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La Izquierda Diario
18 de janvier de 2021 Twitter Faceboock

En pleine pénurie de vaccin, Sanofi supprime 1000 emplois en France dont 400 en R&D
Sara Yuki

Le géant de l’industrie pharmaceutique annonce un plan de licenciements de 1700 emplois en Europe, dont 1000 en France. La CGT appelle à une grève ce mardi pour faire face à la direction de Sanofi qui, parallèlement, continue de verser des millions d’euros de dividendes et de recevoir des aides publiques aux montants faramineux.

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crédit photo : reuters

La CGT Sanofi appelle à une grève ce mardi, suite à l’annonce d’un plan de licenciements XXL. Selon France Inter, le premier groupe pharmaceutique européen souhaite supprimer 1700 emplois en Europe, dont 1000 en France. Parmi eux, 400 postes de recherche sont concernés.

En pleine crise sanitaire, dans un moment où les entreprises pharmaceutiques jouent un rôle central, notamment celles comme Sanofi dont l’une des branches est spécialisée dans la vaccination, il est difficile pour les patrons de trouver des arguments solides pour faire valoir ces suppressions d’emplois - et encore plus de parvenir à les justifier par des prétendues difficultés économiques. Dire que les suppressions d’emplois sont dues au fait que le laboratoire a pris un retard vis-à-vis de ses concurrents - comme Pfizer/BioNTEch, Moderna ou AstraZeneca - n’est pas entendable. Ces suppressions d’emplois sont prévues depuis de nombreux mois, et Sanofi est une entreprise bien assez importante pour y faire face sans tomber.

En effet, à titre d’exemple, l’entreprise a mis en place cet été un plan d’investissement à hauteur de plus de 610 millions d’euros “pour faire de la France son pôle d’excellence mondial dans la recherche et la production de vaccins". En juin, elle a d’ailleurs reçu de l’État une aide de 200 millions d’euros pour la recherche d’un vaccin. Surtout, selon L’Usine Nouvelle, pour la 26ème année consécutive, les dividendes versés aux actionnaires sont en croissance. Le président de Sanofi France, Olivier Bogillot, justifiait ainsi en avril dernier le versement de dividendes, légèrement en dessous de 4 milliards d’euros : “C’est important, car c’est une partie de l’actionnariat français. Dans un contexte où l’économie s’arrête, il est important que des entreprises ayant la capacité de faire circuler leurs dividendes le fassent”. Sa position est donc claire : verser des dividendes est plus important que la vie de ses salariés.

Ce plan de licenciement s’inscrit dans le contexte de la crise sanitaire où les entreprises et le gouvernement font tomber leur masque, après avoir fait semblant de reconnaître la valeur de leurs employés en les érigeant au rang de "héros", en les confrontant aujourd’hui à un manque criant de moyens et à des licenciements de masse. La CGT Sanofi s’exprime ainsi : "En mars l’année dernière, la direction a vanté le travail des équipes, leur répétant ô combien elle était fière du travail accompli au nom de l’intérêt général, pour la santé des gens du monde entier. La réponse, au moment des négociations salariales, a été de leur dire : ‘zéro’. Alors, ça suffit".

La CGT appelle donc à la grève ce mardi pour alerter sur les conditions salariales et sur les dégradations en matière de recherche et développement. Elle revendique également “la mise à disposition des outils de production pour produire des vaccins pour les populations du monde entier”. Ce ne sont pas les patrons qui ne pensent qu’aux profits qui pourront permettre un plan de vaccination mondial à la hauteur de la pandémie, mais les travailleurs et les chercheurs qui connaissent leur métier.

Pour affronter cette crise sanitaire et économique, il est urgent de revendiquer des moyens pour la santé et zéro licenciement. Plus encore, alors que les entreprises pharmaceutiques jouent un rôle clé dans la résolution de la crise au travers notamment la production du vaccin, il est plus que jamais nécessaire de poser la question de la réquisition des entreprises pharmaceutiques par l’État sous contrôle des travailleurs. C’est la condition pour que la production du vaccin ne soit pas soumise aux diktats du profit qui guide les choix des capitalistes. Il s’agit de garantir une production du vaccin suffisamment importante pour que ce ne soit pas la pénurie qui prime, mais l’accès gratuit au vaccin pour tous, dans de bonnes conditions, et pour l’ensemble de la population mondiale. Pour cela, il faut en finir avec les brevets des grands monopoles pharmaceutiques, et exiger la mise sous le domaine publique des vaccins et médicaments. Nous ne devons pas être ceux qui payent la crise !

 
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