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2 de février de 2021 Twitter Faceboock

Covid-19
Éducation nationale : « il y a des contaminations à l’école » reconnaît (enfin) le gouvernement
Boris Lefebvre

L’existence même de cas de Covid-19 dans les écoles relève presque du tabou tant Jean-Michel Blanquer martèle à longueur de temps qu’il n’y a aucun problèmes dans les lieux d’enseignement. Pourtant Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, vient d’affirmer l’inverse, bien obligé de constater la progression galopante de l’épidémie dans les écoles.

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crédit photo : DAMIEN MEYER / AFP

Sur Twitter, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, l’affirme « il y a des contaminations à l’école ». Cette simple phrase vient balayer des semaines et des semaines de déni de la part de Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale. Alors que ce dernier affirmait, suite au conseil de défense qui s’est tenu vendredi dernier, que « la situation permet la continuité scolaire, mais nous sommes vigilants », que l’éducation « n’est pas une variable d’ajustement » et que par conséquent aucune mesure supplémentaire ne serait prise, dans un contexte où nombre d’établissement sont laissés à la gestion locale de l’épidémie, sans moyen suffisants ni supplémentaires.

Dès lors, le déni qui préside à la gestion made in Blanquer semble ne plus pouvoir tenir, y compris dans la bouche du porte-parole de l’Élysée. Là où Blanquer affirmait il y a encore pas si longtemps qu’« il n’est pas du tout démontré qu’on se contamine davantage en milieu scolaire qu’en dehors », les derniers chiffres dressent un tableau tout différent et démentent totalement l’optimisme béat du ministre de l’Éducation nationale. Le nombre de classes et d’établissements fermés monte en flèche et dépasse les niveaux atteints lors de la période de novembre et décembre dernier au moment où le soit-disant « protocole renforcé » avait été mis en place.

96 établissements scolaires sont désormais fermés sur le territoire et 444 classes ont également dû être fermées en raison de la poussée de l’épidémie que connaissent les lieux d’enseignement depuis la rentrée des vacances de fin d’année. Entre le jeudi 21 janvier et le jeudi 28 janviers 2021, le nombre d’établissement fermés a tout simplement doublé. L’académie toulousaine est particulièrement frappée par le phénomène et comptabilise 15 écoles, 3 collèges et un lycée dont les portes ont dû fermer.

Les chiffres officiels ne font que confirmer une hausse grandissante du nombre de contaminations dans les écoles. De 600 cas par jours, nous sommes passés à plus de 2000 cas quotidiens dans les établissements. Renaud Piarroux, chef du service de parasitologie à la Pitié-Salpêtrière et spécialiste de la gestion des épidémies, confirme ce constat selon lequel « le virus circule davantage actuellement dans les collèges et les lycées, les taux de PCR y sont plus élevés » que dans la population. Les écoles seraient donc bien, quoi qu’en dise Blanquer, un lieu de contamination particulièrement dangereux. Mediapart soulignait déjà cette réalité la semaine dernière en mettant en lumière la situation dans les écoles primaires et maternelles où le taux de contamination est en forte hausse. Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU affirmait que « le ministre continue à nous dire que la situation est maîtrisée. Pourtant, on constate une hausse de près de 30 % des cas chez les élèves, de près de 40 % chez les adultes. Cela corrobore des remontées du terrain. Et on a l’impression que dans chaque école, il y a désormais plus de cas ».

La presse régionale titre de plus en plus sur les cas d’écoles qui ferment les unes après les autres en raison de la progression de la contamination. Le collectif École oubliée, qui regroupe des parents et des familles d’élèves scolarisés de la maternelle au lycée, dénonce la légèreté des mesures prises par le ministère de l’éducation nationale et la minimisation des chiffres, toujours inférieure à ceux de Santé publique France, par l’éducation nationale. En particulier, dans les écoles maternelles et primaires « les enfants ne sont jamais considérés comme contacts à risque » souligne le porte-parole de l’association. On se contente d’« un délai de sept jours » et « on ne demande pas aux autres élèves de se faire tester, simplement de s’isoler 7 jours », ce qui n’est pas suffisant pour endiguer réellement l’épidémie.

L’acharnement de Blanquer à vouloir garder les écoles ouvertes, quitte à en faire des garderies du Medef, est sans commune mesure avec sa volonté de répondre à la crise sanitaire sans allouer aucun moyen supplémentaire aux écoles. Entre l’ouverture coûte que coûte et sans mesures suffisantes et la perspective d’un autre confinement total avec fermeture des écoles, il faut imposer par en bas nos propres protocoles sanitaires et lutter pour plus de moyens à l’école et une véritable prise en charge de la crise sanitaire avec la gratuité des masques à l’école et la généralisation des tests. La grève du 4 février prochain doit porter haut et fort ces revendications dans la continuité de la journée de mobilisation du jeudi 26 janvier.

 
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