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La Izquierda Diario
1er de décembre de 2020 Twitter Faceboock

Affaire Zineb Redouane
Tir tendu à près de 100 km/h : l’expertise qui accable les CRS dans l’affaire Zineb Redouane
Flora Carpentier
Tom Cannelle

« Je souhaite que la justice française ne ferme pas les yeux sur ces nouveaux éléments » témoigne Milfet Rédouane, fille de Zineb au micro de Révolution Permanente. Le rapport d’expertise disculpant les CRS dans la mort de l’octogénaire en marge de l’Acte III des Gilets Jaunes est sérieusement mis à mal par une contre-enquête indépendante.

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Il y a deux ans, le 1er décembre 2018, l’immense répression policière lancée à l’encontre des Gilets Jaunes pour leur Acte III faisait une victime : Zineb Redouane une octogénaire qui, fermant sa fenêtre reçoit une grenade lacrymogène en plein visage et inhale une énorme quantité de ce gaz enfermée dans son appartement. Elle a succombé le lendemain à l’hôpital, et malgré les dix points de suture au visage, sa mâchoire cassée, et les deux plots de grenade retrouvés dans son appartement, le procureur de la République a osé prononcer que la mort de Zineb serait due à un « choc opératoire » ajoutant « on ne peut pas établir de lien de cause à effet entre la blessure et le décès ». Une affaire de violence policière dramatique que nous avions participé à mettre en lumière. La version qui disculpait les CRS donc, était étayée par une expertise ballistique dont les conclusions sont remise en cause aujourd’hui par Disclose avec l’aide de Forensic Architecture qui ont crée une modélisation 3D de la scène.

« Ils m’ont visés », la version de Zineb mise en lumière par l’expertise

Entre son agression et sa mort, Zineb a pu téléphoner à sa fille Milfet que nous avions interviewé elle rapportait les propos de sa mère : « ils m’ont visés », "Pourquoi m’ont-ils tiré dessus ?". Et, en effet, le rapport que montre Disclose montre bien que non seulement le tir du CRS était un tir tendu, interdit face à des immeubles d’habitations : « depuis la position des CRS au moment du tir, la présence de plusieurs immeubles en vis-à-vis direct aurait dû constituer, à tout le moins, une alerte rouge ». De plus, sur les vidéos de surveillance, on voit le policier tirer une grenade MP7 à 37 mètres de la fenêtre de Zineb Redouane. Ce type de grenade « est normalement prévue pour atteindre une cible située à 100 mètres » et a atterri « sur la partie supérieure du corps de Zineb Rédouane »« à une vitesse de 97,2km/h ». En outre ces grenades sont faites pour évacuer un espace extérieur d’environ 1000m² selon l’enquête. Ce rapport met non seulement en cause le policier qui a tiré mais aussi le superviseur sans lequel le CRS n’a pas le droit de tirer avec une arme du type « cougar », comme celle qui a envoyé cette grenade.

Tout comme l’affaire Adama qui souffre encore 4 ans après d’une obstruction judiciaire et où la famille se bat encore à coup d’expertises pour faire entendre la vérité et la justice pour ceux morts après avoir croisé la police. « Aujourd’hui on a pu faire un pas sérieux dans l’affaire de ma mère, je souhaite de tout mon cœur que la justice française ne fera pas comme d’habitude et ne fermera pas les yeux sur ces nouveaux éléments » nous confie Milfet, « il y a un silence complice des grands médias quand je les appelle, je ne suis soutenue que par les médias indépendants, c’est grâce à vous que j’ai pu mettre en avant les éléments sur l’affaire de ma mère, dans les prochains jours nous communiquerons de nouveaux éléments exclusifs ».
Une vidéo exclusive sortira dans les prochain jours sur Révolution Permanente.

Contre la police coupable et cette justice complice exigeons justice et vérité pour Zineb, Adama et toutes les autres victimes de ce système policier et judiciaire criminel.

 
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