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La Izquierda Diario
27 de novembre de 2015 Twitter Faceboock

Répression politique
COP21. 24 militants assignés à résidence dans le cadre de l’état d’urgence

En vue de la préparation de la COP21 qui aura lieu du 30 novembre au 11 décembre en France, le gouvernement avait déjà pris les devants en annonçant un dispositif ultra-sécuritaire pour empêcher toute contestation, notamment en interdisant toutes les manifestations qui étaient prévues. Mais depuis quelques jours, la répression s’est largement intensifiée et de nombreuses personnes proches de la cause écologique se sont vues perquisitionnées ou assignées à résidence.

Renan Granger

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La liste des perquisitions et assignations à résidence connues dans le cadre de la COP21 qui démarre demain commence désormais à être très longue, ce qui en dit long sur le coup de vis répressif mis en place par le gouvernement. Après l’assignation à résidence d’un militant de la Coalition Climat, les cas de répression se sont accumulés ces derniers jours. Rennes, six militants se sont vus assignés à résidence. À Ivry-sur-Seine, un squat a été perquisitionné. En Dordogne, ce sont des maraîchers bio, membres de la CNT, qui ont reçu la visite des gendarmes. Et ce ne sont que les cas connus pour l’instant !

À chaque fois, les circonstances sont très similaires. Ce sont des personnes proches de la cause écologique, plus ou moins militants, qui sont visés. Pour certains, le simple fait d’avoir participé à des mobilisations dans les années précédentes suffit aux yeux des pouvoirs publics pour justifier la répression. Et à chaque fois, ce sont l’état d’urgence et la lutte contre le terrorisme qui sont évoqués pour légitimer les interventions policières. Pourtant, aucun de ces militants n’a rien à voir avec les attentats du 13 novembre. Et surtout, rien n’indique que ceux-ci pourraient être à l’origine de « débordements ». À ce titre, le récit de la perquisition des maraîchers de Dordogne par le journal Basta ! donne des sueurs froides. La dernière manifestation de la maraîchère incriminée remonte ainsi à plus de trois ans. Quand celle-ci leur demande « Si vous trouvez un papier disant que j’organise une manifestation, vous m’arrêtez ? », ceux-ci lui répondent que oui. Ils copient aussi sur un disque dur tout le contenu de leurs ordinateurs et de leurs téléphones portables. Après plus de trois heures d’intervention musclée, les gendarmes repartent finalement bredouilles…

Ces exemples démontrent bien l’utilisation de plus en plus assumée que fait le gouvernement de l’état d’urgence, utilisation qui n’a désormais plus grand-chose à voir avec les attentats du 13 novembre. On savait déjà que l’état d’exception décrété après les tueries de Daech servait à faciliter des enquêtes sur d’autres sujets hors de tout cadre légal, à renforcer la stigmatisation des musulmans, ou encore à réprimer les syndicalistes combatifs comme ceux d’Air France. Mais les derniers exemples de son utilisation montrent une nouvelle gradation. L’État d’urgence sert maintenant à contrôler et à ficher toute personne qui pourrait contester le gouvernement et le désastre écologique qui s’annonce. Et à ce titre, le simple fait de gérer une exploitation biologique peut vite devenir un signe suspect de « radicalisation » contre la politique de Hollande.

Et le gouvernement français a bien des raisons de s’inquiéter, car il est bien difficile de croire à la pilule que voudraient nous faire avaler les chefs d’état lors de la COP21, eux qui endossent une immense responsabilité dans le développement de la crise climatique actuelle. Et d’ores et déjà, de nombreux appels circulent pour braver l’interdiction de manifester du gouvernement ce 29 novembre, une manifestation qui risque de ne pas se passer de manière aussi tranquille que voudrait l’imposer le gouvernement.

 
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