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La Izquierda Diario
13 de janvier de 2021 Twitter Faceboock

soutien à la grève
Entretien. Des étudiants en art et design en soutien à la grève de Grandpuits
Tom Cannelle

Lundi dernier, pour le 4ème jour de grève reconductible des raffineurs de Grandpuits, des étudiants en art et design sont venus soutenir les raffineurs de Grandpuits sur leur piquet de grève. Révolution Permanente s’est entretenu avec eux.

Link: http://www.revolutionpermanente.fr/Entretien-Des-etudiants-en-art-et-design-en-soutien-a-la-greve-de-Grandpuits

Est ce que vous pouvez raconter ce qui s’est passé lundi sur le piquet ?

On se pointe à Grandpuits en début de matinée, un gréviste vient nous chercher à la gare. Première rencontre avec Paul qui nous résume la situation. On vient pour filer un coup de main pour visibiliser la lutte par la fabrication de banderoles, de drapeaux... Sur le piquet, ils ont beaucoup d’organisation à gérer pour construire la grève, on se pose autour du brasero jusqu’en milieu d’aprem. C’est l’occasion de faire des rencontres et discuter avec les grévistes, autour d’un café puis d’un barbecue.

À 14h l’AG commence, il y a beaucoup de monde et de soutien interpro. Gros travail d’Adrien, délégué CGT, qui rappelle que les centrales syndicales ne sont pas là pour confisquer la lutte aux grévistes, et appelle à des AG souveraines et délibératives. La grève est rapidement reconduite à l’unanimité sous les applaudissements !

Après l’AG on commence à réfléchir avec des grévistes aux banderoles et aux slogans. Ça commence sur le ton de la rigolade, puis des idées sont fixées : exposer la violence de Total contre laquelle se structure la lutte, et l’impact des suppressions d’emplois sur les travailleurs, leurs familles et la région. Banderoles et drapeaux sont construits et on commence à peindre. Les grévistes semblent timides et hésitent au début à prendre bombes et pinceaux. Passé l’hésitation, certains viennent mettre la main à la pâte avec nous. Des slogans sont aussi écrits sur les vestes de travail orange fluorescentes des grévistes. Une fois finies, les banderoles et drapeaux serviront pour une opération escargot, pour visibiliser dans le 77 ce qu’il se passe à Grandpuits. On quitte le piquet vers 19h, un gréviste nous ramène à la gare. Journée fatigante dans le froid mais le sentiment d’avoir filé un coup de main pour un truc important, rencontre avec des gens déterminés à ne pas se laisser faire.

Pourquoi êtes-vous venu·es soutenir la grève des raffineurs de Grandpuits ?

Ils sont engagés dans un rapport de force tendu face au mastodonte qu’est la direction de Total. Dans notre économie capitaliste, lutter pour son travail c’est lutter pour vivre, avec des répercussions sur les familles et les territoires qui peuvent être destructrices. Du coup multiplier les soutiens c’est nécessaire pour augmenter la portée de la grève. Se battre pour déposséder la toute puissance des entreprises dans la gestion de l’emploi et du travail c’est un des nerfs de la lutte des classes. Ça peut se faire qu’en créant des solidarités pour peser dans la balance.

Qu’est ce que vous pensez du rôle des artistes et des designers dans ce genre de lutte ?

Il y a un gros enjeu à opérer des rencontres entre des milieux qui se croisent rarement. Si d’autres secteurs ouvriers peuvent se mettre en grève en soutien, en tant qu’artistes ou designers, si l’on veut soutenir la lutte de Grandpuits, la grève n’est pas forcément l’outil le plus efficace dont on dispose. Ce qu’on peut faire, c’est participer à visibiliser la lutte en aidant à fabriquer des banderoles pour les actions, en dessinant des visuels pour les réseaux, des autocollants...
Ce qu’on peut apporter, c’est des outils, des savoir-faire, du temps et de l’énergie, des choses très concrètes mais qui peuvent aider à rendre les revendications plus visibles. Ça peut aider à décharger les grévistes d’une partie de ce travail, parmi les mille choses qu’ils ont à faire.

Qu’est-ce que vous pensez du rôle des étudiant·es en art sur le piquet ?

Pour autant, il faut faire attention à ne pas non plus "submerger" le piquet de grève, au risque de déposséder les grévistes de leur action. On est pas là pour faire à la place mais AVEC eux. Se coordonner entre étudiant·es pour faciliter les liens avec les grévistes peut être intéressant, en gardant bien en tête qu’on est là comme soutien pour fabriquer des supports qui expriment leur parole, leurs slogans. En plus des coups de mains qu’on peut donner, on a envie de penser des outils qui permettraient aux grévistes d’être autonomes matériellement dans la fabrication. Après une première expérience de banderole un peu chaotique, on aimerait fabriquer des pochoirs pour améliorer la lisibilité des banderoles et faciliter l’expression directe des grévistes.

 
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