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9 de décembre de 2020 Twitter Faceboock

Solidarité contre la répression
Soutien à Vincenzo Vecchi, poursuivi en France 19 ans après pour sa présence au contre-sommet du G8
Petra Lou

Vincenzo Vecchi subit l’acharnement judiciaire depuis 19 ans. Réfugié en France après avoir été condamné à 12 ans de prison en Italie pour sa participation aux manifestations du contre-sommet du G8 à Gênes, l’État français tente par tous les moyens d’emprisonner le militant et de le remettre aux autorités italiennes. Un nouveau procès en cassation aura lieu le 15 décembre à Paris.

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Rassemblement de soutien à Rennes le 15 août 2019. Crédits photo : AFP

Le sommet du G8 en 2001 à Gênes, et son contre-sommet qui regroupait des centaines de milliers de manifestants, avait marqué les esprits pour l’impressionnante répression qui avait été déployée par le gouvernement italien, qui avait fait parmi les manifestants plus de 600 blessés, et un mort, Carlo Giuliani, abattu par balles le 20 juillet 2001. La police italienne avait également fait une descente à l’école Diaz en pleine nuit, où des centaines de manifestants s’étaient organisés. La Cour européenne des droits de l’homme considère les actes qui ont été commis cette nuit-là « comme des actes de torture, en raison des souffrances physiques et psychologiques aiguës provoquées chez les intéressés  ». Bien que la Cour européenne des droits de l’homme a réitéré qu’il s’agissait d’actes de torture, comme le chef de la police italienne, Franco Gabrielli, à son tour en 2017, plusieurs militants subissent encore de l’acharnement judiciaire. 

C’est le cas de Vincenzo Vecchi, fils d’ouvrier et originaire de Bergame, dont les attaques de la justice ne cessent depuis 2001. En 2009, il avait été condamné à douze ans et demi de prison par la cour d’appel de Gênes pour « pour complicité de vol avec violence, incendie volontaire, complicité de dévastation et pillage, dommage volontaire et usage d’armes prohibées dans un lieu public ». En 2012, 11 ans après les faits, 10 manifestants sont condamnés à 100 ans de prison, dont fait partie Vincenzo Vecchi. Condamné à 4700 jours de prison pour “saccage et dévastation”, c’est par le “Code Rocco” qu’il est détenu : la loi Rocco (1926) est une loi directement issue du régime fasciste de Mussolini, qui condamne la seule présence sur des lieux où se sont produits des dégradations. C’est sur la notion de “concours moral” qu’il est condamné, selon laquelle la seule présence à une manifestation sans autre preuve matérielle suffit pour condamner.

Alors qu’il se réfugie en France, Vincenzo, est de nouveau condamné par un mandat d’arrêt européen, et arrêté en Bretagne par la police française. Après trois mois enfermé à la prison Rennes-Vezin, il est libéré le 15 novembre 2019 par la cour d’appel de Rennes, qui considère la procédure du mandat d’arrêt européen irrégulière. 

Mais aux mois de novembre-décembre de 2019, le procureur de la République fait un pourvoi en cassation, qui renvoie Vincenzo devant la cour d’Angers. Un an plus tard, la cour d’Angers refuse d’appliquer, comme l’avait fait la cour de Rennes, le mandat d’arrêt européen. Mais le ministère de la justice qui veut continuer l’acharnement sur Vincenzo, s’est pourvue en cassation, avec un nouvel article, le 132-71, “Constitue une bande organisée au sens de la loi tout groupement formé ou toute entente établie en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d’une ou de plusieurs infractions.”, s’appuyant sur une vidéo d’une assemblée qui préparait la manifestation des migrants le 19 juillet 2001 à Gênes. Alors que les autorités italiennes maintiennent les deux mandats d’arrêt européen, délivrés en 2007 et 2009, par les procureurs de Milan et Gênes, condamnant Vincenzo Vecchi à respectivement 4 ans et 12 ans et demi de prison, celles-ci requièrent « remise de Vincenzo Vecchi aux autorités judiciaires italiennes », au motif que « les mandats d’arrêt européens sont conformes » et « les infractions sont constituées ». En continuant l’acharnement contre Vincenzo, l’État français se salit les mains dans la continuité de l’acharnement des autorités italiennes, pour réprimer les militants qui ont participé au G8. 

Le 15 décembre, à Paris, Vincenzo Vecchi sera jugé en cour de cassation. Nous invitons à venir le soutenir dans le rassemblement appelé par le comité de soutien pour Vincenzo. 

Retrouvez la pétition pour le soutenir, en la signant et en la relayant. 

Alors qu’en France, le gouvernement continue son escalade sécuritaire, en renforçant son arsenal répressif, Vincenzo Vecchi est un exemple de ceux qui sont condamnés pour avoir simplement participé à une mobilisation. La justice continue de s’acharner sur lui et d’autres militants, 19 ans après les faits, connus pour l’horreur qu’a commis la police à Gênes, des actes de torture, humiliations, blessés, et la mort du jeune Carlo Giuliani, devenu un symbole de la répression policière. Un deux poids deux mesures de la Justice qui n’a aucune neutralité et continue de maintenir l’impunité de la police, qui depuis 2001 a continué la longue et tragique liste des morts par la police. Une justice qui fait appel à des lois héritières des régimes fascistes comme celui de Mussolini avec la loi Rocco, qui permet de criminaliser lourdement les manifestants. Pour la liberté de Vincenzo Vecchi, et le retrait de toutes les lois liberticides, mobilisons-nous !

 
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