http://www.revolutionpermanente.fr/ / Voir en ligne
La Izquierda Diario
7 de décembre de 2020 Twitter Faceboock

"Ouvrons le feu !" Une association de policiers appelle au meurtre des "miliciens d’extrême-gauche"
Nicolas-Marie Santonja

Sur Facebook, l’association de policiers Hors Service, dont la page est suivie par plus de 16 000 personnes, a réclamé de pouvoir tirer à balles réelles sur les manifestants : "fini le LBD / Ouvrons le feu !". Le post a été supprimé par la suite.

Link: http://www.revolutionpermanente.fr/Ouvrons-le-feu-Une-association-de-policiers-appelle-au-meurtre-des-miliciens-d-extreme-gauche

Un appel à des moyens de répression plus meurtriers

Ce samedi 5 décembre, le jour même des manifestations contre la Loi Sécurité Globale, l’association de policiers Hors Services a publié en toute décomplexion sur sa page Facebook un post appelant à ouvrir le feu sur "les sauvages", à savoir les manifestants et les militants d’extrême-gauche.

« La peur changera de camp et l’ordre et la discipline reviendront dès lors que les sauvages entendront raisonner (sic) la détonation létale de la 9mm d’un SIG SAUER. (…) Cessons d’épargner ces miliciens d’extrême gauche. (…) Ouvrons le feu ! », peut-on lire sur ce post scandaleux.

Cet appel au meurtre de la part d’une organisation composée de policiers a été supprimé dans la nuit qui a suivi. Un communiqué de presse a ensuite été publié pour justifier les propos sus-mentionnés, pour se défendre des réactions virulentes sur les réseaux sociaux, à l’aide de prétextes lamentables et hypocrites qui distingueraient "la foule" de "milices d’assassins", attaquant en particulier les militants d’extrême-gauche, et qui décriraient leur revendication de pouvoir ouvrir le feu comme un "appel à la survie"...

Selon Le Parisien, certaines figures des Gilets jaunes souhaitent porter plainte pour "appel au meurtre", à l’image de Maxime Nicolle.

Les policiers incontrôlables sur les réseaux sociaux ?

Ce n’est pas la première affaire à agiter l’espace médiatique où des propos de policiers ou d’organisations de policiers font scandale. Le groupe Facebook TN Rabiot a par exemple beaucoup fait parler de lui en juin dernier quand ont été révélés au public une multitude de messages à caractère haineux, xénophobes, racistes, islamophobes… Le ministre de l’époque, Christophe Castaner, avait ouvert une enquête pour « injure publique à caractère raciste » et « provocation publique à la haine raciale », mais le groupe Facebook se porte toujours au mieux avec plus de 7000 membres aujourd’hui, dont des figures médiatiques de syndicat policiers, à l’instar de Linda Kebbab, déléguée à l’unité SGP police FO. L’enquête est toujours ouverte à ce jour, et de nombreux autres groupes Facebook de policiers continuent de déverser et d’exprimer un torrent de haine décomplexée envers les populations racisées, les militants d’extrême gauche et toute forme de contestation sociale. Ainsi, on peut s’interroger sur l’impact qu’aura la saisie du parquet de Paris par la Direction générale de la Police nationale à la suite de ce post, la justice et la police étant intrinsèquement liées aux politiques racistes du gouvernement qu’elles protègent.

Pour autant, ce ne sont pas seulement les organisations de policiers qui peuvent appeler à plus de radicalité répressive. On se souvient d’un Luc Ferry, philosophe de droite, figure médiatique, et ancien ministre de l’Éducation Nationale, qui appellait les policiers à se servir de leurs armes sur les manifestants lors des grands mouvements de contestation des Gilets Jaunes. Ou encore les propos de l’écrivaine et journaliste Zineb El Rhazaoui, sur le plateau de Pascal Praud, qui estimait que les policiers, face aux « violences dans les quartiers », devraient pouvoir tirer à balles réelles. Ce sont donc des idées réactionnaires de droite et d’extrême droite qui infusent depuis plusieurs années dans l’espace médiatique et dans les forces de polices qui, rappelons-le, votent très majoritairement Rassemblement National.

Tournant répressif et impunité des « forces de l’ordre »

C’est dans le cadre d’un tournant à droite très sécuritaire du gouvernement Macron que surviennent ces appels à des moyens de répression toujours plus violents. Malgré des sourires hypocrites sur sa gauche avec la création d’un numéro pour celles et ceux qui seraient victimes d’un contrôle discriminatoire, Macron et son gouvernement n’ont cessé de donner des gages aux policiers pour garantir le contrôle et la répression de la colère qui gronde en ce contexte de crise sanitaire, économique et sociale, le plus gros cadeau en date étant cette fameuse Loi Sécurité Globale dont de nombreux articles visent à protéger les policiers et donc à leur donner plus de libertés pour réprimer avec violence en toute impunité. Il n’est donc pas étonnant que, dans la continuité de cette politique autoritaire, xénophobe et répressive, des voix s’élèvent pour réaliser jusqu’au bout les rêves de la droite la plus radicale : celle d’écraser par l’intimidation, et le sang si besoin, la contestation sociale, désignée comme « extrême gauche », et tout ce qui ne rentrerait pas dans les rangs de l’ordre établi.

 
Revolution Permanente
Suivez nous sur les réseaux
/ Révolution Permanente
@RevPermanente
[email protected]
www.revolutionpermanente.com