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La Izquierda Diario
21 de novembre de 2020 Twitter Faceboock

Racisme d’Etat
Bordeaux. Le Département et la Préfecture expulsent le Kabako
Hagop Zimmer

Le Département de Gironde a engagé les procédures d’expulsion du Kabako avant le 24 novembre, mettant à la rue plusieurs dizaines de jeunes migrants qui habitent dans ce squat.

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Crédit photo : AFP DENIS CHARLET

Le Kabako : un lieu de vie

C’est fin juin que commence l’histoire du Kabako quand une quinzaine de Mineurs étrangers Non Accompagnés (MNA), en procédure de recours devant le juge des enfants, trouvent refuge dans un bâtiment appartenant au département de la Gironde, rue Camille Godard, ouvert par des militants bordelais. Des mineurs mis à la rue par le département qui a pourtant la responsabilité de les accompagner et les prendre en charge. La SAEMNA (Service d’Accueil et d’Évaluation des Mineurs Non-Accompagnés) est chargée d’évaluer les jeunes éligibles à cette prise en charge ; des évaluations à caractère clairement raciste, aux critères fluctuants, arbitraires et discriminatoires, déterminant s’ils sont mineurs ou pas par des tests osseux. Le travail des évaluateurs de la SAEMNA permet donc de retarder au maximum la prise en charge des jeunes par l’ASE (Aide sociale à l’enfance), institution en lien avec le Département.

« Lorsqu’un mineur étranger arrive à Bordeaux, il doit se présenter au SAEMNA, qui le met à l’abri le temps de son évaluation. Dans les faits, ils les logent dans des hôtels, avec aucun suivi », témoigne Noëlla, membre du collectif les Voisines, sur Radioparleur il y a quelques mois. « Ils passent par 3 ou 4 entretiens avec des travailleurs sociaux, tous différents, à qui ils racontent leur parcours migratoire. À l’issue de ces entretiens, ils décident arbitrairement si les jeunes qui se présentent à eux sont mineurs ou non. Et souvent, ils leur refusent la reconnaissance de minorité. À partir de ce moment- là, ils les remettent à la rue. »

Dès lors que ces jeunes ont occupé le lieu, d’autres mineurs à la rue dans la même situation s’y sont installés. C’est ainsi qu’avec des collectifs et associations ils ont formé les collectif Le Kabako pour s’organiser collectivement afin d’obtenir un appui dans leurs démarches administratives et juridiques, un accès aux soins, à des cours de français et de mathématiques, à des ressources alimentaires ainsi qu’à des produits de première nécessité.

Organisation du Kabako face à la répression et aux expulsions

Ces deux derniers mois le Département et son président Jean-Luc Gleyze envoyait régulièrement des agents pour faire un « état des lieux » et le 17 novembre un huissier de justice est venu relever l’identité des habitants du Kabako afin d’engager les procédures d’expulsion qui imposera de quitter le logement avant le 24 novembre.

Malgré la motion symbolique du groupe EELV au Conseil municipal du 16 novembre qui demande l’arrêt des expulsions et évacuations de squats pendant l’hiver, la proposition a été rejetée par leurs alliés élus du PS et du PCF au sein de la majorité parlementaire. Ce bloc des partis de la gauche institutionnelle bourgeoise soutient donc ouvertement l’expulsion du Kabako, y compris EELV qui en réalité ne fait que cautionner et finalement permettre l’expulsion en demandant à la repousser après l’hiver.

Face à cette répression que le Département, la Mairie avec Pierre Hurmic d’EELV à sa tête et la Préfecture exercent systématiquement contre les mineurs et travailleurs étrangers qui occupent des logements vides, Le Kabako avait déjà appelé à une manifestation le 4 septembre. Ce rassemblement avait à la fois pour objectif de visibiliser la situation du Kabako, mais aussi de réunir les habitants des squats de Bordeaux et les coordonner autour de revendications communes mentionnées dans leur appel :« Régularisation de tou.te.s les sans-papiers ! Abolition des Frontières ! ». C’est dans ce sens que Le Kabako a également participé au concert de soutien au squat de la Zone Libre de Cenon où vivent près de 400 migrants menacés eux aussi d’expulsion.

L’ensemble de ces procédures d’expulsion s’inscrivent dans la politique de chasse aux migrants menée par la Préfecture, avec Fabienne Buccio à sa tête qui s’est déjà illustrée de nombreuses fois par ses politiques racistes assumées et les expulsions à la chaîne ; dans la continuité de la politique anti-migratoire de Macron et des offensives réactionnaires par le passage en force anti-démocratique de la loi sécurité globale. En effet en plus de renforcer les leviers les plus autoritaires de la Vème République, elle renforce également son racisme structurel et la police, la même police qui intervient dans les squats pour évacuer les migrants et travailleurs étrangers qui y vivent.

Au contraire nous défendons l’existence de ces squats et refusons que les mineurs non accompagnés soient condamnés dans des centres de rétention insalubres qui sont bien souvent des foyers de contamination du covid. Pour résoudre cette situation seule la mobilisation de l’ensemble des squats et leur coordination avec les autres secteurs, avec le mouvement ouvrier et syndical, pourra imposer un plan d’urgence dont la réquisition des 23 000 logements vides de la métropole bordelaise qui permette à chacun de vivre décemment et pour cela nécessairement régulariser tous les sans-papiers, leur donnant accès à un travail rémunéré au SMIC.

 
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