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La Izquierda Diario
13 de janvier de 2021 Twitter Faceboock

Sois jeune et tais toi
Montpellier. Stage avec des policiers : le flic, nouvel outil pédagogique des collèges et lycées
Thibault Yeamreg

Les élèves exclus de leurs établissements à Montpellier pourront se voir proposer un stage avec la police nationale. Une mesure qui s’inscrit clairement dans le saut répressif et sécuritaire mis en place par le gouvernement et qui vise l’éducation nationale et la jeunesse.

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Crédit photo : DDSP 34

L’éducation nationale toujours en route vers la mise au pas de la jeunesse. Plutôt que de renforcer les moyens dans l’éducation, et alors que les profs comme les élèves font face à une gestion catastrophique de la crise sanitaire, l’éducation nationale en appelle aux forces de l’ordre pour s’occuper des élèves. La police nationale a signé une convention avec l’académie de Montpellier qui permettra de proposer un « stage » avec des policiers aux élèves exclus de leurs établissements, rapporte France Bleu

Ce sont les chefs d’établissement qui pourront faire appel pour que ce stage soit proposé à de jeunes lycéens sanctionnés d’exclusion dans leur établissement. Le site du « centre de loisir jeunes » de la police nationale, on affiche son ambition de permettre l’apprentissage « des valeurs et des règles de vie » aux jeunes. Ils expliquent aussi que le but serait d’améliorer les relations avec la jeunesse des quartiers “difficiles”. C’est sans compter que c’est cette même police qui quadrille ces quartiers, y harcèlent systématiquement les jeunes par des contrôles racistes qui peuvent aller jusqu’à des violences policières pouvant causer la mort, comme ce fût le cas de Zyed et Bouna en 2005 ou Adama Traoré en 2016.

Plutôt que de mettre des moyens dans l’accompagnement pédagogique en embauchant massivement des enseignants et des personnels de l’éducation, l’éducation nationale préfère laisser les jeunes dans les mains de la police. En 2018 déjà, le gouvernement réfléchissait à mettre en place des postes de polices permanents dans les établissements scolaires ce qui avait indigné beaucoup de parents d’élèves.

L’académie de Montpellier préfère donc s’en remettre à la matraque, plutôt que de mettre les moyens pour enseigner et accompagner. Face à cela il est plus que jamais nécessaire d’exiger plus de moyens dans l’éducation comme dans les services publics tels que la santés. Les coupes budgétaires menées depuis des années et la casse des services publics n’ont fait que creuser les inégalités et accentuer les difficultés scolaires et sociales pour de nombreux élèves. Seules des embauches massives et plus de moyens dans l’éducation pourront permettre de décharger les classes et mieux s’occuper de l’apprentissage individuel des élèves.

Ce genre de mesure s’inscrit bien dans le tournant répressif que met en place le gouvernement et qui touche l’éducation nationale. En novembre dernier, alors qu’ils se mobilisaient pour exiger de véritables protocoles sanitaires dans leurs établissements, préoccupés par la santé de leurs parents, plusieurs lycéens avaient été matraqués et gazés. Ce fût le cas au lycée Louis-le-Grand à Paris mais aussi au lycée Paul Éluard de Saint-Denis où 5 lycéens avaient été violemment interpelés et placés en garde-à-vue après s’être fait réprimer. De la même manière, on se souvient de l’académie de Besançon qui suite à la mort de Samuel Paty avait incité les professeurs à dénoncer les élèves dont le comportement pourrait être assimilé à de « l’apologie du terrorisme »-> https://www.revolutionpermanente.fr/Chasse-aux-sorcieres-et-offensive-islamophobe-L-Academie-de-Besancon-appelle-les-profs-a-la-delation]...

Cette mesure est aussi une tentative de redorer l’image de la police auprès d’une jeunesse qui s’était mobilisée massivement l’été dernier contre les violences policières et le racisme. Ces mobilisations avaient largement contribué à révéler le rôle fondamentalement répressif de la police ainsi que son fonctionnement.

Plus récemment encore, de nombreux jeunes se sont mobilisés contre le saut répressif et sécuritaire du gouvernement qui fait passer des lois liberticides et racistes comme la loi sécurité globale et la loi islamophobe sur le séparatisme. Cette mobilisation avait pris encore plus d’ampleur suite au lynchage raciste de Michel Zecler, producteur de musique noir.

 
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