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6 de janvier de 2021 Twitter Faceboock

Education Nationale
Retour en classe : le seul qui ne voit pas le problème, c’est le ministre
Christa Wolfe

La troisième vague arrive, la mutation du virus toucherait particulièrement les jeunes et Blanquer a décidé -contrairement à de nombreux pays européens- de faire la rentrée coûte que coûte. Une fois de plus parents, profs et élèves sont méprisés : seule compte l’économie.

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Crédit photo : Crédit photo : JOEL SAGET AFP

Alors que les établissements scolaire ont ré-ouvert lundi, dans les suites d’une deuxième vague qui n’est jamais redescendue et en attendant la troisième qui s’annonce, le brave soldat Blanquer, ministre de l’Education nationale quand ça lui revient, est apparu sur les écrans dimanche soir pour nous rappeler que tout irait formidablement bien - c’est à dire qu’on change rien et on continue. Fier, et on le comprend, d’avoir à un moment entre octobre et novembre, réclamé qu’on ouvre un peu les fenêtres et qu’on essuie bien les poignées de porte, le ministre a donc rappelé que son protocole s’applique toujours et que même, en cas de besoin, il saura le renforcer - ça tombe bien, il aura deux semaines de libre en juin.

Partout en Europe, des gouvernements ont choisi de reporter la rentrée, en raison de la circulation active du virus et des inquiétudes liées au variant identifié pour la première fois au Royaume-Uni qui toucherait particulièrement les jeunes https://www.20minutes.fr/sante/2944.... Mais, en France, le gouvernement joue l’exception française : au prétexte d’un souci des élèves qui ne trompe plus personne ils ont décidé de rouvrir. Mettant ainsi en danger de nombreuses personnes : des élèves, aux personnels d’éducation en passant par les familles.

Si jamais la situation se dégrade, le ministre jouera la souplesse et le protocole sera renforcé - au carré, donc, puisque le protocole de novembre était déjà une "version renforcée". Ça va de plus en plus fort, pour Blanquer.

Alors que les annonces du ministre étaient, pour une fois, largement attendues par les personnels et les familles, ceux-ci ont dû attendre jusqu’à la veille de la rentrée pour avoir des informations sur les modalités de la reprise des cours. Le tout pour apprendre qu’il n’y aurait aucun changement, si ce n’est le renforcement de "l’aération" des salles de classe - en clair, ouvrir davantage les fenêtres en plein hiver. Alors que le ministère aurait pu profiter des deux semaines de congés pour réfléchir à un protocole digne de ce nom et élaborer une stratégie qui prenne en compte les évolutions de la situation sanitaire, il reste sur la ligne adoptée depuis la rentrée de septembre : conserver à tout prix un fonctionnement "normal" de l’école, avec un protocole au rabais. Le tout pour maintenir les élèves dans leurs établissements sur la totalité du temps scolaire et, ainsi, permettre aux parents de continuer à travailler tout en évitant d’avoir à investir un centime supplémentaire dans l’Education Nationale.

Avec un tel mépris, dans le contexte où personnels et élèves ont le sentiment d’être laissés sans moyens réels pour faire face à la crise sanitaire, le ministre se paie le luxe de pousser tout le monde à la limite et d’épuiser l’ensemble du service public d’éducation. Le "souci-bienveillant-du-ministre-de-la-confiance" n’a pas empêché les personnels et les élèves de lutter pour obtenir des mesures sanitaires décentes au mois de novembre, lors du retour en classe. Lycéen.e.s et enseignant.e.s, particulièrement en région parisienne, ont ainsi réussi à obtenir que les classes soient dédoublées dans plusieurs établissements. En effet, on n’a rien à espérer en laissant le pouvoir de décision à un ministère qui dysfonctionne à tous les étages et à un ministre qui apparait épisodiquement à la télé pour réciter des mantras. Le mouvement pour imposer des protocoles réels qui s’est construit à la rentrée de novembre appelle à poursuivre sur la voie d’une reprise en main, par les personnels, les élèves et leurs familles, du fonctionnement des établissements scolaires pour assurer la santé et le bien-être de toutes et tous.

Dans la guerre ouverte que le gouvernement mène contre les services publics et la classe ouvrière, salariés et élèves, la crise sanitaire marque une étape, qui souligne de manière extrêmement brutale la priorité absolue donnée à l’économie et aux intérêts du grand patronat et de l’actionnariat. De même, au risque de contamination s’ajoutent les effets de burn-out et d’épuisement moral pour les personnels. Et Blanquer, ce ministre tout en raideur, a le profil idoine pour fabriquer de la catastrophe sur ce plan, puisqu’il est largement détesté par les enseignant.e.s qu’il méprise ouvertement en retour. Et pour entendre enfin un discours qui ne serait pas du semblant, on n’attend plus qu’une nouvelle apparition télévisuelle qui annoncera sa démission. 

 
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