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La Izquierda Diario
17 de décembre de 2020 Twitter Faceboock

Des moyens pour les services publics !
Vidal prépare la réouverture des facs, il nous faut des moyens pour qu’elle soit effective
Tifenn Marin

Frédérique Vidal annonce travailler à la réouverture des universités courant février. S’il est plus que nécessaire de rouvrir les facs après ces longues semaines de cours en distanciel, cela doit se faire avec de véritables mesures sanitaires et moyens pour les appliquer.

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Crédit photo : LUDOVIC MARIN / POOL / AFP

Mardi matin, la ministre de l’enseignement supérieur, de l’innovation et de la recherche annonçait qu’elle préparerait, dès janvier, la rentrée en présentiel dans les universités avec un « suivi très fin des clusters, comme ça a été mis en place en septembre ». Si le modèle pour février est la rentrée de septembre, nous avons du souci à nous faire : rien n’avait été correctement prévu pour accueillir au mieux les étudiants. Rappelons que Frédérique Vidal préférait alors dénoncer le comportement des étudiants et leurs soirées comme responsables de la situation sanitaire dans les universités, alors même que les amphis étaient bondés et qu’ils n’y avait aucune réelle mesure à part le port du masque obligatoire.

En septembre, si quelques universités ont mis en place des centres de test à proximité des campus, cette mesure est loin d’avoir été appliquée sur l’ensemble du territoire. De plus, les centres étaient souvent dépassés par la demande, comme à l’université de Rouen où le manque de moyens a eu raison du centre puisqu’une semaine après sa mise en place il n’acceptait plus que les personnes notifiées « cas contact ».

La réouverture des universités pour le deuxième semestre est le seul moyen de rompre l’isolement et réduire les inégalités que subissent les étudiants. Mais elle doit impérativement être conditionnée à la mise en place de tests massifs et surtout à un suivi des cas précis et à une totale transparence sur les contaminations, ce qui n’était évidemment pas le cas en septembre dernier – ce que semble avoir oublié Frédérique Vidal.

C’est aussi parce que le gouvernement n’a pas été capable de proposer de vrai plan sanitaire que les universités ont du fermer et qu’une grande parti du semestre s’est fait en distanciel, avec tout ce qu’il entraîne d’inégalités et d’isolement. Nous l’écrivions il y a quelque jour : selon un sondage mené par l’Association de l’École d’Affaires Publiques de Science Po Paris, 91 % des étudiants affirment avoir des difficultés à suivre les cours en ligne. Un pourcentage révélateur de la détresse de la jeunesse étudiante qui se retrouve pour la deuxième fois complètement isolée. Sans parler des inégalités matérielles accrues par les cours en distanciel : pour pouvoir suivre correctement il faut une bonne connexion, un ordinateur qui fonctionne et un espace de travail. Un luxe que ne permettent pas la précarité et les minuscules appartements étudiants. D’ailleurs, les chiffres sur la santé mentale sont eux aussi affolant : 41 % des étudiants se déclarent en état dépressif, un chiffre qui révèle le mal-être énorme d’une jeunesse désignée comme la génération sacrifiée.

Face à cela, le gouvernement nous transmet sa « petite pensée » et 150€ ponctuels pour les étudiants boursiers uniquement, alors même que la précarité ne cesse de s’accentuer, que le taux de chômage dans la jeunesse est de 20% et que le gouvernement se sert du confinement pour faire passer en douce la LPR qui précarise toujours plus les universitaires et criminalise le mouvement étudiant.

En réponse au maintien des partiels en présentiel dans certaines universités, les étudiants se sont mobilisés dans plusieurs villes pour dénoncer les conditions sanitaires désastreuses dans lesquelles on leur faisait passer leurs partiels, alors même que tous les cours ont été dispensés à distance. Une contradiction de trop pour les étudiants qui se trouvent dans un situation impossible et dont la colère commence à gronder. Dans des conditions d’études aussi dramatiques, le minimum serait d’appliquer le 10 améliorable, pour permettre aux étudiants de poursuivre leurs études et de ne pas subir une sélection sociale de fait, entre ceux qui ont les moyens de suivre les cours à distance et les autres.

Pour des études dans des conditions dignes et avec des conditions sanitaires adaptées, il faut se battre pour exiger un plan d’embauche massif dans l’éducation et les hôpitaux. Le tout accompagné d’une véritable stratégie massive de tests et de suivi des cas, et cela avant même les symptômes, pour réellement maîtriser l’épidémie et ne plus avoir recours à cette méthode moyenâgeuse qu’est le confinement. Dans les universités nous devons exiger des moyens à la hauteur de la gravité de la crise qui touche particulièrement les jeunes : il faut des embauches de personnel enseignant et administratif, ainsi que des structures et du matériel adéquat pour que tous les étudiants puissent suivre les cours correctement.

 
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