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La Izquierda Diario
3 de décembre de 2020 Twitter Faceboock

Groupe BT2I
Les filiales Cauquil et MAP du même groupe aéronautique en grève reconductible !

Les salariés des filiales Cauquil et MAP répondent par la grève au plan de suppression d’emplois que cherche à imposer le groupe BT2I.

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Qui est le groupe BT2I et…NISIMA4 ?

Le groupe BT21 regroupe plusieurs sous-traitants de l’aéronautique : MAP (Mécanique Aéronautique Pyrénéenne), Cauquil, SimAir et Caromar. L’ensemble de ces entreprises est impacté par les plans sociaux annoncés par le groupe BT2I, et certains sites sont menacés de fermeture. A l’image du reste du patronat de l’aéronautique (sous-traitants et donneur d’ordre) la direction du groupe BT2I se sert de l’argument des difficultés financières pour faire payer la crise aux salariés.

A Cauquil, ce sont 33 salariés sur 74 qui sont menacés de licenciements, et à SimAir Rochefort, la direction a annoncé une suppression de 11 postes. Chez MAP la direction a annoncé un plan social qui menace 106 postes sur 270 salariés. De son côté Caromar Techno, avec ses 47 salariés, est menacé de fermeture. C’est aussi le cas chez SimAir Colomiers où la direction a annoncé début octobre une fermeture totale du site et donc la suppression de ses 49 emplois.

La violence de ces attaques, qui risquent de laisser des centaines de salariés et des familles sur le carreau dans un moment particulièrement difficile, a suscité la colère des travailleurs du groupe. Contre les tentatives de la direction de diviser les salariés filiale par filiale, ceux-ci ont entamé récemment une réponse simultanée et commencent à tisser des liens. C’est le cas de Cauquil, où les salaries sont en grève reconductible depuis le 30 novembre, et le cas des salariés de la MAP qui ont durci leur lutte à partir de ce 1er décembre. Sur la base de leur lutte, la solidarité entre les deux filiales s’est tissée rapidement. Ils visent un même objectif : le groupe BT2I et son principal actionnaire, Florent Battistella.

Les causes de cette convergence est simple, sous la pression des licenciements, les salariés ont voulu enquêter sur les raisons financières de ces décisions. C’est une des premières revendications des salariés de Cauquil qui, face à l’exigence de sacrifier leur emploi et leur vie, demandent une expertise comptable non de leur site, mais de l’ensemble du groupe BT2I.

Face au refus de la direction, les salariés commencent à enquêter de leur côté, et les premiers résultats de ces enquêtes vont dans le sens de ce qui était l’intuition des grévistes : le discours du groupe cherche à exagérer les difficultés économiques pour faire payer les salariés.

La première donnée qu’on trouve par rapport à BT2I c’est que Florent Battistella, principal actionnaire du groupe, loin d’être au bord de la faillite, se place parmi les 500 plus grosses fortunes de France avec une fortune estimé à 80 millions d’euros en 2013. Son deuxième actionnaire, Pierre Bastid avec environ 44% du gâteau et une fortune estimé à 350 millions d’euros en 2020, n’échappe pas non plus à ce classement.

La deuxième donnée c’est que BT2I n’est que la branche aéronautique que possède Florent Battistella. Mais, pour ne parler que du principal actionnaire, il faudrait encore ajouter à ses activités l’hôtellerie, la construction navale avec NEPTEAM et même la viticulture avec le groupement Forestier Pinaster dont le vin Château de l’Hospital fait partie de tous les dîners d’entreprise comme l’expliquent les salariés. NISIMA4, le holding qui regroupe l’ensemble de ces activités et qui est détenu entièrement par des membres de la famille Battistella avait une trésorerie de plus de 9 millions d’euros en 2018 et dépensait en 2019 presque 1,5 millions d’euros en salaires et charges pour 13 employés. Son chiffre d’affaires était de presque 2,5 millions d’euros à la même date. Il est important de rappeler que pour ce type de holdings, les actionnaires sont couramment comptés comme des employés, ce qui expliquerait ces salaires énormément hauts.

Quand l’entreprise vise à licencier des salariés sous prétexte de difficultés financières, ces quelques chiffres ne sont jamais mis en avant. Les patrons parlent uniquement de baisse d’activité, mais ils ne parlent jamais des salaires du personnel directif, du montant des dividendes et encore moins des bénéfices engrangés lors de ces dernières années. Où sont ces millions quand il s’agit de sauver les emplois ? Une pancarte des salariés de Cauquil résumait bien cette contradiction : « Actionnaires blindés, licenciés fauchés ». En effet, bien que la crise soit là, le fait qu’elle soit payée par les salariés n’est pas une question de « comptabilité objective » mais une question de rapport de forces entre le patronat (qui veut continuer à grimper dans le classement des grandes fortunes) et les salariés (qui veulent avoir de quoi vivre à la fin du mois).

