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14 de janvier de 2021 Twitter Faceboock

Paris 8. Le Poing Levé, une liste anticapitaliste de combat, se présente aux élections
Le Poing Levé Paris 8

Le collectif étudiant le Poing Levé se présente aux élections des conseils centraux de l’Université Paris 8 qui auront lieu les 9, 10 et 11 février prochain. Alors que la jeunesse étudiante se retrouve aujourd’hui en première ligne de la crise sanitaire et économique, cette échéance est l’occasion d’avancer un programme résolument anticapitaliste et de réaffirmer que les jeunes n’ont pas à payer la crise !

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Crédits photo : O Phil des Contrastes

Qui sommes-nous ?

Le Poing Levé est un collectif étudiant présent dans trois universités parisiennes, à Toulouse et à Bordeaux sous le nom de Onzième Thèse. Ces collectifs sont à l’initiative des militants de Révolution Permanente au sein du Nouveau Parti Anticapitaliste. A Paris 8, nos militants sont présents depuis plusieurs années sur la faculté. Nous avons activement participé à la lutte contre l’augmentation des frais d’inscriptions pour les étudiants étrangers.

Nous avons également été à l’initiative de plusieurs évènements politiques importants sur l’université comme l’organisation d’un séminaire « histoire et stratégie de la grève féministe » en lien avec des professeurs, auquel ont participé de nombreuses femmes travailleuses, dont les grévistes du secteur du nettoyage qui ont mené une lutte exemplaire en 2017 face à l’entreprise ONET ainsi que celles de l’hôtel Ibis Batignolles.

Avec nos camarades étudiants étrangers, qui ont été les plus durement touchés par la précarité, la faim et l’isolement, nous avons lutté pendant le confinement pour faire entendre la voix des étudiants dits « extra-communautaires » en lançant une tribune parue dans Médiapart intitulée « Étudiants étrangers, nous refusons de payer la crise et de continuer à crever de faim ! ».

Nous nous sommes également mobilisés activement dans tous les derniers mouvements de lutte, de la grève contre la réforme des retraites aux côtés des travailleuses et des travailleurs de la RATP et des cheminots en décembre 2019 au mouvement historique contre les violences policières et le racisme l’été dernier. Dernièrement, nous avons également battu le pavé contre l’offensive sécuritaire et raciste du gouvernement pour exiger le retrait total de la loi sécurité globale et de la loi islamophobe sur le séparatisme.

Comme la jeunesse et les étudiants, les travailleuses et les travailleurs sont en première ligne de la crise économique et font face à des plans de licenciements massifs. Aujourd’hui, nous soutenons activement les travailleurs de la raffinerie de Grandpuits en lutte pour sauver leurs emplois face au géant Total qui cherche à licencier pour mieux polluer dans les pays d’Afrique.

Une jeunesse précaire sur fond d’offensive sécuritaire et de violences policières

La crise ouverte par la pandémie mondiale n’a eu de cesse d’aggraver les conditions de précarité et de détresse dans lesquelles étaient déjà plongés une grande partie des étudiants. Isolés par l’enseignement en distanciel dans des logements exigus, vissés toute la journée derrière un écran, et toujours plus précarisés par la crise économique, la situation des étudiants est aujourd’hui alarmante comme l’a récemment démontré les tentatives de suicide de deux étudiants lyonnais qui se sont défenestrés depuis leurs chambres universitaires. Face à cette situation, le gouvernement et les présidences d’Université continuent de faire comme si de rien n’était, brillant par leur mépris. Plus préoccupées par le fait de maintenir la sélection et la pression scolaire, les présidences d’Université comme à Paris 4 ont décidé d’organiser les partiels en présentiel au mépris de la santé des étudiants. Mais les étudiants ont organisé des blocages, forçant la présidence à reculer.

Alors qu’avant la crise, un étudiant sur deux était contraint de travailler dans des taffs précaires pour pouvoir financer ses études et vivre, le confinement a démontré que la jeunesse était la variable d’ajustement des capitalistes et un jeune sur trois a perdu son emploi à la suite du premier confinement. À Paris 8, université où un étudiant sur quatre est étudiant étranger et où une grande majorité vient de quartiers populaires, cette précarité est décuplée. En témoignent les files d’attentes monstrueuses devant la faculté pour récupérer des colis alimentaires. Alors que la misère étudiante s’accroît, nos perspectives d’avenir s’assombrissent avec la fermeture des débouchés professionnels et l’impossibilité de trouver des stages. La crise sanitaire, économique, climatique démontre de jour en jour que le système capitaliste est à bout de souffle.

Face à cette situation catastrophique, la seule réponse du gouvernement a été d’une part de donner 150 euros aux étudiants boursiers, ce qui n’est même pas suffisant pour vivre un mois, et, d’autre part, la mise en place de la plateforme “1 jeune, 1 solution”, qui se contente en réalité de nous renvoyer vers des offres d’emploi déjà promues par Pôle Emploi. Dans le même temps, il donne des milliards aux grandes entreprises, qui profitent de la crise sanitaire pour licencier à tour de bras, et fait passer des lois visant à soumettre toujours plus les services publics et les universités aux intérêts privés, comme c’est le cas de LPR.

