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La Izquierda Diario
21 de novembre de 2020 Twitter Faceboock

Partout dans l’hexagone
Des dizaines de milliers de personnes manifestent contre la loi Sécurité Globale après le vote de l’article 24 à l’assemblée
Julian Vadis

Alors que l’Assemblée Nationale a adopté le très controversé article 24 de la loi de sécurité globale, de nombreuses manifestations étaient appelées ce samedi 21 novembre. Et ce sont des dizaines de milliers de personnes qui ont répondu à l’appel.

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Paris, Marseille, Bordeaux, Toulouse et tant d’autres. Partout dans l’hexagone, la second round de manifestations contre la loi sécurité globale était appelé pour ce samedi 21 novembre. Et si les rassemblements du 17 novembre avaient réunis plusieurs milliers de personnes, la dynamique est incontestablement à la hausse ce 21 novembre.

A Paris, sur une place du Trocadéro blindée, le vote en faveur du très controversé article 24 n’a pas entamé la détermination des manifestants. A nouveau, la jeunesse était au rendez-vous, en première ligne contre cette loi liberticide et l’instrumentalisation islamophobe du gouvernement pour justifier son offensive sécuritaire. Dans le cortège, les Gilets jaunes étaient aussi présent, deux ans après le début de leur mouvement qui représente encore aujourd’hui un motif de peur des classes dominantes, tout comme de nombreux secteurs des classes populaires, des quartiers populaires jusqu’à des secteurs du monde du travail.

« Cette loi c’est très une réponse très violente au mouvement contre les violences policières, ça montre que le gouvernement n’a pas entendu nos revendications » estime Jeanne, étudiante de 17 ans présente à la manifestation parisienne. Même son de cloche pour Diane, Emma, Lila et Mona, « prêtes à militer jsuqu’au retrait de cette loi. On veut juste une démocratie comme celle qu’on nous a promis ».

Si au moins 20.000 personnes ont manifestées à Paris, la mobilisation a également été fortes dans d’autres grandes villes de l’hexagone. A Toulouse, ce sont également des milliers de personnes qui ont pris la rues, dans une ambiance la aussi déterminé, alors que la répression a frappé en fin de manifestation.

Avec les soignants et les jeunes en première ligne, le collectif des salariés de l’aéronautique a également été de la partie, apportant à la fois leur soutien aux personnels hospitaliers par un banderole explicite de l’aéro aux hopitaux, tous ensemble contre le macronavirus. L’occasion aussi d’apporté un soutien clair aux ouvriers de l’usine Toray, qui mène en ce moment même un combat exemplaire contre les suppressions d’emplois, en grève reconductible. Nous appelons nos lecteurs à contribuer massivement et à partager leur caisse de grève.

La mobilisation a aussi été fortes en différents endroits, avec à chaque fois plusieurs centaines à plusieurs milliers de manifestants, comme à Lille, Lyon, Marseille, Bordeaux, Montpellier, Grenoble et bien d’autres villes encore.

Après l’adoption de l’article 24 à l’assemblée : ce que le parlement fait, la rue peut le défaire

Dans le contexte actuel, marqué par un tournant réactionnaire général et à une droitisation du discours politique, la question mérite d’être posé : assiste t-on au début d’une mobilisation d’ampleur contre l’offensive sécuritaire du gouvernement ?

Une question que, d’une certaine façon, se pose Cécile Cornudet dans son article paru dans Les Echos ce 20 novembre. Au milieu d’une sorte d’apologie nauséabonde du style Darmanin, l’éditorialiste souligne que « depuis quelques jours, la machinerie Darmanin connaît des ratés, calibrant mal, vexant ses interlocuteurs : sur la tenue des messes, le vote par correspondance, et... la liberté de la presse ». Et de conclure qu’« un obstacle peut être surmonté, il ne faut pas non plus qu’il laisse trop de traces ».

S’il est bien sur impossible aujourd’hui de répondre tout autant par la positive que par la négative à cette question, il est clair que le rejet de la loi de sécurité globale constitue un point d’ancrage dans la situation, permettant d’exprimer une colère sociale jusqu’ici latente et sourde, mais bien présente dans de nombreux secteurs des classes populaires et de la jeunesse. Au delà du nombre de manifestants, par ailleurs respectable au vue de la situation actuelle et du climat de peur du virus, de la répression ou des licenciements qui ont atomisé la contestation ces dernières semaines, deux considérations sont à prendre en compte.

D’une part, le début de mouvement actuel a pour point central une question éminemment politique, questionnant même directement l’un des piliers de la V° République, à savoir l’institution policière et s’affrontant directement à la répression d’Etat. En ce sens, ce début de mobilisation est particulièrement explosive pour le gouvernement, et son développement pourrait s’avérer mortifère pour la macronie.

D’autre part, et même si aujourd’hui le mouvement pourrait être caractérisé comme un mouvement « d’avant garde », le fait est que les cortèges de rue voit convergé objectivement et de manière spontané des secteurs différents de note camp social : Jeunesse, mouvement des Gilets jaunes, travailleurs, femmes et minorités de genre, quartier populaire etc. La aussi, ce cocktail social est particulièrement explosif pour le gouvernement.

Dans ce contexte, le mouvement ouvrier et ses organisations ont des responsabilités particulières pour offrir une perspective politique à cette mobilisation spontané, chercher à élargir le plus largement possible et poser un rapport de force à la hauteur des enjeux. Pour cela, il est indispensable d’exiger des directions syndicales de rompre clair et net toute forme de dialogue social, dont l’épisode de Bridgestone a une fois encore montré ses aspects les plus mortifères pour le monde du travail, pour l’élaboration d’un plan de bataille conséquent contre le gouvernement et sa politique. Au contraire, c’est par l’appel à la lutte contre tout les plans de licenciements et d’attaques diverses et variés, par le biais d’assemblée générale sur les lieux de travail, en soutien au combat des quartiers populaires, de la jeunesse, des femmes et minorités de genre, qu’il sera possible d’ouvrir les voies d’une mobilisation de masse, par la grève, contre la gestion catastrophique des crises économiques, sociales et sanitaires des capitalistes et de leur gouvernement.

 
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