Les salariés de MAP et Cauquil ont commencé à relever la tête et à remettre en question ce refrain émanant du gouvernement et du patronat selon lequel les salariés doivent accepter d’être les variables d’ajustement face à la crise.

Face au PSE les salariés répondent par la grève

« La somme des indemnités légales et supra-légales n’arrive même pas à un an de salaire », nous expliquait un salarié de MAP. Ce même mépris vis-à-vis des salariés était présent chez Cauquil. Dans cette usine de Toulouse, le fait que le patron ait réduit les indemnités supra légales déjà basses, pour compenser les indemnités de formation que la direction du travail considérait largement insuffisantes a mis le feu aux poudres.

Depuis le 30 octobre les salariés de Cauquil sont en grève. Dans l’assemblée qui s’est tenu ce jour-là les salariés ont décidé de revendiquer une augmentation de 300 euros des indemnités supra-légales, une expertise comptable du groupe BT2I, une réduction des suppressions d’emploi et la reconduction de la grève tant que le patron refusera de les recevoir. De son côté chez MAP, les salariés ont débrayé pendant deux heures le 1er décembre et lors de l’assemblée qu’ils ont tenu à ce moment-là ils ont décidé de commencer un mouvement de grève à partir du 2 décembre.

Plus d’une centaine de salariés de MAP se sont mobilisés et mis en grève. Leurs revendications sont liées à celles des salariés de Cauquil : une augmentation de la prime de départ et une réduction des suppressions d’emploi. Le combat des salariés de Cauquil et MAP, avec la lutte des Toray, marque un début de réponse, avec des méthodes radicales, dans le secteur aéronautique face aux PSE : grève reconductible et piquets pour freiner les livraisons sont les méthodes choisis par les salariés de Cauquil et MAP. Comme le rappelaient les grévistes de Cauquil, qui font face à une direction qui joue au pourrissement, « si rien ne tourne, on est plus forts. Il sera obligé de nous écouter ». Sous cette devise, les salariés ont renforcé l’impact de la grève en faisant des équipes pour freiner l’arrivée des livraisons à l’usine, comme chez Cauquil, ou en bloquant un certain nombre d’entrés avec des palettes comme chez MAP.

En ayant réussi à freiner les arrivées et les sorties de matériel par l’action des piquets de grève, le patron de Cauquil a été obligé d’accepter de rencontrer les délégués du personnel, la tenue d’une assemblée avec l’ensemble des salariés (non-grévistes compris) pour ce vendredi et un affichage à l’intérieur de l’entreprise sur les droits des salariés lors de la grève. De son côté, les délégués syndicaux de MAP ont réussi à avoir ce jeudi un entretien avec Florent Battistella.

Cette mise en action des salariés fait, comme nous l’explique un salarié de MAP, « que la peur commence à changer de camp. C’est pour ça qu’ils cherchent à nous intimider. » En effet ce jeudi 3 décembre la direction du site de Pontacq qui fait partie de MAP a envoyé un huissier pour constater les blocages des entrées de l’usine et intimider les grévistes. Chez Cauquil, c’est la gendarmerie qui est venue mettre la pression : une équipe de nombreux gendarmes est venu insinuer auprès des salariés de Cauquil que leur action visant à freiner les livraisons serait illégale. Pour la direction du groupe BT2I il s’agirait de dissuader les salariés de continuer à renforcer et développer la grève.

Alors que les salariés mettent en place leurs outils de lutte comme la grève et les piquets, la direction développe les siens : stratégie du pourrissement, menaces judiciaires, agiter la peur des conséquences financières de la grève et tentatives de diviser les salariés. Après l’entretien de ce jeudi avec Florent Battistella, la direction a déclaré qu’elle était prête à revenir sur le montant de l’indemnité supra-légale à la condition que les salariés de MAP enlèvent les palettes et laissent rentrer les camions. Les salariés de Cauquil, qui ont eu affaire à ce même type de chantage et qui les ont refusés systématiquement, ont démontré que c’est seulement en étant « plus têtus que le patron », qu’ils arrivent à amplifier le rapport de force.

Alors que la direction du groupe BT2I montre une même stratégie pour toutes les filiales, et qu’elle est forte tant qu’elle peut gérer les luttes séparément, une coordination accrue entre les grévistes de Cauquil et MAP pourrait continuer à placer le rapport de forces du côté des salariés et entrainer d’autres boites du groupe comme SimAir, qui ont bougé à un moment mais en étant alors isolée. BT2I, NISIMA4, les familles faisaient partie des 500 premières fortunes de France, ont largement assez d’argent pour exiger 0 suppressions d’emploi.

Pour soutenir les Cauquil, donnez à leur caisse de grève !

 
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