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La Izquierda Diario
11 de février de 2021 Twitter Faceboock

#LaPrécaritéTue
« Du pain et deux tranches d’emmental » : l’arnaque des repas à 1€ promis aux étudiants
Alex Simonin

La mesure phare du gouvernement annoncée contre la précarité étudiante, repas à un euro dans les établissements CROUS, en plus d’être minimale, est loin d’être efficiente.

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CREDIT PHOTO : AFP

Les repas à 1 euro pour les étudiants représentent la principale mesure prise par Frédérique Vidal devant la situation de précarité des étudiants. En effet, que ce soit les aides ponctuelles qui ne concernent que de très faibles proportions d’étudiants ou encore l’augmentation du nombre de psy passant de 1 pour 30 000 étudiant à 1 pour 15 000 encore insuffisant et les chèques psy, les mesures restent très dérisoires. Le gouvernement tente le coup de com en annonçant l’accès pour tous à ces repas à 1 euro - y compris les étudiants non boursiers et étrangers, particulièrement précaires mais exclus des aides élémentaires telles que les bourses, logements et autres aides du CROUS. Mais derrière l’effet d’annonce, la réalité est peu reluisante.

Il faut d’abord souligner que les établissements rouverts et mobilisés pour les mettre en place sont réduit, plusieurs restaurants universitaires restent fermés. Constat amer auquel il faut ajouter celui du manque de personnel : les sous effectifs perdurent d’autant plus après les suppression des contrats précaires qui faisaient tourner la machine du CROUS à bas coût avant la pandémie

Dès lors, l’attente pour obtenir son repas ne peut que s’allonger. Dans les couloirs ou dans le froid, la faiblesse du plan du gouvernement est mise en exergue par les heures interminables qui séparent l’étudiant et son plat. 1h, 2h, 3h, parfois pour manger... Quand on a le temps d’aller attendre son repas entre deux cours en visioconférence.

D’autre part, ce que Vidal voudrait faire passer pour le grand plan contre la faim des étudiants est une vaste fumisterie au regard de ce qu’on leur sert. En ce sens plusieurs étudiants poussent un coup de gueule, dénonçant le mépris et la démagogie de cette annonce.

Pour les étudiants qui sont contraints de manger des pâtes quand ils ne sautent pas des repas pour respecter les limites du portefeuille, le gouvernement propose un bout de pain et trois tranches d’emmental.

Ainsi, alors que les files s’allongent, que les étudiants sont retrouvés morts dans leur résidence CROUS, aucun plan réel n’est mis en place pour répondre à la précarité étudiante grandissante. Une précarité étudiante déjà existante bien avant la crise sanitaire, comme l’avait mis en lumière le geste tragique d’Anas, qui s’était immolé en 2019 devant le CROUS de Lyon en expliquant dans une lettre que « 500 euros pour vivre ça n’est pas assez », mais qui a pris des proportions encore plus dramatique à partir du premier confinement, en mars dernier.

Particulièrement dans les quartiers populaires mais impactant des franges de plus en plus larges de la jeunesse estudiantine, la situation continue donc de s’aggraver. Une détresse économique amplifiée pour les étudiants dont plus de la moitié est obligée de travailler pour étudier. Trop souvent elle s’est retrouvée sans revenu du jour au lendemain ou avec des pertes de salaires considérables. Durant le premier confinement, c’est un jeune sur cinq qui aurait perdu son emploi du jour au lendemain. La politique pro-patronale que le gouvernement mène face à la crise, avec les licenciements et suppressions d’emplois pour maintenir les profits, les premières conséquences économiques se sont répercutées sur la main d’œuvre précaire en premier lieu, s’inscrivant dans le large processus de précarisation des jeunes par le gouvernement et ses prédécesseurs après les baisses de bourses et APL par exemple.

Les files d’attentes pour survivre ne peuvent plus durer, ni continuer de reposer sur des initiatives bénévoles dont les bras et moyens sont épuisés. Encore une fois l’exécutif, après s’être montré incapable de répondre à l’urgence sanitaire et économique, n’a que que des mesures cosmétiques à proposer pour répondre à la précarité étudiante. C’est pourquoi nous exigeons un investissement massif dans les universités, comme dans tous les services publics, afin de répondre aux besoins des plus précaires et de toute la population. Celui-ci permettrait de mettre en place d’une part des services de alimentaires à la hauteur des besoins de plus en plus criants. A cette revendication s’ajoutent l’embauche massive de personnel et la titularisation de tous les travailleurs du CROUS pour assurer le fonctionnement d’un réel plan contre la précarité étudiante. Mais aussi, financé par un impôt fortement progressif sur les grandes fortunes, il faut un revenu à hauteur du SMIC pour tous les étudiants, afin d’assurer une vie digne à toutes et tous.

 
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