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La Izquierda Diario
8 de décembre de 2020 Twitter Faceboock

Sans surprise...
En divisant « bons » et « mauvais » manifestants, Laurent Berger joue le jeu du gouvernement
Arthur Nicola

Après la manifestation contre la loi Sécurité Globale, le secrétaire général de la CFDT a appelé à réprimer les manifestants « qui sont là pour semer le chaos », reprenant ainsi la rhétorique du gouvernement et sans dire mot sur les violences policières qui ont empêché la manifestation de se tenir.

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Laurent Berger sur le plateau de BFM TV ce dimanche. Capture d’écran

« Il y a de plus en plus de gens qui n’ont rien à voir avec les causes défendues dans les manifestations qui sont là pour semer le chaos. Ils doivent être recherchés, poursuivis et il faut une condamnation sans ambiguïté. » On pourrait croire que Laurent Berger voudrait voir poursuivis les innombrables policiers, CRS, et membres de la BAC qui ont été coupables de violences policières lors des manifestations des Gilets Jaunes, puis des manifestants contre la loi travail, la réforme des retraites, et encore ce week-end contre la loi Sécurité Globale. Mais qu’on se rassure, le secrétaire général de la CFDT n’a pas fait un tournant « antiflic ». Au contraire, une fois de plus, au micro de BFMTV ce dimanche, la CFDT s’est ému des violences des blacks blocs lors de la manifestation de samedi. Pas un mot sur le manifestant qui a perdu sa main, visiblement arraché par une grenade GM2L, la remplaçante de la GLI-F4, celle-là même qui avait tué Rémi Fraisse en 2014. Pas un mot non plus sur le dispositif policier exceptionnel qui a empêché la manifestation d’arriver vers son point d’arrivée. Rien sur les CRS qui ont attaqué le cortège syndical de la CGT non plus.

Alors que d’autres syndicalistes sont matraqués en manifestations, on pourrait penser que l’ensemble des directions syndicales dénonceraient la répression et les atteintes au droit de manifester. Mais le patron de la CFDT ne se démonte pas, et semble oublier les innombrables travailleurs, portant des gilets syndicaux, qui ont pu être blessés, mutilés et arrêtés. Plutôt que de défendre les manifestations contre ceux qui les répriment, Laurent Berger condamne. Il condamne et persévère dans la métaphore manichéenne du bon et mauvais manifestant : « C’est la même chose qu’avec les violences dont on a parlé pour certains policiers : il ne faut pas confondre les manifestants qui défendent une cause et ceux qui dans une manifestation ont décidé de semer le chaos ; ce sont des voyous.  »

Une position assumée par la direction de la confédération syndicale qui a tweeté la citation reprenant la rhétorique des « bons » et des « mauvais » manifestants, appelant à réprimer ces derniers sans mentionner à aucun moment les violences policières contre les manifestants.

En tout cas, Laurent Berger fait tout pour séparer la question des violences policières et de l’offensive sécuritaire et islamophobe du gouvernement de celle de la crise sociale qui traverse le pays. « J’ai peur qu’on soit complètement à côté de la plaque de sur les sujets qui concernent les salariés » a-t-il ainsi déclaré. Pourtant les premières victimes des violences policières sont les habitants des quartiers populaires qui subissent de plein fouet la crise économique, et le renforcement de l’arsenal répressif voulu par le gouvernement avec la loi Sécurité Globale et la loi « séparatisme » ne sont pas déliés d’une volonté des classes dominantes de se préparer face aux explosions sociales à venir. A l’image des attaques contre le droit de manifester comme pour la manifestation de samedi à Paris, empêcher de fait par le dispositif policier déployé, qui montre encore une fois la politique répressive du gouvernement.

 
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