocrate sera aux côtés du mouvement antiraciste dans les rues sous Biden.

Parce que s’il y a un changement de Président, ce qui ne changera pas, c’est les meurtres systémiques des personnes racisées par l’État, avec une relative impunité. Et comme aucun des deux partis n’est en mesure de résoudre ce problème, il est probable que la résurgence de la lutte des classes se produise au sein du mouvement BLM.

« Les secteurs réveillés par la campagne Sanders en 2016 et le mouvement BLM cette année ne montrent aucun signe de retour à la passivité. Ils demandent un changement que l’ordre actuel ne peut pas leur accorder »

Évidemment, la pandémie et la crise économique ne disparaîtront pas. Les cas et les décès dus aux coronavirus sont en augmentation dans tout le pays en particulier dans les zones rurales qui sont la base du soutien de Trump, et qui n’ont pas été durement touchées par la première vague. Nous sommes aussi confrontés à la menace d’un autre shutdown du gouvernement. La situation économique est encore très fluctuante. Bien que Wall Street ait obtenu son président, la majorité des travailleurs et des pauvres continue à subir les effets de la récession. Biden aura pour tâche de gérer à la fois la pandémie et la crise économique, probablement en essayant de mettre en œuvre l’austérité néolibérale classique qui sera synonyme de désastre pour des millions de pauvres et de travailleurs.

Pour l’instant, il n’y a pas beaucoup d’activité de la part des secteurs des travailleurs essentiels qui ont mené la lutte au début de l’année, mais alors que nous entrons dans de nouvelles phases de la pandémie et de la crise économique, il n’est pas exclu que nous assistions à une reprise de la lutte des classes. Sur le terrain politique, bien que le Parti démocrate contrôle désormais la présidence et la Chambre des représentants, le Sénat ira probablement aux Républicains. C’est le meilleur scénario pour les secteurs du capital qui tireront profit de la stabilité d’une présidence Biden et du blocage de toute réforme progressiste par le Sénat contrôlé par les Républicains. Dans un sens, cela représente un défi pour les concessions que Biden pourrait être obligé de faire à la classe ouvrière.

Mais subjectivement, les attentes des masses sont élevées, elles n’aiment pas Biden, et les secteurs qui ont été réveillés par la campagne Sanders en 2016 et le mouvement BLM cette année ne montrent aucun signe de retour à la passivité. Ils demandent un changement que l’ordre actuel ne peut pas leur accorder, bien qu’il puisse être contraint d’essayer. Ce scénario offre à la gauche révolutionnaire un large espace pour intervenir, tant pour se défendre contre la droite que contre l’aggravation de la crise économique. Il sera difficile de lutter à la fois contre le réformisme qui lie son destin au Parti démocrate et contre un secteur qui rejette totalement la politique, mais au cours de l’année, nous avons vu d’immenses changements de conscience, d’abord avec l’entrée sur le terrain de la lutte de classe des travailleurs essentiels au début de la pandémie, puis avec l’explosion du mouvement Black Lives Matter dans les rues.

Une chose est sûre, le régime bourgeois aura de nombreuses occasions de déraper dans la période de crises à venir. Cela ouvre un nouveau terrain dans lequel la gauche révolutionnaire pourrait émerger comme une tendance réellement capable d’avoir de l’influence dans la lutte de classe dans la période à venir, et d’unir le mouvement antiraciste dans les rues avec la lutte du mouvement ouvrier. Cela ouvre un espace pour lutter pour la perspective de l’indépendance de classe et pour construire des organisations propres qui lutteront contre toute attaque contre la classe ouvrière aux États-Unis et dans le monde entier dans une perspective de lutte pour le socialisme.

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