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La Izquierda Diario
5 de mars de 2021 Twitter Faceboock

Action coup de poing
Occupation à l’Odéon. Les travailleurs de la culture refusent de payer la crise
Camille Lupo

Depuis la mobilisation du 4 mars, plusieurs dizaines de manifestants et de militants CGT Spectacle occupent le théâtre de l’Odéon. Une action coup de poing qui fait résonner les revendications des travailleurs précaires qui dénoncent la gestion de crise répressive du gouvernement.

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Au terme de la manifestation du 4 mars, la date anniversaire des premières fermetures des lieux culturels, plusieurs dizaines de manifestants et de militants CGT Spectacle ont occupé le Théâtre de l’Odéon.

Avec cette action coup de poing dans un lieux symbolique déjà occupé en 1968, mais qui a aussi été le théâtre d’actions de la CGT Spectacle en 1996 et 2016, ce sont les revendications des intermittents du spectacles, mais aussi des autres travailleurs précaires qui ne relèvent pas du régime de l’intermittence qui sont sur le devant de la scène.

Cette occupation, c’est un double cri d’alerte qui résonne. C’est d’abord une réaction à la gestion criminelle du gouvernement, qui a fait le choix de sacrifier le monde de la culture en mettant fin à leurs activités par une stratégie répressive, sans les inclure dans le plan de relance uniquement dédié à préserver les profits du CAC40. C’est notamment pour dénoncer ce sacrifice que plusieurs concerts ont été organisés par des musiciens sur place dans l’Odéon occupé.

Mais c’est aussi le cri de nombreux travailleurs précaires qui sont utilisés comme variables d’ajustement en temps de crise et qui la subisse de plein fouet. Intermittents du spectacles, intermittents de l’emploi dans les domaines de la restauration, de l’hôtellerie… Une diversité de statuts avec un point commun : des contrats courts, précaires, avec peu ou pas de protection sociale. En bref, des travailleurs "jetables", qui sont en première ligne des attaques du patronat en temps de crise et méprisés par le gouvernement.

Encore aujourd’hui, Roselyne Bachelot illustrait parfaitement ce mépris du gouvernement pour tous ces travailleurs. Alors qu’un rassemblement se tenait devant l’Odéon en soutient des occupants, la ministre de la culture était elle en opération coup de com’ autour du chantier de Notre Dame de Paris. Mais au-delà du manque criant de considération, les chiffres parlent d’eux-mêmes : le ministère de la culture n’accorde 900€ pour les travailleurs précaires hors du régime d’intermittence qu’à la condition d’avoir travaillé 60% de l’année. Quand à l’année blanche, aumône accordée aux travailleurs qui dépendent du régime d’intermittence et qui a permis de renouveler leurs droits pendant 1 an, elle arrive à sa fin en août 2021, et ne sera pas reconduite.

Face à la stratégie de division du gouvernement, organisons un plan de bataille unitaire pour les travailleurs précaires

Depuis le début de la crise, la logique du gouvernement a été celle de diviser les secteurs et d’étaler dans le temps les conséquences de la crise pour éviter le plus possible la convergence des colères.

Dans un communiqué, suite à l’Assemblée Générale du 4 mars au soir, les occupants de l’Odéon ont répondu à cette stratégie de la division par celle de la construction de l’unité des travailleurs précaires. Ils revendiquent notamment :

• Un retrait pur et simple de la réforme de l’assurance-chômage

• Une prolongation de l’année blanche, ainsi que son élargissement à tous les travailleur.es précaires, extras et saisonniers entre autres, qui subissent les effets, à la fois de la crise et des politiques patronales.

• De toute urgence, des mesures qui permettent aux salarié.es à l’emploi discontinu d’accéder aux congés maternité et maladie indemnisés, ainsi qu’une baisse du seuil d’heures minimum d’accès à l’indemnisation chômage pour les primo-entrant.es ou intermittent.es en rupture de droits.

• Un financement du secteur culturel passant par un plan massif de soutien à l’emploi en concertation avec les organisations représentatives des salarié.es de la culture.

• Des moyens pour garantir les droits sociaux - retraite, formation, médecine du travail, congés payés, etc.- dont les caisses sont menacées par l’arrêt des cotisations.

À l’heure où le gouvernement compte sur le dialogue social pour faire payer la crise aux chômeurs et aux précaires, notamment avec la réforme de l’Assurance Chômage, il n’y a absolument rien à négocier ni avec Matignon, ni avec la Rue de Valois !

L’occupation de l’Odéon ne doit donc être que la première étape d’un plan de bataille qui puisse faire plier le gouvernement. Pour gagner sur ces revendications, il est nécessaire que l’ensemble des travailleurs de la culture se joignent aux secteurs en première ligne de la crise économique, comme la jeunesse et les centaines de milliers de travailleurs sous le feu de plan de licenciements. C’est seulement en organisant une réponse coordonnée de tous les secteurs en lutte qu’on pourra l’emporter face aux attaques du gouvernement et de patrons.

Les occupants de l’Odéon appellent également à un second rassemblement de soutien et une AG à 14h devant l’Odéon le 6 mars. Il faudra y être nombreux !

 
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