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La Izquierda Diario
15 de janvier de 2021 Twitter Faceboock

Étudiants méprisés
Campagne de tests à Lyon : réquisition d’étudiants en médecine payés 2,60€/heure
Alex Mong

L’épidémie continue à se répandre, notamment les nouveaux variants qui inquiètent particulièrement, et que l’on craint un scénario qui paralyse à nouveau le pays et engorge les hôpitaux. Mais faute de préparation sanitaire à la hauteur, les étudiants en médecine de Lyon se voient réquisitionnés pour les tests PCR… pour 2,60€ de l’heure.

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Crédits photo : Claude Truong-Ngoc/Wikimedia Commons

A Lyon, et ce dès lundi, les étudiants en quatrième année de médecine seront réquisitionnés pour participer à une grande campagne de tests organisée par la municipalité. Par cette annonce de dernière minute se révèle l’impréparation la plus complète de cette campagne de tests, tardive d’une part, et d’une autre avec un manque de moyens humains criant. Les représentants des étudiants dénoncent une mascarade mais surtout refusent d’être utilisés comme la variable d’ajustement des politiques néolibérales qui cassent le système de santé depuis des décennies.

En ce sens, une étudiante explique « On sera rémunérés de notre salaire d’externe - qui n’encadre pas ces missions - donc 2,60 euros de l’heure, alors que n’importe quel professionnel de santé serait payé au smic. » Un scandale qui se répète puisque déjà lors de la première vague le gouvernement cherchait à combler les trous laissés par ses propres réformes austéritaires en réquisitionnant des étudiants pour moins d’un euro de l’heure. En première ligne et sur-exploités les étudiants s’expriment au travers d’un communiqué : « Cette fois, nous disons non. Volontaires, oui. Forcés et sous-payés, non. »

Dans la santé publique comme dans le privé, la jeunesse endosse le rôle de variable d’ajustement depuis le départ de la crise. Dans la grande distribution pour les profits des capitalistes qui ont vu leurs profits décuplés alors qu’ils licencient à tour de bras, impactant directement les jeunes dont les contrats précaires sont les premiers à sauter, ou les conditions de travail et d’embauche à être dégradées. C’est la même politique à l’œuvre dans les hospices lyonnais cherchant à profiter des conditions précaires des étudiants pour les exploiter à moindre coût.

Mais à rebours de cette réalité, Frédéric Laurent, le responsable des centres de dépistage des Hospices civils de Lyon (HCL) qui a organisé cette réquisition, estime avec hypocrisie que c’est une opportunité pour les étudiants. « C’est des choses qui sont intéressantes à faire et on ne fera pas de bénéfices là-dessus. » ose-t-il déclarer alors qu’en réalité le plan est d’utiliser la main d’œuvre pas chère que représentent les stagiaires de médecines cherchant à éviter par là la nécessité d’embaucher massivement des travailleurs dans la santé, sous statut et avec des salaires dignes pour répondre aux besoins de l’hôpital. Il rappelle y compris d’un ton moralisateur ces étudiants qui voudraient contester son choix : « Et puis, je rappelle aux étudiants le serment d’Hippocrate. » Ce n’est pas aux étudiants, souvent précaires et surchargés, de faire les frais des manques de moyens à l’hôpital ! Rappelons qu’un étudiant sur deux est obligé de travailler pour étudier, ou qu’encore les étudiants dans le domaine de la santé se livrent à des semaines de stages exténuantes dépassant largement les 35h et payés une misère.

Face à la situation grave à laquelle nous a conduit cette gestion « made in Medef » de la crise sanitaire, nous avons besoin d’investissement massif dans l’hôpital public et pas dans les plans de relance au grand patronat. En ce sens, s’il n’est certes pas possible de faire confiance au gouvernement pour le mettre en place, et si les étudiants ont leur rôle à jouer avec les travailleurs dans la résolution de la crise, cela doit se faire au travers d’une stratégie sanitaire organisée par les travailleurs et professionnels de santé. La sortie de crise n’est pas envisageable entre les mains du patronat, son gouvernement et les directions d’établissement hospitaliers qui les représentent. Nous devons imposer un plan sanitaire à la hauteur, avec des conditions de travail dignes et des salaires revus à la hausse.

 
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