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21 de novembre de 2020 Twitter Faceboock

première ligne
Grèves et débrayages dans la santé : les soignants réclament des moyens pour faire face à la seconde vague
Prune Fabre

Partout en France des travailleurs de la santé se sont mobilisés ce jeudi pour dénoncer la gestion de la crise sanitaire et l’hypocrisie du Ségur de la santé.

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Crédits photo : AMAURY CORNU / AFP

A l’hôpital de Villiers-Saint-Denis dans le sud de l’Aisne, ce jeudi 19 novembre, ils étaient, d’après L’Union, une petite centaine d’agents hospitaliers à s’être rassemblés à l’appel de la CGT devant les locaux de la fondation hospitalière, la Renaissance sanitaire, qui tenait une réunion de Comité Social d’Établissement (CSE). Les grévistes dénoncent un manque de moyens et d’effectifs mais aussi de considération de la difficulté de leur fonction, les changements quotidiens de planning et de services ne leur permettant pas d’apporter le soin nécessaire aux patients en pleine deuxième vague du COVID-19.

Au service de radiologie de l’hôpital du Mans, les travailleurs de la santé ont également fait grève ce jeudi, dans le cadre de l’appel national de la CGT. La Fédération santé et action sociale CGT s’est exprimée pour annoncer ses revendications et parmi elles le « recrutement massif sur le site » (propos recueillis par la radio régionale Sweet Fm mais aussi nationalement, pour pouvoir d’une part combler les postes vacants mais également en ouvrir d’autres afin de soulager les soignants. Parmi les autres revendications relevées : « l’égalité salariale entre tous les agents du public et du privé, l’augmentation immédiate des salaires avec revalorisation de toute la carrière » et l’arrêt de toutes les fermetures de salles et services.

A Lamballe et Moncontour dans les Côtes-d’Armor, ce sont les soignantes à domicile qui étaient hier en grève. Elles se définissent comme les « oubliées du décret d’application du Ségur » et exigent donc une revalorisation salariale identique à celle de leurs collègues exerçant en hôpital ou en Ehpad. La CFDT réclame la publication d’un nouveau décret attribuant cette revalorisation.

A Châteauneuf-du-Faou dans le Finistère, les revendications des personnels mobilisés concernent également directement le Ségur. Ouest France a récolté quelques-uns de leurs témoignages durant un rassemblement appelé par la CGT. Durant celui-ci, le syndicat a insisté sur le creusement « des inégalités salariales entre les professionnels des établissements de soins du secteur public et ceux du privé et de l’ensemble du médico-social des deux entités », les travailleurs ressentant cet écart comme « une injustice ». « Nous travaillons les week-ends et jours fériés, et durant le confinement nous étions tous mobilisés auprès des résidents confinés pendant les deux mois en structure, loin de leurs familles. »

Cette liste non exhaustive des mobilisations dans la santé prouve la détresse des soignants, qui, après une première vague désastreuse ne se retrouvent pas davantage préparés en renfort matériel et humain. Le Ségur de la santé clôturé le 21 juillet n’avait en aucun cas satisfait les demandes des soignants, leur revalorisation étant largement en deçà des 300 euros nets qu’ils réclamaient. De plus, comme rappelé par les soignants mobilisés, elle ne touche pas tout le monde, creusant alors encore davantage les inégalités au sein des travailleurs. Les 4000 nouveaux lits promis par le Ségur, en plus d’être déjà extrêmement insuffisants en vue des 100 000 lits supprimés ces vingt dernières années, se font toujours attendre. Quatre mois après sa signature et en pleine seconde vague, les soignants sont en colère et ne comptent pas abandonner.

Cette colère pourrait se transformer en mobilisation massive si les directions syndicales instauraient un véritable plan de bataille. Mais leur stratégie actuelle, qui consiste à appeler à quelques journées de mobilisation, tout en souhaitant en parallèle reprendre le dialogue avec le gouvernement à l’image de la CGT qui s’est jetée dans une bataille juridique pour accéder au groupe de travail sur le Ségur, rend impossible la victoire et la mise en place d’un véritable rapport de force. L’hypocrisie des directions syndicales se remarque également chez la CFDT qui demande des comptes pour les « oubliés du Ségur », alors qu’elle l’a elle-même signée aux côtés de FO et de l’UNSA dans une complicité traître avec le gouvernement.

Face à l’absence de plan de mobilisation nationale de la part des directions syndicales, l’ensemble des travailleurs et leurs représentants les plus combatifs doivent s’organiser à la base afin de prendre en main, avec l’aide de la population, la gestion sanitaire mais aussi de la Santé dans sa globalité en pleine crise du COVID-19.

 
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