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La Izquierda Diario
4 de février de 2021 Twitter Faceboock

Greenwashing
Total. Des licenciements écologiques à Grandpuits et de nouveaux puits de pétrole au Suriname
Thaïs Cheynet

Alors que Total menace de supprimer 700 emplois à la raffinerie de Grandpuits pour reconvertir le site sous prétexte d’abandon du pétrole, le groupe poursuit ses recherches au large du Suriname. L’écologie n’est qu’un prétexte pour Total pour supprimer des emplois.

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Crédits photo : Espen Rønnevik / Øyvind Gravås – Equinor ASA

Depuis près de 4 semaines les raffineurs de la raffinerie de Grandpuits sont en grève et se battent pour empêcher la suppression de près de 700 emplois. Total justifie cette suppression d’emploi par une reconversion du site de Grandpuits soi-disant « écologique » car la raffinerie sera transformée en « plateforme zéro pétrole » afin de produire du biocarburant et du bioplastique.

Un rapport publié par Les Amis de la Terre, la Confédération Paysanne, la CGT, Attac et Greenpeace effrite le vernis verdâtre de Total et démontre à quel point le pseudo-argumentaire écologique ne tient pas debout. De plus les fausses justifications écologiques de Total ne servent qu’à occulter le fait que le groupe va simplement délocaliser sa production dans des pays aux normes environnementales plus souples et à la main d’œuvre moins chère. Comme l’expliquait Adrien Cornet, raffineur en lutte de la CGT Grandpuits : « Le fake c’est que les barils qui ne vont pas être produits à Grandpuits vont l’être dans d’autres pays où il n’y a pas de syndicats, pas de CHSCT. C’est d’ailleurs ce que dit Total sous PV en CSE : les normes sociales et environnementales sont trop hautes et ça réduit nos marges. Et d’ailleurs en parallèle de cette fermeture de la raffinerie de Grandpuits, on a un projet de pipeline monstrueux en Ouganda qui déplace des populations entières. »

Le projet de pipeline en Ouganda est loin d’être le seul exemple de l’hypocrisie de Total. Le groupe vient en effet de découvrir un nouveau gisement de pétrole au large du Suriname. « Nous sommes très heureux d’annoncer cette troisième découverte, réalisée juste après celles de Maka Central et Sapakara West cette année » a déclaré Kevin McLachlan, directeur général Exploration de Total. « Ces résultats très encourageants confirment notre stratégie d’exploration dans cette zone prolifique, qui vise des volumes importants de ressources à bas coût de développement. » Une découverte associée avec la compagnie américaine Apache Corporation, un autre géant de la pollution. En 2013, la compagnie a été responsable, par la fuite de produits toxiques, de la pollution de près de deux millions de litres d’eau dans l’Alberta au Canada, d’autres incidents liés à des fuites ont également été relevés à de multiples reprises.

La multinationale met en avant un soi-disant projet de reconversion « d’abandon des énergies fossiles » mais on voit bien que la réalité est tout autre et que le but de Total n’est absolument pas de laisser le pétrole dans le sol. La « plateforme zéro pétrole » qui viendra remplacer la raffinerie n’a rien d’écologique et ne sert qu’à justifier le licenciement de 700 personnes. De plus, au-delà du sujet de Grandpuits, Total montre pleinement son hypocrisie en essayant de se donner une image écolo et respectueuse de l’environnement. De nombreuses voix du monde scientifique estiment qu’il faudrait laisser dans le sol la moitié des énergies fossiles pour éviter le réchauffement climatique, mais pour Total le calcul n’est que financier : « Mais les gens ne doivent pas oublier que le pétrole est une drôle d’activité dans laquelle, si vous n’investissez pas, vous avez un déclin naturel de 4 à 5% par an » déclarait ainsi Patrick Pouyanné.

Il est clair qu’on ne peut pas compter sur des multinationales comme Total qui se prétendent écologistes mais qui court après chaque goutte de pétrole que contient la planète. La solution ne se trouve pas du côté des capitalistes dont la seule préoccupation est l’augmentation de leur fortune et de leurs profits. Une soif de profit qui justifie toutes les agressions impérialistes et la déstabilisation de régions entières. Ainsi la tentative de putsch pro-américain au Venezuela (qui a lamentablement échoué depuis) menée par le président auto-proclamé Juan Guaido, était scruté avec des étoiles dans les yeux par les dirigeants des grandes puissances capitalistes et par les grandes firmes. Ils n’ont jamais pardonné la nationalisation du pétrole vénézuélien. Guaido a rapidement été reconnu comme président légitime par les grandes puissances impérialistes et les États-Unis ont multiplié les sanctions qui n’ont comme effet que d’appauvrir la population pour mieux justifier de possibles interventions avec une politique très menaçante de l’adminisation Trump, qui se poursuivra sous Biden. Et Patrick Pouyanné de se féliciter de cette agression impérialiste en 2019, dans une région particulièrement en or noir comme on le voit encore au Suriname : « probablement une très bonne nouvelle pour le peuple vénézuélien ».

Une réelle solution écologique ne peut être trouvée et mise en œuvre que par ceux qui représentent les intérêts du plus grand nombre, qui vont être eux et leurs enfants menacés par les déséquilibres mondiaux et locaux engendrés par le réchauffement climatique. Les gros du CAC40 auront tout loisir de se réfugier où ils l’entendent. Comme l’expliquait Adrien Cornet « les travailleurs de Grandpuits dans leur ensemble ils sont inquiets de la fin du mois, ils veulent savoir comment ils vont manger demain. Mais une fois que cette question est résolue, alors on peut parler d’environnement. Et quand on parle d’environnement on dit que nous, travailleurs ouvriers, on a la priorité de l’environnement parce qu’on se baigne dans les rivières à côté de Grandpuits, on pousse nos enfants dans les balançoires et on a des jardins à côté de Grandpuits… Et si on avait le contrôle de l’outil de travail on pourrait arrêter la raffinerie quand on a des dépassements sur les rejets air et les rejets eau. Ce que ne fait pas la direction de Total parce qu’ils ne veulent pas arrêter la machine à profit. »

 
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