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28 de novembre de 2020 Twitter Faceboock

Collaboration Sans frontières
Loi Sécurité Globale : RSF joue le jeu du gouvernement et menace Taha Bouhafs et Gaspard Glantz de poursuites
Sara Yuki

Pour légitimer sa loi Sécurité Globale, Jean Castex a convié Reporter Sans Frontières à Matignon. En participant à ces « négociations » l’ONG donne une caution au gouvernement. Pire, elle menace maintenant de porter plainte contre les journalistes indépendants Taha Bouhafs et Gaspard Glantz.

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Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières, le 15 octobre 2020 à Paris. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

L’annonce projet de Loi Sécurité Globale a provoqué une vague de colère face à cette loi liberticide qui s’attaque directement aux droits de la presse, au droit de manifester et qui renforce l’impunité policière en invisibilisant les violences policières. Des manifestations ont eu lieu dans le pays, notamment la première qui fut ultra réprimée. 

Pour tenter de calmer la colère, Gérald Darmanin a reçu lundi une délégation de représentants d’organisation de journalistes et d’associations de défense des droits de l’Homme. Mais face au discours du ministre de l’Intérieur, la réunion a été écourté par les participants qui ont quitté la table des négociations. Cependant pour tenter de cacher sa politique autoritaire sous l’illusion du « dialogue », le gouvernement peut s’appuyer sur Reporters Sans Frontières.

Ainsi le secrétaire général de l’association, Christophe Deloire, a rencontré Jean Castex ce jeudi. Une réunion au cours de laquelle il a revendiqué uniquement le retrait de l’article 24 – le plus controversé – et non de l’ensemble du texte de loi comme le revendiquent les manifestants depuis plus d’une semaine maintenant. Une requête évidemment refusée par le premier ministre qui a en revanche annoncé créer une commission indépendante pour statuer sur l’article en question. C’est de cette annonce que Christophe Deloire s’est félicité... avant que Jean Castex rétropédale le lendemain et revienne sur sa décision. Un simulacre de "dialogue" qui arrange bien le gouvernement.

Les journalistes indépendants plus combatifs, qui défendent le retrait total du texte de loi, comme Taha Bouhafs ou Gaspard Glanz, ont réagi sur twitter en incendiant le RSF, accusant l’association de n’avoir « jamais rien dit pendant des années lorsqu’on était blessés, en GAV, etc. »

Suite à quoi, RSF a menacé les journalistes de poursuites judiciaires. « RSF répondra par les moyens juridiques qui s’imposent aux menaces, insultes et propos diffamatoires proférés par Gaspard Glanz et aux allégations mensongères et accusations aberrantes colportées par Taha Bouhafs », peut on ainsi lire sur le compte Twitter de l’association.

En menaçant d’attaquer en justice ces journalistes indépendants, RSF dévoile sa logique de collaboration avec le gouvernement. L’association qui fût un temps présidé par l’édile d’extrême-droite Robert Ménard, se place résolument dans le camp Macron et Darmanin face aux journalistes indépendants visés par la loi Sécurité Globale.

 
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