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La Izquierda Diario
7 de janvier de 2021 Twitter Faceboock

Sexisme au travail
Toulouse. Le CHU condamné pour avoir ignoré le harcèlement sexuel dénoncé par une salariée
Avis Everhard
Rozenn Kevel, CGT Chronodrive

Victoire pour une salariée du CHU de Toulouse victime de harcèlement sexuel ! Alors que la direction avait décidé de fermer les yeux sur la situation malgré les nombreuses alertes de la victime et de la CGT, le Tribunal Administratif de Toulouse a condamné le CHU de la ville.

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Le 4 janvier, la CGT CHU Toulouse publiait un article annonçant que le Tribunal Administratif de Toulouse avait condamné le CHU de la ville à verser une indemnité à une salariée victime de graves agissements de harcèlement sexuel de la part d’un responsable.

Malgré les nombreuses alertes de la victime et la CGT du CHU, la direction n’a pas pris la situation au sérieux. Le CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) avait voté l’ouverture d’une expertise indépendante par le cabinet Socio-scoop. Ces experts agrées par le ministère du travail élaborent alors une enquête afin de déterminer si le comportement de l’encadrement tient lieu du harcèlement sexuel. Selon l’article de la CGT, le rapport établi plusieurs constats confirmant les plaintes de la victime comme des « pratiques professionnelles et managériales sur le registre sexuel » alimentées des commentaires sur la tenue, des propos et allusions sexuelles allant parfois qu’aux attouchements, des jeux et des blagues et des formes de drague qui perduraient en dehors du cadre du travail. Un comportement qui, obligatoirement, créait un sentiment de persécution et d’envahissement jusque dans la vie privée de la salariée. Mais aussi, l’humiliation par le dénigrement du métier de secrétaire et des injonctions à se taire : « Toi, tu es là pour prendre des notes et pas prendre la parole ».

Alors que la victime avait envoyé plusieurs mails racontant des faits d’agressions sexuels fait par son cadre durant les mois d’avril à juillet 2016, la direction ne réagit pas et ferme les yeux sur la gravité de la situation. Ainsi, une représentante de la direction des ressources humaines à la cellule harcèlement aurait dit à la salariée : « des bisous, c’est pas un crime ». Le directeur général, lui, n’a pas accordé la protection fonctionnelle obligeant la salariée a payer elle-même les frais de son avocate.

C’est cette inaction de la direction qui conduit l’agente à signaler aussi le harcèlement dont elle était victime à la CGT, qui, suite au rapport rendu par le cabinet Socio-scoop, a donc attaqué en justice le CHU de Toulouse pour n’avoir rien mis en place pour « qu’elle ne subisse plus ce harcèlement », comme l’explique Julien Terrié de la CGT.

Finalement dans un rendu datant du 17 décembre 2020, le tribunal administratif de Toulouse condamne le CHU à verser une indemnité à la victime. Mais la direction du CHU en a profité pour redorer son blason en disant qu’il n’y aurait pas d’appel à la décision car « la lutte contre les harcèlements et les discriminations » est « une priorité institutionnelle ». Pourtant, cette affaire et la lenteur administrative est emblématique du fait que les lois contre le harcèlement sexuel au travail sont bien souvent ignorées par les directeurs et les patrons, qui préfèrent limiter au maximum les dépenses et le bruit que cela peut occasionner en minimisant les faits, voire en les ignorants.

La CGT CHU Toulouse déclare qu’ « il s’agit d’une victoire pour toutes les victimes de harcèlement au CHU de Toulouse et ailleurs ». Car le harcèlement de cette salariée n’est pas un cas isolé et les nombreux témoignages de travailleuses qui dénoncent le sexisme dans leur lieux de travail en témoignent. Comme à Macdonald, à H&M, à la RATP , dans la restauration et l’éducation nationale ou encore à Chronodrive où des femmes ont elles aussi décidé de ne plus se taire et de ne plus avoir à subir ces agissements sexistes et sexuels.

Nous savons que nous ne sommes pas seules et nous savons que ces actes doivent cesser. Mais ce ne sont ni nos DRH, ni nos directeurs, ni le gouvernement qui vont pouvoir répondre réellement à la situation. Car celles qui ont le plus intérêt à stopper ce sexisme, ceux sont celles qui le subissent tous les jours. Celles qui sont le plus à même de savoir quoi et comment mettre en place de réelles solutions sont celles qui connaissent leur conditions de travail, ce sont celles qui savent qu’est ce qui va et qu’est ce qui ne va pas.

Ce sont aux salariées elles-mêmes de s’organiser pour leurs conditions de travail face au sexisme et plus largement, aux côtés de tous leurs collègues, se battre pour un travail et une vie digne débarrassés de toute oppression et de toute exploitation.

 
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