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9 de janvier de 2021 Twitter Faceboock

Fuite à la raffinerie de Donges : derrière le discours écolo, les économies de Total font des ravages
Prune Fabre

Samedi 2 janvier, des dépôts d’hydrocarbures sur la Loire ont été observés par une équipe de la raffinerie de Donges : cet incident est directement lié aux économies de maintenance faites depuis des années par Total.

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Crédits photo : DAMIEN MEYER/AFP

Samedi 2 janvier, lors d’une tournée de surveillance du matériel, l’équipe de la raffinerie Total de Donges, en Loire-Atlantique, a remarqué la présence d’irisations (dépôts) d’hydrocarbures sur la rive de la Loire à proximité d’un des équipements permettant de charger ou de décharger des produits pétroliers. Dans un communiqué paru hier (jeudi 7 janvier) la direction de la raffinerie a annoncé que « Les installations pétrolières situées à proximité ont été immédiatement arrêtées et isolées. Les équipes de la raffinerie ont déployé des plaques de buvard ainsi que des barrages absorbants afin de contenir les irisations et absorber les quelques litres d’hydrocarbures sur la zone localisée.” Une fuite résultant d’un manque d’entretien flagrant a donc dû être résolu par les travailleurs en dépit des risques que cela peut provoquer. Le communiqué ajoute “des fouilles se poursuivent pour préciser l’origine de l’incident. Parallèlement, les canalisations concernées sont en cours de vidange ». Dans cette zone Total exploite une vingtaine de canalisations permettant l’approvisionnement de la raffinerie en produits pétroliers ou leur transport, parmi elles de nombreuses canalisations en mauvais état.

En effet, comme précisé par la préfecture de Loire-Atlantique ce jeudi après-midi, c’est l’une de ses canalisations enterrées qui a provoqué “le rejet de quelques litres de pétrole en Loire". Cet accident pose la question de la sécurité industrielle, car ce risque d’incident est loin d’être marginal dans les exploitations Total.

En effet il y a un risque permanent d’accident industriel sur tous les sites de Total car le matériel est délabré, les pipelines sont usés du fait d’économies permanentes faites par Total dans le domaine de la maintenance. Dans la raffinerie de GrandPuits en Seine et Marne, où les travailleurs sont actuellement dans un bras de fer contre leur direction qui menacent la suppression de centaines d’emplois, cela fait dix ans que la direction a décidé de faire des économies sur la maintenance.

Un raffineur en grève de Grandpuits nous y confiait : “On a remarqué depuis une bonne dizaine d’années que l’entretien a été mis de côté, on a beaucoup de pompes, de machines tournantes qui sont abîmées, on attend vraiment la rupture pour réparer, même les machines de secours sont mises de côté tant au niveau de la maintenance que de la réparation. La raffinerie de Grandpuits date de 1969 depuis la tuyauterie s’est usée, elle perd de son épaisseur avec le passage des produits, ça commence à fissurer, à percer de partout”, “le pipeline en direction du Havre c’est un exemple de ce délabrement avec une prolifération des micro-fissures risquant de se transformer en fissures plus importantes”.

Cette détérioration des matériaux peut avoir des conséquences très graves sur la santé des raffineurs en cas de fuites. Total, par sa gestion de ses infrastructures, est le seul responsable de ces risques tant environnementaux qu’humains en cas d’incident. Auparavant, tous les trois ans, la raffinerie de Grandpuits s’arrêtait pour l’entretien, actuellement ils ont lieu tous les cinq ans excepté pour l’unité d’acide : “cinq ans ça fait deux ans de plus et c’est deux ans de trop, en deux ans il y a des choses qui lâchent".

La CGT Grandpuits partageait le même constat quant à la sécurité industrielle : « Même sur le terrain de la sécurité, la direction cherche à grappiller des profits : ils veulent mettre un seul pompier dans le service sécurité quand il y en a minimum trois dans les autres usines de ce type. C’est ce type de politique qui peut aboutir à de nouveaux Lubrizol dans des sites comme celui-ci » .

La gestion de la maintenance de Total dans ces différentes raffineries est un exemple flagrant d’un profit prévalant toujours sur la santé des travailleurs et sur la sauvegarde de l’environnement pour les entreprises capitalistes. Face à ce constat, les tentatives de Greenwashing de Total comme l’illustre la fermeture de Grandpuits justifiée par des arguments soi-disant écologiques (mais en réalité par refus de Total d’entretenir le pipeline du Havre) sont encore plus caducs.

Encore et toujours, les travailleurs de Total démontrent qu’ils sont les seuls responsables à bord. Une fuite c’est la contamination de leur lieu de vie, de celui de leur famille et l’assurance de se retrouver en première ligne pour éponger. Eux-seuls seraient capables de prendre en charge la gestion des raffineries et de les reconvertir selon les besoins sociaux et écologiques nécessaires, peu importe ce qu’il en coûte comme se plaisent désormais à le dire nos dirigeants quand il s’agit de nous faire payer la crise. Car Pouyanné, le PDG de Total préfère licencier des centaines de personnes à Grandpuits que d’entretenir les pipelines, masquant la délocalisation de l’activité pétrolière dans des pays dominés par l’impérialisme français où Total peut, encore plus qu’en France, faire sa loi. C‘est pour cela qu’il faut exiger la nationalisation sous contrôle ouvrier des raffineries de pétrole, car si une telle gestion des raffineries perdure, des drames sont à venir, tant humains qu’écologiques.

 
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