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La Izquierda Diario
23 de février de 2021 Twitter Faceboock

Chèques psy. Déjà plus de 5000 demandes pour une mesure qui reste dérisoire
Emilia Louise

Alors que la détresse des étudiants ne peut plus être ignorée et que plusieurs d’entre eux se sont donné la mort depuis le début de l’année, la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche annonce que plus de 5 000 étudiants ont déjà fait une demande pour bénéficier du chèque-psy. Face à l’ampleur de la détresse qui s’exprime, cette mesure du gouvernement reste plus qu’insuffisante.

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Annoncé par Macron fin janvier et officiellement mis en place depuis le début du mois de février, le "chèque psy" est présenté par le gouvernement comme une mesure d’urgence face à la détresse des étudiants. Sur le plateau de RTL, Frédérique Vidal a annoncé ce matin que 1200 demandes ont été enregistrées la première semaine de février, puis 2000 les deux semaines suivantes. Si ce chiffre témoigne de la profondeur de la crise que traverse la jeunesse, ce chèque psy qui n’en est pas vraiment un reste une insulte de plus à la jeunesse.

Un « chèque psy » dérisoire

Selon les dires de la ministre elle-même, il s’agit d’un « un chèque virtuel », c’est-à-dire de la prise en charge des étudiants dans un parcours de soin d’une détresse psychologique. Pour espérer pouvoir en bénéficier, il faut passer par un médecin généraliste ou par le service médical universitaire, dont le temps d’attente pour espérer avoir un rendez-vous peut être de plusieurs semaines. La "psyrévoltée" qui parle de son travail sur twitter explique ainsi qu’il est absurde de conditionner un parcours de soin psychologique à une visite médicale chez un généraliste, qui non seulement n’est pas le plus à même de juger du besoin d’un patient à consulter un psychologue ou un psychiatre, mais surtout parce que l’expression du besoin d’un suivi psychologique devrait suffire en elle-même pour pouvoir consulter un professionnel. De plus, cette première consultation n’est pas forcément entièrement remboursée, ce qui peut constituer un frein pour beaucoup d’étudiants.

Passé cette étape de la « validation » par un médecin généraliste, le chèque psy permet seulement le remboursement de trois consultations de 45 minutes. Or, selon la psychologue militante : « en trois séances je peux me faire une idée du problème et évaluer le risque suicidaire ou de décompensation immédiate, pas soigner, pas soulager ». Le chèque psy proposé, s’il était réellement accessible à tous les étudiants, ne permettrait au mieux qu’un dépistage de masse, mais nullement de soigner la détresse des étudiants ni celle du reste des jeunes n’ayant pas ce statut.

Face à l’incapacité et au mépris du gouvernement : imposons un plan d’urgence

Dans son intervention, la Ministre largement fustigée pour avoir lancé une offensive contre le prétendu "islamo-gauchisme" qui gangrénerait les université au lieu de se préoccuper de la situation des étudiants, cherche à redorer son blason en se félicitant de la "prise en charge" de la détresse étudiante au moyen du dispositif des chèque-psy. Elle incite les étudiants, prétendument timides face à l’offre proposée, à "exprimer leur détresse", comme si les hashtags #etudiantsfantomes et #vidaldémission en top tweet n’avaient jamais existé, comme si les dizaines de sit-in étudiants n’avaient pas eu lieu à travers le pays, comme si aucun étudiant ne s’était donné la mort face à l’impasse que nous impose le gouvernement.

Cette sortie hautement méprisante de la part de la ministre ne fait que confirmer la nécessité d’imposer des mesures d’urgence, alternatives aux plans de misère du gouvernement. Loin de toute illusion quant aux "solutions" qui nous sont proposées, à l’instar des "chèque-psy", nous ne pouvons compter que sur nos propres forces pour arracher un investissement massif dans l’enseignement supérieur, financé par un impôt fortement progressif sur les grandes fortunes, afin d’embaucher massivement des professionnels à même de prendre en charge gratuitement la détresse psychologique des étudiants depuis les universités. Pour que chacun puisse retrouver une vie sociale dans des conditions appropriées, la réouverture effective et durable des établissements d’études supérieures ne pourra de toute manière se faire qu’avec des moyens conséquents et un protocole sanitaire à la hauteur de la situation. Ce n’est pas à la jeunesse de payer cette crise alors que les grandes fortunes continuent de s’enrichir sur notre dos !

 
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