Face à la précarité grandissante, aux conditions catastrophiques d’étude dans les universités, à l’absence de perspectives mais également face au sexisme et au racisme, la situation dans la jeunesse est aujourd’hui explosive. L’été dernier, les jeunes se sont mobilisés massivement contre les violences policières et le racisme d’Etat. La réponse du gouvernement n’a été que de renforcer son appareil répressif tout en continuant de faire passer des lois liberticides et racistes comme la loi sécurité globale et la loi islamophobe sur le séparatisme. Ces mesures visaient aussi la jeunesse étudiante, comme en témoigne la tentative de criminaliser les mobilisations étudiantes par l’article 38 de la loi LPR (depuis censuré par le conseil constitutionnel). Mais une nouvelle fois, nous avons répondu présents pour dire non à cette offensive autoritaire, en nous rassemblant massivement dès le mois de novembre.

Pourquoi voter le Poing Levé à la CFVU et au CA ?

Si ces combats, contre le chômage et la précarité, pour les droits démocratiques et contre le racisme d’État se mènent à l’échelle de l’ensemble de la société, ils se mènent aussi sur nos lieux d’études. dans l’université, qui doit être mise au service de l’émancipation de la majorité. C’est pour cela que nous nous présentons aux élections.

Nous n’avons pas l’illusion de pouvoir changer les fondements de l’université dans le cadre de conseils qui sont des instances anti-démocratiques. Au Conseil d’Administration, les étudiants représentent seulement 6 des 24 personnes qui y siègent. Dans ce même conseil, 8 personnes siègent sans avoir été élues, parmi elles on trouve le directeur général d’une multinationale qui revendique 75 millions d’euros de chiffres d’affaires, et le président d’un gros promoteur immobilier impliqué dans plusieurs scandales.

Cependant, nous pensons qu’il est important d’y avoir des élus pour rapporter à l’ensemble des étudiants les informations qui y sont discutées dans l’opacité la plus totale, ce que n’ont pas fait les autres listes étudiantes élues précédemment (Unef-Hold Up composée de militants de Solidaires). Mais aussi d’y faire entendre des revendications dont l’issue se trouvera surtout dans les mobilisations. Pour cette raison, Le Poing Levé veut faire vivre le marxisme et la politique révolutionnaire à l’université, défend fermement l’auto-organisation des mobilisations et mettra ses moyens au service des mobilisations et de la lutte des classes.

Une Université capable d’accueillir tout le monde malgré la pandémie et sans précarité !

Un an après le début de l’épidémie, l’université est toujours incapable d’accueillir tout le monde, faute de moyens ! Les décrochages se multiplient, notamment des plus précaires. Face au spectre d’une troisième vague, il n’y aura pas de bonne solution sans moyens à la hauteur des nécessités. Pour que l’université reste ouverte, nous exigeons l’ouverture d’un centre de dépistage gratuit et permanent, des distributions gratuites de masques et surtout des moyens et des embauches massives de personnels pour désengorger les salles sans exclure les étudiants. Et on ne nous dira pas qu’il n’y a pas d’argent, quand les milliardaires Français ont connu en moyenne une hausse de 20% de leur patrimoine en 2020, en pleine pandémie !

Pour une université féministe, antiraciste et anti-impérialiste

Paris 8 doit devenir la place forte d’un féminisme lutte des classes, anti-raciste, anti-impérialiste et révolutionnaire, contre l’instrumentalisation du féminisme à des fins racistes ! Trop couvertes ou pas assez, c’est aux femmes de décider. Nous revendiquons un accès gratuit, universel et visible aux moyens de contraception et aux protections menstruelles. Nous exigeons aussi qu’une crèche soit installée à l’université. Pour statuer sur les affaires de violences sexuelles et sexistes qui ont lieu au sein de l’Université ou en dehors, nous revendiquons la création d’une commission de médiation des étudiant-e-s, enseignant-e-s et personnels, basée sur l’auto-organisation.

Les étudiants étrangers, qui viennent principalement des pays anciennement colonisés et toujours pillés par la France, ne doivent rien à l’État. Ils doivent pouvoir étudier gratuitement et nous exigeons la régularisation immédiate de tous les sans-papiers, ainsi que la réquisition de tous les logements vides afin que les étudiants étrangers et nationaux puissent se loger dignement.

Pour une Université au service de la majorité, gratuite et ouverte à toutes et tous

Contre toutes les réformes sélectives et les logiques de privatisation de l’enseignement supérieur, nous défendons fermement et par tous les moyens l’abandon de toutes les mesures sélectives et la gratuité totale et pour toutes et tous de l’université. Nous revendiquons également l’aménagement des cours pour les étudiant.es salarié.es, qu’ils/elles aient ou non un contrat, pour que les plus précaires cessent d’être poussé.es vers la sortie de leurs cursus.

Par ailleurs, nous estimons que les personnalités extérieures liées au patronat n’ont rien à faire dans les conseils de l’université. L’université doit être mise au service de la majorité, et la recherche doit être mise au service de la résolution des grands problèmes auxquels fait face l’humanité, comme la crise écologique. Soumettre l’université aux intérêts privés comme le font les différents gouvernements successifs depuis des années a bien montré ses conséquences : en 2004 par exemple, un projet de recherche sur le coronavirus a été stoppé sous prétexte qu’il n’était pas rentable.

Dans les universités, sur nos lieux de travail, un bras de fer va s’engager dont l’issue déterminera ceux qui vont payer la crise. Alors que la jeunesse est et va continuer à être un des secteurs les plus touchés par la crise, nous aspirons à organiser la fraction combative de cette jeunesse et à diffuser les idées révolutionnaires à l’université. En ce sens, nous invitons tous les étudiants qui le veulent à nous rejoindre, à militer avec nous et à voter pour Le Poing Levé Paris 8 les 9, 10 et 11 février !

 
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